SCÈNE IV
Madame LÉNARD, MAURICE LÉNARD.
(Maurice Lénard entre sar la pointe da pied, comme un furet, et vient par-dessus les épaules de sa femme enlever le livre. )
MADAME LÉNA&D
Ah!....
( Elle se lève avec précipîtAtiou.) LtlIARD.
Dans la dévotion, Stéphanie!... le t'en faii»
mon compliment; mais tu n'es pas encore d'âge, ma toute belle. De gaieté de cœur, pourquoi se vieillir? {Il jette h livre.) — Voyons, rassure-toi!
MADAIB LÉNAR».
Tù peux te vanter, Maurice, de m'avoir fait une fière peur.
( Il Vembrasse. } LÊNARD.
Ah çà, tu es donc seule? La grille
était ouverte, et je n'ai rencontré personne
dans la maison! — Voilà une femme!
Pas de sentinelle pour donner le signal d'alarme dans le cas d'arrivée de son mari!
MADAME LÉIIARD.
Comment donc n'ai-je pas entendu le bruit de ton cabriolet?
LÉNARD
Par une bonne raison; je t'arrive par la vapeur, sur le Théodore! — Devine un peu les gens que je t'amène?
Ce soir?
LÉNARD
Pour te guider sur la voie, je te dirai que
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LES DBUX HA&I8. 15
c'est inconcevable. Cherche tout de suite où certainement tu ne chercherais pas du tout, et je perds cent louis si je gage avec toi que tu ne mettras pas la main dessus.
MADAME LÉNARD
Les Hervey, peut-être !
LÉNA&D
Juste ! L'homme et la femme. Nous les tenons, Stéphanie , chez nous !... je veux dire ici, pour huit grands jours. Conçois-tu? — Après deux ans de fausses promesses et six mois du plus complet oubli ! ! ! — Aussi je te les apporte en triomphateur, pieds et poings liés.
MADAME LÉIIARD.
Tu les apportes !... C'est bien ; mais tu ne me les montres pas.
LilfA&D.
Un peu de patience ! — A la descente du Théodore^ sur la place, nous avons rencontre madame ^de la Grange et sa belle-sœur. La belle-sœur ayant à parler d'affaires avec Adolphe, de rentes en retard, d'arrérages de fermiers, j'ai cru devoir m'esquiver durant l'échange des politesses. — Ne fallait-il pas,
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LSS BKUX HA&IS.
ma chère, l'avertir au plus tôt de la merveille?
MADAHB LÉlf A&D.
Merveille est le mot, je n^y crois pas encore. — Et comment t'y es-tu pris, bon Dieu ! pour les décider?... J'en avais déjà fait moa deuih
l£na&d.
Oh ! je tiens cela comme une de mes plus belles campagnes, et pour moins on a mérité la croix. Un peu d'obstination et mon adresse ont secondé le hasard. — Écoute! et, que diable! ne regarde pas sans cesse la pendule.
— J'étais passé ce matin, de la part de Léon, chez l'armurier Lepage, pour nos deux fusils de chasse; comptant reprendre, après cela, le chemin de Gorbeil, ainsi que je te l'avais marqué dans ma réponse à ta lettre. Au détour d'une rue , dans un pèle -mêle de piétons, qui est-ce que je reconnais?... Mon Adolphe, qui baguenaudait en longeant les trottoirs, de l'air le plus harassé du monde. J'arrête le cabriolet, et je crie : — « Notre bourgeois, oii faut-il que l'on vous conduise?»
