‹ Soirées à CorbeilChapitre 4 sur 59 · H AD AME LÉNA&D · texte numérisé non relu

H AD AME LÉNA&D

Alors, Charlotte, que leur coùtait-il de me prendre en passant? Cela ne les détournait même pas; et, d'ailleurs, je ne suis pas de trop, ce me semble, avec ma fille ? ¥< us auriez dû rester avec elle.

CHARLOTTE

Que voulez-vous , madame ! J'aurais donné ma tête à couper qu'ils allaient vous rejoindre.

MADAME lÉNARD.

On ne s'amuse pas à galoper huit heures de suite! — Qu'ont-ils fait? Pourquoi ce long retard? — Puisque madame de la Grange et moi nous sommes revenues ensemble à Corbeil, Ernestine et Léon n'auront trouvé personne. Force leiir était de revenir.

CHARLOTTE

Vous savez comme est M. Cherrier, ma- 1 1.

Digiti

dame ! Ses quarante ans n'y font rien. Il sera toujours un jeune homme ! Il ne sait pas résister à la première idée qui lui passe par la tête. Mademoiselle votre fille aura voulu prendre une leçon de chasse. Ne soyez pas inquiète.

MADAME L£NABD.

Je suis outrée. Je pleurerais de colère. €*est indigne.... de la part de ma fille. S*ils tardent encore, qu'est-ce que je pourrai dire à Maurice?

CHARLOTTE, avcc exclamatiofi.

' Votre mari revient !

MADAME L£NARD

Sans cela, et inquiète comme je le suis, me serais-je ainsi claquemurée?

CHARLOTTE

Eh bien, madame, je m'en vais prendre la carriole du pépiniériste, et j'irai sur le chemin de Saint-Try; je reviendrai avec eux, et M. Lénard n'aura rien à vous dire.

<H\lJAflE LÉNARD.

Vous avez raison, Charlotte; dépècher- Ne témoignez rien à Léon de mamau-

LS8 DlUX HARI8. U

vaîse humeur. Surtout, n'allez pas jusqu'à la maison de madame de la Grange : ces allers et ces retours paraîtraient singuliers aux domestiques. Ces gens-là ne sont que trop portés à donner des interpirétations ridicules aux choses les plus indifférentes.

CHARLOTTE

Fiez-vous à moi, madame!... Et remettezvous, car vos yeux sont rouges. On s'apercevrait que vous avez pleuré.

( Charlotte sort en souriant. )

Page 1