‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 43 sur 246 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

» plus cher. Je vous répète que je veux » éviter toutes ces cérémonies , qui » n'ajoutent rien à l'agrément d'un » voyage. — Vous me permettrez au » moins de vous appeler M. de Mon- » treville; car M. le comte votre père » pourrait se formaliser, s'il appre- » nail que vous gardez l'incognito.

» — A propos ! combien vous a-t-il » donné d'argent ? — Huit mille francs , » Monsieur. — Huit mille francs !... ce » n'est pas trop!. .. —Ah ! M. de Mon- » tre ville !... n'est-ce pas suffisant pour » deux hommes qui ont avec cela une » bonne chaise et des chevaux à eux ? » Nous n'allons pas au bout du monde ! .. » ensuite vous savez que M. le comte , » votre père, nous a dit que nous pour- » rions, en cas urgent , lui en demander » de nouveau. — Oui !.. Oh ! d'ailleurs , » nous ne ferons point de folies!... — » Et puis > en voyage, il serait impru- » dent de se charger d'une plus forte

» somme. Nous allons en Italie. Mais » ce pays-là est infesté de brigands, » entre Rome et Naples surtout , ou » prétend que la route est extrêmement » dangereuse...., Quand nous serons » par-là , il faudra bien prendre ioutes » nos précautions. »

Frédéric ne répondait plus. Il pensait alors à Dubourg, et s'étonnait de n'en avoir aucune nouvelle. Les voyageurs étaient déjà à neuf lieues de Paris , sur une route fort belle , où il était difficile de craindre aucun accident.

Tout-à-coup le fouet bruyant d'un postillon leur annonce qu'ils sont suivis par d'autres voyageurs. Frédéric regarde et aperçoit une petite berline qui arrive derrière eux au grand galop. Bientôt le bruit plus rapproché leur annonce qu'elle va les atteindre et ne tardera pas à les dépasser. Un nuage de poussière enveloppe les voyageurs , mais la route est trop large pour qu'ils aient

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