CHAPITRE V. I
» de l'un de ces rochers, au sommet » duquel il n'y a que ies chamois qui » puissent grimper. — — Et comment ar- * rive-l-on à votre château, M. le ba- » ron? — J'ai fait construire un esca- » lier tournant dans l'intérieur de ia » montagne, cela m'a coûté cent mille » francs ; mais c'est une chose superbe » et que l'on vient admirer de cent » lieues à la ronde. J'espère bien, » M. Ménard , que j'aurai le plaisir de » vous faire voir tout cela et de vous » posséder quelque temps à mon chà- » teau de Krapack... Je vous y ferai » boire d'un certain vin de Tokai , qui » me vient de la cave de Tékély, et » dont vous me direz des nouvelles. — »Ah! M. le baron, vous me com- » blez. .. Mais il doit faire bien froid » dans votre château? — Il y faisait en » effet très-froid du temps de mes »aieuxj mais, grâce aux nouvelles » lumières du siècle, j'ai trouvé le I. i'J
l38 SOEUU ANNE.
» moyen d'en adoucir la température, » moyen bien simple, et qui remplit » parfaitement mon objet. — • Quel est- » il donc, M. le baron? — J'ai fait éta- » blir un gazomètre au-dessous de mon » château ; le gaz , comme vous savez , » donne beaucoup de chaleur à la «terre, et c'est au point, qu'au- des- » sus des endroits où passent les con- » duits, il me vient des petits-pois au «mois de janvier... Eh! mais buvez » donc, mon cher comte, vous allez » étouffer. »
Frédéric avait, en effet, beaucoup de peine à entendre tranquillement les discours que Dubourg débitait avec un sérieux imperturbable; tandis que M. Ménard les écoutait avec la plus grande confiance, ne mettant point en doute une seule parole de M. le baron.
Dans ce moment la conversation fut interrompue par une secousse violente qu'éprouva la maison, laquelle secousse