CHAPITRE VII. l8l
ministration , ses appoiiilemens étaient tellement grevés qu'il n'en louchait que le tiers , et ce tiers ne durait jamais que trois jours, pendant lesquels, à la vérité , M. Dubourg menait le train d'un chef de division.
Dans la maison de banque , forcé de travailler davantage, il s'en dédommageait en se faisant apporter au bureau des déjeuners délicats ; et les cartes du limonadier et du traiteur emportaient une grande partie de la somme que le caissier lui comptait au bout du mois.
Chez le notaire , il avait contracté avec les jeunes gens de l'étude la fuueste habitude de l'écarté. Alors, c'était bien pis ! le mois disparaissait dans une soirée : heureux encore lorsqu'il n'avait pas hypothéqué le suivant.
Chez son avoué , constamment en promenade avec la dame que son patron lui confiait, il avait perdu l'habitude du travail -, sans cesse en parties d^ pfù-
sirs, il voulait suivre les modes, éclipser les jeunes élégans de la capitale.
Alors son tailleur , son bottier et son loueur de chevaux, s'étaient partagé ses revenus.
Quand la bonne tante lui envoyait de l'argent, ce n'étaitN jamais une forte somme. L'envoi le plus considérable avait été celui des cinq cents francs , qu'il avait dû au conte de son mariage et de ses enfans , et nous avons vu l'emploi qu'il en fît.
Posséder huit mille francs !... car la somme était à peu près complète, c'est pour Dubourg une fortune dont on ne verra pas la fin. Cette somme , il est vrai , ne lui appartient pas précisément ; mais cependant il en dirigera l'emploi : il peut agir, disposer, faire la dépense qu'il lui plaira , il est certain de n'avoir aucun compte à rendre!... Il ne voudrait pas s'approprier un denier de cet argent, mais il veut en faire honneur