— Coup de théâtre et grands éclats de rire, bien entendu. La circonstance était heureuse
et je répondais à sa pensée. Me voilà donc , tournant le dos à ma destination pour le conduire à la sienne. Chemin faisant, à travers mille reproches, assez vifs de ma part, sur la durée et les récidives de son ouhli, et, de sa part, des excuses sans fin, mais d'une maladresse dont je faisais militairement justice, les deux fusils, que je ne savais où fourrer et qu'il a voulu prendre , ont entraîné de fil en aiguille la conversation sur le terrain de la chasse. J'ai compris sur-le-champ que les prédilections de mon homme n'étaient qu'assoupies. — Pour le goût de la chasse , mon enfant, il n'en est pas comme pour celui des fenunes : on peut toujours brûler une amorce. — Je suis de Bordeaux, sandis ! Je lui ai fait venir toute l'eau de la Garonne à la bouche. Dans le cours de mes rodomontades de chasseur , j'ai mis à mort plus de faisans 'et de lièvres, à coup de langue, que le département n'en pourrait nourrir. L'œil d'Adolphe étincelait; il couchait enjoué mes victoires. Je le chauffais. Nos courses faites, il a prétendu que je dînerais avec lui. Je dois être juste! Henriette m'a reçu cordialement, et je l'ai tant et de si bon cœur embrassée sur ses 1 2
joues fraîches et dodues que tu manques de sang dans les yeines si mon aveu ne te rend pas jalouse. Les vieilles histoires de notre jeune temps ont ëtë remises sur le tapis ; non sans une douce amertume de ma part , et de mutuels regrets pour la perte de nos habitudes. Par manière de philosopher , j'ai même avancé qu'en changeant d'amis on changeait de mœurs ; et la pauvre Henriette en est devenue pourpre.
MADAME LÉNARD, impatiemment,
M. Paul est-il venu ?
l£nard.
Je te voyais arriver, maligne bète ! — Non, mon enfant, l'artiste n'est pas venu. La trinité cabalistique est en charpie. Plus de boussole ni de pivot dans ce ménage sans àme. — Mais raisonne donc... Est-ce que j'aurais eu l'audace d'établir un conflit entre mon influence de rien et l'ascendant superlatif de M. Paul ! — Voilà près de dix jours qu'on ne le voit pas*
MADAME iftKARD, GVeC SUfpfise.
Dix jours! — {En riant.) Qu'est-ce que tu
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LBS DEUX MARIS. 19
me fais le chagrin de m'apprendre ? — Il y a quelque brouille; en sais-tu la raison?
LtNA.RD.
Adolphe s'y perd et lui reproche des lubies. — Pour te conter méthodiquement l'histoire, au dessert, entre deux gorgées, en savourant la demi-tasse, j'ai lancé ma proposition. Les vacances qui se meurent, l'air pur et pittoresque de nos environs, la magnificence du temps, les trésors de la pèche et de la chasse, enfin tout ce que la rhétorique amicale peut déployer pour atteindre à son maximum de sensibilité, je l'ai mis en usage. Un feu d'artifice n'est pas plus éblouissant ; je me sentais de l'esprit comme un démon. Henriette, fine mouche, grondait sa bonne pour éviter de me répondre; aussi, pour ne pas contrarier sa femme, mais visiblement à regret, Adolphe s'est vu dans la nécessité de me chercher des objections, dont la meilleure (tu vas voir que le diable se mettait réellement de mon bord) était le nom de madame Ferey, la belle-sœur de madame de la Grange ! Adolphe est chargé de ses intérêts,
où Paul est mêlé d'ailleurs, je ne sais com-
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LES DIUX MA&n.
ment; ce qui, par conséquent, rend cette affaire deux fois plus sainte. On m'a pris pour juge. C'était fort embrouillé, mais c'était indispensable. 11 n'y a rien à dire contre l'embrouillé et l'indispensable ! ! — L'objection nettement établie, tout à leur aise, et mon Henriette déplorant, avec le plus joli babil et la plus charmante fausseté du monde, cette contrariété qui semblait me fermer la bouche, j'ai levé le masque; j'ai révélé tout à coup la présence de cette dame à Gorbeil!... Oh! d'abord, on ne voulait pas m'en croire. Il a fallu produire ta lettre à l'appui de ma parole d'honneur. Mes deux maladroits se sont regardés, fort stupéfaits. Je me préparais en cas de nouveaux détours; j'aurais montré les grosses dents de l'amitié. De guerre lasse, la véritable objection s'est mise en lumière! L'œil d'Henriette s'est doucement dirigé vers la pendule. — u Nous laisserons un mot, a » dit le bon époux; mais sa visite est plus » qu'incertaine; il a d'autres habitudes, sans » doute ! » Adolphe souffrait en disant cela. Du son de voix le plus ingénu, de mon air admirablement bète, j'ai hasardé une question; et, l'individu nommé, j'ai rompu la
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glace. En post-scriptum du petit mot que je conseillais de lui laisser à tout hasard , j*ai crayonné quelques lignes, mystiGantes de tendresse et d'urbanité, qui le rendront fou pour peu que ma bonne étoile s'en mêle. — Ma foi ! Stéphanie, si dans mes expressions qui coulaient de verve, l'éternel accapareur des Hervey ne sent pas l'impertinent bonheur d'une revanche, c'est qu'il n'a pas de nez. Je disais le fin mot, comme un homme qui ne se doute de rien. — J'en ai du baume dans le sang. — Que dis-tu de mon habileté?
