CHAPITRE VU
ne s'éianl arrêtés en route que pour admirer quelques sites, et pour donner à leurs chevaux le temps de souffler, Mais dans cette dernière ville ils doivent passer quelques jours. Le jeune Montreville est bien aise de la visiter, d'en connaître les environs, d'aller admirer les bords du Rhône; et ses deux compagnons consentent avec plaisir à s'arrêter quelque temps dans une ville où ils pourront faire aussi bonne chère qu'à Paris.
Nos voyageurs sont descendus dans l'un des meilleurs hôtels de la ville. Le bruit que l'ait D«bourg, la tournure distinguée de Frédéric, et le soin que M. Ménard a de dire partout : « Vous » avez l'honneur de loger M. le baron » Potoski, palatin de Rava , et le jeune » comte de Monlreville, » attirent tous les égards, toutes les alternions aux deux jeunes voyageurs, qui paraissent disposés à faire beaucoup de dépense ;
ce qui, dans un hôtel, est la meilleure recommandation .
Les trois voyageurs occupent un superbe appartement au premier. lis se font servir chez eux; il leur faut Ja chère la plus délicate. C'est Dubourg qui commande tout; Frédéric ne se mêle d'aucun détail; il se contente de répéter à son ami : «Prends garde à ce » que tu fais. » Mais celui-ci lui répond: o Sois donc tranquille! > avec une telle assurance, que le jeune comte finit par laisser faire Dubourg sans lui adresser de représentations.
Quant à Ménard, il est plus que jamais enthousiasmé du baron, qui lui fait mener une vie si agréable. Frédéric sort seul pour aller se promener sur les bords du Rhône; séduit par les silos enchanteurs qu'il aperçoit, il ne revient quelquefois à l'hôtel que le soir ou le lendemain. Dubourg, qui,, ainsi queces menteurs qui finissent par croire