CHAPITRE IV
» une princesse de Hongrie , et je vous » avoue, M. Ménard, que je tiens à ne » point changer ce velours d'Utrecht, » qui a eu l'honneur de supporter ces » illustres personnages.
» Je partage bien vos sentimens à » cet égard, M. le baron, » dit Ménard, qui , déjà ravi de voyager avec deux hommes d'un rang distingué, ne savait plus comment se tenir, depuis qu'on lui avait dit qu'il occupait la place où s'était assise une princesse de Hongrie , « cette voilure doit vous » être bien chère...., et je vous assure, » M. le baron , qu'on y est parfaite- » ment et que je la trouve très- » douce.... »
Dans ce moment un cahot faillit faire sauter M. Ménard sur les genoux de son élève j mais il reprit, en se retenant à la portière : a Ubi plura nitent » in- car mine y non ego paucis ojfendor » maculis. »
Et Dubourg y répond par : Vitam impendere vero; et Frédéric tousse un peu plus fort en regardant par la .portière, et M. Ménard dit en s'inclinant : « M. le baron, je n'en ai jamais douté.»
« Forcé de garder l'incognito , con- » tinue Dubourg, je n'ai emmené per- » sonne de ma suite , et je vous avoue » que je ne m'en trouve pas plus mal ; » je déteste ce train, cette étiquette, » tout cet étalage qui accompagne la » grandeur; en voyage, j'ai dépouillé » tout cela; je suis l'homme de la na- » ture, et je vis en simple observateur. » Mais, à propos, mon cher Frédéric, » je ne vous ai pas encore demandé
» où vous alliez , serait-ce une in-
» discrétion de s'en informer?
» Non vraiment, mon ami, je quitte » Paris parce que je n'y trouvais que » des femmes coquettes ou insensibles, » qui ne comprenaient pas ma ma- » nière d'aimer. — Eli! mon cher, c'est