CHAPITRE V. l
» voiture. Il est certain , » dit Frédéric en regardant malignement Dubourg et Goton , « il est certain que vous » avez maintenant besoin de cbanger » de vêtemens... car il paraît que vous » êtes tombé dans l'étable?
» A coup .sûr je n'y suis pas entré » de bonne volonté, » répond Dubourg, en regardant Frédéric d'un air qui signifie : Tu avais bien besoin de parler de ça. « Demandez à Goton comme le » drôle m'a poussé? — Oh! ça oui,» dit la servante, «il vous a fait tomber plus de «quatre fois!.... — Au reste, mon » ami , ma garde- robe est à votre séria vice, dit Frédéric. — Ainsi que la d mienne, M. le baron, » ajoute Ménard en saluant Dubourg et en remontant dans sa chambre pour achever de s'habiller, pendaut que le baron lui promet d'aller porter sa plainte chez le maire.
Le postillon aux gages de Frédéric
î64 SŒUR ANNE.
vient enfin avertir les voyageurs que la chaise est en état.
Ménard descend de sa chambre en bénissant le ciel de ce qu'ils vont enfin quitter cette auberge , qui leur a été si fatale. Goton descend après lui et s'approchant de l'oreille de Dubourg :
a Vous avez un vieux compagnon qu'est » ben mal élevé , lui dit la servante , :» à son âge !. .. faire des choses comme » ça.... si mon petit frère en faisait » autant on lui donnerait le fouet !... »
Deux mots mettent Dubourg an fait, il ne peut s'empêcher de rire d'un événement dont il a été cause ; tandis que Ménard regarde avec colère la servante , qui lui fait la grimace, hausse les épaules , et le poursuit eu disant à demi-voix : a Fi !. .. que c'est vilain !. . , » un petit bonhomme de ciuquante » ans ! ..qui n'est pas encore propre ! »
Mais la chaise attend les voyageurs .
et chacun y monte avec plaisir : Du-