CHAPITRE V. l
» espérer que celte gibelotte sera faite » en conséquence. »
Dubourg sert de la gibelotte, mais l'aubergiste, troublé par l'aventure de sa femme dans le couloir , a laissé brûler son ragoût ; et Goton , toujours aux prises avec les quatre marchands , a mis ses ognons trop tard , et son lard sans le gratter. Dubourg se tue en vain de dire qu'elle a un fumet délicieux ; Ménard ne répond pas s parce qu'il n'ose point contredire monsieur le Baron ; mais à chaque bouchée sa figure se rembrunit.
o Quel diable de ragoût est cela ? »
dit Frédéric en repoussant le plat de gibelotte que Dubourg ne cesse de lui présenter. « Uu lapin qui n'a vécu que » de choux...; des ognons crus , du » lard rance... ; et par dessus tout , un » goût de brûlé détestable...
» 11 est certain, dit Mcnnrd , que
» cela ne répond pas à ce que nous » avait dit M. le Baron.
» Que voulez-vous , Messieurs , dit » Dubourg , un cuisinier se trompe
«quelquefois! Errare humanum
» est , n'est-il pas vrai, M. Ménard?— » M. le Baron, un cuisinier ne devrait » jamais errare. — C'est votre faute » aussi !... Vous lui avez troublé l'es- » prit j pourquoi diable allez- vous vous » fourrer sous les jupons de sa femme? » — Je ne voulais que passer, M. le » baron. — Un mari seul doit passer » par ce chemin-là, monsieur Ménard.
» — M. le baron , mes intentions » étaient pures ! — Je n'eu ai jamais » douté ; mais votre position était ler- » riblement équivoque. — M. le baron, » dans le temple d'Apollon , les pv- » thonisses , placées sur le trépied di- » vin , recevaient l'exhalaison prophé- » tique par-dessous leur jupon. — Mon- » sieur Méuard , si ma femme était