‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 50 sur 246 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

» que votre manière n'est peut - être

» plus à la mode! Au reste, ceci

» est un dépit amoureux, je le vois, » vous êtes toujours un peu roma- «nesque...., un peu sentimental. Il » faut que nous guérissions Frédéric » de cette folie, n'est -il pas vrai, » M. Ménard? — M. le baron, ceci » n'est plus de ma compétence, et » d'ailleurs il faut bien lui passer » quelque chose, vous savez que Sé- » nèque a dit : Non est magnum inge- » nium sine m'ixturd deiîientiœ.

t> C'est très -vrai, répond Dubourg, » les plus grands hommes ont eu leur «faiblesse. Alexandre se grisait; An- » tiochus s'habillait en Bacchus pour » plaire à Cléopâlre; Enée consultait » la sybille de dîmes ; l'empereur » Maximilien est mort d'un excès de » melon. Or donc, il n'y a rien d'éton- » nant à ce que Frédéric ait un cœur » sensible. »

M. Ménard s'incline devant M. Je baron, qui vient de lui donner un petit échantillon de son érudition, et cela n'ajoute pas peu au respect qu'il lui inspire déjà.

a Je n'ai point de but déterminé, »

dit Frédéric, « je veux cependant voir » ces pays qui nous rappellent des » faits intéressans, ou donnèrent nais- » sance à des hommes célèbres. On » aime à fouler la terre où naquit » le génie qui survit à tant de gêné- » rations. Dans tout ce qui nous en- » toure alors, on croit retrouver le » grand homme qui, pnr ses écrits, ses m faits d'armes ou sa vertu , illustra » son berceau. Enfin, mon ami, c'est » par l'Italie que nous commençons » nos voyages...... — Eh! quoi!.... se

» pourrait -il mais comme vous je

» voulais courir le monde pour ajouter » quelques lumières à mes faibles conn naissances Quelle idée charmante. . ,

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» si nous faisions ce voyage ensem- » ble?... — Volontiers, mon cher «baron!... cela me sera, je vous

«jure, fort agréable! — Ah!

» d'honneur! je rends giâce au hasard » qui m'a fait vous rencontrer!... quel » plaisir de voyager avec mon intime »ami, le comte de Montreville, et le «savant M. j\Iénard, de mêler en- » semble nos réilexions sur les lieux vj que nous visiterons, de s'éclairer » des remarques de l'amitié et des » connaissances d'un professeur aussi » distingué. »

Ménardse confond en saluts et commence des remercîmens , mais Dubourg poursuit avec chaleur et sans lui laisser le temps de répondre.

« Quelle joie de voir avec vous celte «antique Rome!... et cette superbe «Gènes; de grimper avec M. Méuard » sur le commet du Vésuve, et de des- » cendre même dans le cratère , s'il

ÎOO SOEUR ANNE.

» n'y a point de danger! Quelle dou- » ceur de visiler avec un ami le tom- » beau de Virgile et la grotte du chien , »et de monter avec [un savant sur la » roche Tarpéienne ! Quelles jouis-

» sances nous attendent en Suisse

» ce pays de Guillaume Tell !... ce ber- » ceau de la liberté dans lequel les » mœurs ont conservé toute leur pu- » reté à travers les orages des révolutions Là nous recevrons partout

» la plus touchante hospitalité... nous » y mangerons du fromage, M. Mé-

» nard Ah ! quel fromage ! je ne

» vous garantis pas cependant qu'il

» vaille celui de la Bretagne car il

» n'y a rien au-dessus de celui qu'on » mange en Bretagne. .. pays charmant , » semé de bocages... de prairies et de » gras pâturages... Ah ! que les vaches » y sont belles, M. Ménard!...

Frédéric pousse Dnbourg , pour le faire sortir delà Bretagne où il revient

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