‹ Soirées à CorbeilChapitre 27 sur 59 · SCENE XVIL · texte numérisé non relu

SCENE XVIL

Les mêmes, LÉON CHERRIER, ERNESTÏNE.

eenestihe, héêitant à entrer.

Vous me tendiez un piège et vous avez éteint les lumières,

LtOM CBinntEE.

Non, vraiment L... Mais il y a peut-être <jnelqu\iii ici,

EEWeSTIlfE.

Non!.,» Mon père et ma mère se disputent, et je viens d'entendre la douce voix de ma-

LIS BBUX MAin.

ni

dame Hervey qui cherche à rétablir l'harmonie. Leur bateau gagne l'arche du pont.

LtON CHBlEIEl.

Voyons toujours !

(Tons deax étendent les bras dans Fombre , s'éloignent , font le toor da salon et se rencontrent. )

LÉON CHERRIKB, OVCC fOTCe,

Qui va là?

BRNBSTIIIE.

J'ai cru que c'était un autre que vous ! ah ! mon Dieu !

Lion CHERRIBl.

Vous êtes tremblante, Ernestine ! • . . Reposez-vous un instant sur ce canapé.

BEITISTIHB.

Dans cette obscurité?.... Non. Je ne resterai pas seule avec vous; vous me faites peur.

Lion CHBRRIER ; «7 la retient en riant.

Ma figure n'est pour rien dans ce compliment, puisque vous ne me voyez pas.

BRNBSTINB.

Ce n'est rien que la vue !... C'est tout que la, mémoire.

LIS DBUX ■▲■18.

LtOH CHSIRIBR.

Suis-je dans la mémoire du coeur, ou dans celle de la tète?

BRNESTIIIB.

Je pourrais vous embarrasser par ma réponse, car vous ne vous souciez certainement d'avoir affaire ni à Tune ni à Fautre de ces deux mémoires. Tout ceci n'est qu'un jeu.

l£on cherrier.

Décidément, Ernestine, il y a de la bouderie dans votre fait ; si je vous ai bien comprise, depuis quelques jours vous vous réservez un reproche à me taire.

ERNRSTINB.

Rien qu'un reproche?

LÉON CHRRRIRR.

Faites-en deux ; mais expliquons-nous.

ERRESTIIIE.

Laissez mes mains , monsieur ; je n'ai pas le droit de vous adresser des reproches. LÉON ciERRiBR, affedueusqfnent.

Vous savez bien que si.

( Il lai baise les mains.) 1 10.

118 LB8 BSUX ■▲■M.

■RnssTiNB, froidement.

Vous vous croyez peu^étre avec ma mère?

UoN cnRBiBR, riant.

Est-ce là Yotre premier reproche?.. • Et pourquoi me croirais -je donc avec votre mère?

XRNB8T11IB. *

Jouez la candeur! — Tenez, monsieur Léon, vous êtes le même avec toutes les femmes ; et vous êtes avec moi comme avec toutes.

^ LtON CHBBRIBR.

Mais... je ne suis pas impoli!

BRNESTlIfB.

N'êtes- vous que poli? — ( Cherchant à reprendre ses mains.) Si vous me tourmentez, j'appelle !

LÉON CHERRiBR, résolument.

Vous ne le feriez pas!

BRNB8TINE, vivsment*

Et pourquoi donc?... Espërez-vous prendre avantage de ma confiance ?

Uoir cHBRRiBR, d'une voix earessanie.

Je n'ai pas voulu dire cela; j'ai seulement

Digiti

LES l>£UX UABIâ.

no

voulu dire que vous m'affligeriez, Ëroesliue*

Tout à l'heure vous étiez à cette place, et je vous regardais!*.- Vous dévoriez madame Hervey des regards,

LtâW CnERBIER.

Quelle folie l

Aussi, M, Paul vous dévisageait.

LtON CnRRRIEUi

A quel litre?

E&?fESTIttE.

Zh quoi?... Vous ne Tavez pas deviné par le ton qu'U a pris avec vous?

LÈOn CHEBEIEB.

Personne ici ne prend de ton avec moi, mon enfanl ! et vous avei mal vu de toutes les mauiéres* A quoi supposez-vous que ce monsieur Paul soit Tamant de madame Hervey?

(MouT«m«ic de Pani qai saisit le hris d'Herrey; celui-ci le fait taire, )

ERNiaTtHB, ac^c réserve, Notez que je ne me suis pas permis cette e^tpressiou !

LIS BIVX MAin.

Ltoif ciiBRiER, goiêmeni.

L'expression était dans la Yoix. Vous voulez esquiver la réponse.

KRIflSTlNB.

Niez donc maintenant que cela vous occupe!

LtON CHEBRIKB.

Auprès de vous, Emestine, j'en défie.

Mais... une curiosité, cela se pardonne. BRifisTiifi, sèchement.

Une curiosité est impolie. — J'ai bien du malheur avec vous.

LÉoif CHiRRiiR, en fiant.

Vous êtes un lutin ; mais vous êtes charmante !

BRIfESTIIIE.

C'est à mon tour de vous le dire : — Ma figure n'est pour rien dans ce compliment, puisque vous ne me voyez pas!... Ma mère est mieux!... Je suis sûre que la mémoire du cœur est chez vpus de mon avis.

LiON CflERRIER.

Auquel des deux, Emestine, de votre goût

Digiti

LB8 DKDX MARIS. tli

OU du mien, s'adresse, dans cette occasion, le blasphème?

1BNB8TINB, SOUptrUnt*

Avec les hommes, que faut-il supposer?

LioN CBBBRIBR, Singeant cette voix et ce soupir.

Que faut-il supposer avec les femmes?,.. Ernestine, prêtez quelque attention à ceci 1 Ma fierté serait de vous savoir un peu jalouse. Croyez qu'il n'est rien au monde que je ne sois capable de hasarder pour cela.

BRNESTINB, ColèrC.

Oh, la ruse!... Et moi je gage que vous tenez ce mot en réserve pour toutes les femmes, afin de les tromper l'une après Tautre sur vos préférences.

Lion CHERRIBB.

Mais que croyez-vous que je veuille vous cacher à propos de votre mère?

BBIIESTINE.

Me làcherez-vous les mains?.... Je vous le dirai.

LÉON CHBBBIBB, d'un tonde doute» y Sûr?

m ZU BIUX MABI8.

BBNlSTIlfl.

Parole d'honneur !

LtOir CIEBUKR»

Eh bien?

BRNKSTINB^

Vous me cachez tout i

( ElFe se mota. )

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