‹ Soirées à CorbeilChapitre 40 sur 59 · SCÈNE XXX · texte numérisé non relu

SCÈNE XXX

Lb8 HÈHB8, moins HERYEY.

ERNESTiRB, vivcment.

Maman, ne penses-tu pas ainsi que moi...

HAOAHB LÉIIABD, pluS VÙe.

Tais-toi, ma fille.

LiNABD, avec malice, à Léon Cherrier.

Parbleu, Léon! je gage que je mets le doigt sur la chose. Notre ancien caprice pour Henriette se sera réveillé. La clainroyance des amans joue son r61e. Paul réalise en l'honneur d'Adolphe Thistoire de la belle madame Guillemot, l'Hélène de Villeneuve- Saint- Georges! — Dans le fond, Adolphe a la tète chaude!...

HADAHB LtNARD, vivcment»

Je ne veux pas que vous ayez un duel, Léon.

Digiti

LÉON cherrisb; il prend de Veepace et commande le eilence par. un geste prompt.

Vous êtes à cent lieues d'imaginer ce que ce peut être, mes bons amis, et l'événement passe toute croyance; mais mon indignation m'étoufferait si je ne lui donnais un libre cours, et, quelle que soit la bassesse des motifs que cet homme assigne à ma présence au milieu de vous, je ne craindrai pas de vous en faire juges. (Ratnenant les deux femmes avec vivacité,) On ne dira pas du moins que j'aie concerté ma défense ou pris le moindre détour pour mettre sur leurs gardes les personnes que cette lettre infâme tente de compromettre en même temps que moi! — Écoutez! (Tous se rapprochent,) u Monsieur, » les préventions que j'entretenais contre » vous, sans me soucier d'en étudier les rai- » sons mystérieuses, ont, depuis une heure, » pris un caractère décisif. Désormais, je » vous sais aussi bien que vous vous savez » vous-même; et comme il y a des mœurs n dont on parait le complice, alors même que » Ton en subit involontairement le contact, >• je n'ai qu'à vous remercier d'avoir si bien » déchiré le voile. Puisse l'éclat de ma rup-

iDigitizec

LBS DEUX XAKI8.

» iure avoir une signification énergique pour M trois personnes que je ne reverrai certai- }» nement jamais, si vous continuez à les yoir. » Cet éclat doit vous dicter à vous-même, » monsieur, le parti qui vous reste à pren- 1» dre si vous voulez leur épargner le comble n du déshonneur et du mépris.

» AdOIPHB HbRVIT. n

TOUS, à la foie»

Quelle infamie!...

( Madame Lénard Teat prendre la lettre; Léon la froîase et la retient. Ernestine saisit le poignet de Léon, et, d'un regard, se fait donner cette lettre. )

LÉON cHSRRiia, avec agitation.

Je comprends que l'amitié soit jalouse; que son esprit exclusif la mette au-dessus des égards les plus ordinaires; qu'elle s'offusque de tout et se crée des aversions injustes!.... Mais passer les bornes à ce point et ne pas reculer devant la calomnie ! . . .

LÉNARD, se récriant,

Penseriez-vous un seul instant, Léon?...

( Ernestine commoniqae la lettre à sa mère. )

Digitizèd by

LES DEUX MAEJS.

LÉoif CHBERIER9 avec tous les dehors d'une émotion concentrée.

Je pense, Maurice, que les anciens amis ont des droits; qu'il faut qu*à mon insu, par une ctourderie, peut-être même par le récit, un peu trop leste à la vérité, de ce petit siège de Troie soutenu par votre ami dans la forêt de Sénart, j*aie fourni quelque prétexte à ses susceptibilités. Je pense, Maurice, que, pour vous, mais pour vous seul, je me dois... — (Il fait un mouvement convulsif, ) Je ne puis achever ! c'est horrible !

lÉNARD, le saisissant avec force.

Vous ne le prendrez pas ainsi, Léon ! Me punirez-vous de la sottise des autres? non!... Tout cela doit tomber dans le mépris. — Ma femme ! Ernestine ! joignez-vous à moi. -«- Mais voyez-vous donc, mon ami, que je sois le moins du monde ému, si ce n'est d'une indignation qui vous venge?... Le soin de mon honneur me regarde, ce me semble !... Et ni • lui, ni vous, Léon, ne devez vous en fier de mon honneur qu'à moi-même. Suis-je homme à faillir à mes devoirs d'époux et de père, pour que l'on y supplée par des moyens de

ce genre ?• . . . Nous ne vous sacrifierons à personne.

LÉoii CHBEBIEB, d'unê voùp douioureuêB.

La médisance, mes amis

LÉif AKD, précipitamment.

C'est le soulag^ement du vice. Adolphe n'a cédé qu'à Fimpulsion de Paul.

LÉON CHEBRIEB , prenant la main d'Ernestine et de sa mère.

Pauvres femmes , que Ton n'a pas craint d*insulter!...

TOUS , explosion générale.

Il nous reste !

LÉON CHERBiEB , revenant à son caractère.

Mais que diable fait donc Charlotte?... Je fumerais pourtant bien un cigare.... — Et vous aussi, Maurice?

LÉNABD , rondement.

Oui, pardieu ! — Pour être débarrassé de nos clairvoyans visiteurs , nous n'en passerons pas moins gaiement la soirée. — {Éclatant de rire,) Le rare époux!... Si quelque misère l'effarouche et l'occupe oiî il n'a que voir, il aurait terriblement à faire dans son

LES DSOX HABIS.

ménage. {D'un ton fin et mystérieux,) Venez tous dans le jardin, je suis en fonds de révélations ravissantes ! (// sonne violemment.) Décidément, Charlotte se sera fait enlever! — Allons nous asseoir autour de la table de pierre! — Je me charge de la lampe. — {Élan des deux femmes vers les mains de Léon; elles se trouvent face à face. Léon leur fait un signe de prudence, Lénard se retourne pour dire : ) Attendez-vous à des choses étranges, mes chers amis... Le proverbe a bien raison :

On voit une paille dans l'œil de son voisin et l'on ne voit pas une poutre dans le sien.

PIN DU PBOVBRBE.

1 SOIBBKS A CORREIL.

Digiti

JULSO DaBB.ii7.

Pourquoi charger de fers et âe dentelles Ces anges faits pour nous guider aux cienx?

Oh! mes amis, Fair libre leur sied mieux

Dès le berceau, laissons pousser leurs ailes!

-r- Quelle folie ! voulez-Tous faire de nous des hommes? — Oui, mesdames ; pour que tous fassiez de nous dlionnétes gens.

le

Digiti

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