CHAPITRE VII. l
a ceux à qui il appartient, el n'est pas fâché d'en jouir avec eux.
Dubourg commande un souper recherché qu'on sert aux voyageurs dans leur appartement, qui est le plus beau de l'auberge.
A la vue des mets dont la table est chargée, Frédéric s'écrie : o Mais es- « tu fou ., Dubourg! » (car il continue à lui donner ce nom devant Ménard , qui n'en est plus surpris) « voilà un » repas pour dix personnes!... — Mon » cher Frédéric, je me sens en appétit » et disposé à y faire honneur; je gage » que M. Ménard me secondera ? — 3) Avec infiniment de plaisir , M. le » baron j cette aventure du bois m'a » creusé l'estomac. — Mais tu as mis, » je parie, tous les autres voyageurs à » la diète... — Ma foi, ils mangeront î> ce qu'ils pourront: je crois qu'il est » naturel que nous nous dédommagions » du mauvais repas que nous avons fait
» hier dans celle pauvre auberge.... — » Je suis bien de l'avis de M. le baron; » nous avons vraiment besoin de nous
» restaurer. — Mais — Eh ! que
» diable! veux -tu que nous vo}ra-
» gions comme des loups! que nous » mangions à table d'hôte, comme de
» misérables piétons Il faut tenir
«son rang, mon ami , et je sens que » mon estomac n'est point disposé à » déroger... — M. le baron parle sage » ment; il faut tenir son rang, » dit Ménard en acceptant une aile de chapon au gros sel , que lui présente Dubourg; « vous savez, M. Frédéric, » que c'est le désir de M. le comte, » votre père.
» Oui , mon ami , » reprend Dubourg en se versant du vin le plus vieux que renfermait la cave de l'auberge :
« je pense, moi, que tu dois obéir au » comte, ton père; et, ma foi, lout » bien considéré, je ne vois pas pour-