CHAPITRE IV
» coquin a préféré vous jeter par terre. » Cela me contrarie d'autant plus , que » je comptais monter dans votre voi- » ture , et qu'il faut au contraire que » je vous offre de monter dans la » mienne, ce qui n'est pas du tout la » même chose. N'importe! laisse -moi
» dire et faire je vois déjà qu'il me
» sera facile d'en imposer à ce pauvre » Ménard. Mais sois prêt à me secon- » der, et appuie ce que je dirai quand » cela sera nécessaire. Surtout n'oublie » pas que je suis le baron Potoski, pa- » latin de Rava et de Sandomir. Tu as » déjà manqué tout gâter en me nom* » mant Dubourg ; heureusement que » j'ai su réparer cela, mais ne fais plus » de pareilles gaucheries, ou je serais » forcé de voyager sans toi, et je » te réponds que je n'irais pas bien » loin. «
Ménard revient annoncer qu'il y a un essieu de cassé à la chaise de poste, et
g2 SOEUR ANNE.
qu'elle ne peut être en état avant le lendemain matin.
«Eh bien! Messieurs, dit Dubourg, » vous allez me faire le plaisir de rnon- » ter dans ma berline;, nous nous ar- » rêterons au premier bourg, dans le- » quel nous coucherons ; et pendant ce » temps, le charron de l'endroit rac- » commodera votre voiture. »
Cet arrangemant étant adopte, on laisse le postillon ramener sa chaise au pas, et nos trois voyageurs montent dans la berline du baron polonais :
c'était une vieille et mauvaise voiture, dont l'intérieur sale et rapiécé en divers endroits annonçait la vétusté, tandis que le coffre mal suspendu faisait à chaque instant sauter les voyageurs.
Frédéric ne peut s'empêcher de sourire en entrant dans la voiture du palatin; mais Dubourg s'empresse de prendre la parole, et ^adressant à M. Ménard, qui, modestement assis