‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 91 sur 246 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

» C'est juste : encore une rasade pour » Lucullus. »

A force de boire à la mémoire des anciens , les deux convives commençaient à perdre celle du présent, et Dubourg s'écrie en se levant de table : « Ma foi, je défie tous les palatins de » Rava , de Cracovie et de Krapach de x> faire un meilleur souper!...

» Prends donc garde à ce que tu fais, » maudit bavard, dit tout bas Frédéric. » — Sois donc tranquille, » reprend Dubourg en criant un peu plus fort, a je

» te dis que je réponds de tout et

» que le pa pa Ménard est un bon homme » que j 'es lime, que j'aime, et auquel » je fermerai les yeux avec des faisans » ou des truffes. »

Heureusement qu'alors Ménard n'enlendait plus que fort confusément ce qui se disait autour de lui. Se sentant étourdi par les fréquentes libations qu'il a faites avec son noble convive , il s'est

levé de table pour gagner sa chambre.

Il marche en côtoyant les murailles, et arrive à son lit, qu'il a recommandé de faire très-bas. Il se couche fort satisfait du repas qu'il vient de faire , et de la manière avec laquelle le baron fait les honneurs d'une table 5 il pense qu'il a eu une excellente idée en lui confiant le soin de la dépense, car il n'aurait point osé commander un repas aussi délicat, et il prévoit que le baron, qui paraît gourmand et gourmet, leur fera faire constamment une chère de grand seigneur, puisqu'il renonce à garder l'incognito. Bref, Ménard est enchanté de leur compagnon dé route, et il s'endort en réfléchissant aux honneurs et aux plaisirs que ce voyage va lui procurer. Le lendemain de ce souper, Frédéric veut un peu parler raison à Dubourg :

« Veux -tu reprendre la caisse? lui dit » celui-ci, prends, agis, ordonne, tu » es le maître ! mais toujours livré à

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