HADA.VE LÉNARD.
Qu'il faut que je t'embrasse! — Tu leur as donné lecture de ton griffonnage?
LÉNARD
C'était le grand coup de boutoir. — Pour conduire peuple et gens au bout du monde, ou, si tu veux, à Corbeil, crois-moi, Stéphanie, la meilleure des rubriques est encore de leur donner à comprendre que l'on voit traîner la ficelle de leur esclavage; ils se piquent, et vous remettent la ficelle en main pour devenir vos humbles marionnettes. Non que j'aie dit le moindre mal de Paul ! . . . Bien au contraire ! 1 2.
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93 LES DBOX MAHI8.
Je jouais* plus serré. Sa vive et libre allure qui plairait à tout l'univers, ce fracas de reparties qui ne laisse jamais son adversaire en repos dans une lutte de franchise et d'esprit, cette souplesse d'enfant qui le ploie aux goûts ja de chacun en petit comité; enfin ce qui corn-
]pi posait le Paul d'autrefois, je l'ai porté, vanté,
exalté jusqu*aux nues, dans un ballon, pour l'offrir, comme un admirable point de mire à cent démentis que je pressentais, et dont je suis retombé criblé de part en part, sans parachute. — Ah! dame! Adolphe est blessé de l'absence de Paul. — C'est quelque infidélité, vois-tu, dont le mari souffre tout haut, et la femme tout bas. — Rien, hélas ! n'est stable en ce bas monde ! — L'immobilité rouille, et les artistes ont besoin de mouvement. J'ai pris plaisir à consoler Adolphe. Peine perdue!... — Croirais-tu que des gens qui les voient assez fréquemment l'un et l'autre, n'ont pas rapporté, depuis ces dix jours, la plus mince parole de consolation de la part de l'artiste!.. • C'est mal, cela ! — La législation et la sculpture sont décidément à couteaux tirés. J'en suis bien aise. — Adolphe récapitule un à un ces airs bourrus et sombres qui nous ont déjà
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LKS OBUX MARIS. 95
mis sur la piste. Il combine, il ressasse , il arrange le tout; il voit dans cette algèbre les quatre-vingt-dijt-neuf centièmes de ce qu'il faut y voir... une femme, un amour, un secret! Pour compléter cette analyse du cher ami, un seul mot lui manque; mais, comme dit Léon, la Providence des maris veille sur ce mot-là ; et mon Hervey cherche dans les profondeurs du firmament ce qui crève les yeux du genre humain.
MABAHB LÉNAHD.
Que disait Henriette ?
LÉNARD
Rien. Mes paroles avaient un aplomb de bourreau qui ressemblait à de la bonhomie. Mes naïvetés lui donnaient la torture. £lle est restée d'une indifférence de glace pendant cette conversation, dès qu'elle a désespéré de nous en distraire.
MADAHB LÉTTARD.
Elle est bien maladroite.
lÉIlARD.
Que veux-tu, Stéphanie!... A la première amourette, on ne sait pas se faire un front.
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94 lES DKUX MARIS.
Pour plus de prudence, il faudrait commencer par la seconde.
MADAME LÉTTARD.
Après huit ans de ménage, qui aurait présumé cela d'Henriette? Cette femme si susceptible dans ses conseils, qui voyait du scandale dans un sourire, qui trouvait de la coquetterie dans le geste le plus innocent, et qui semblait devoir faire bon marché de tous ses adorateurs !
LÉNARD
Tu connais ma façon de voir, en pareil cas, Stéphanie. La stérilité ne vaut rien ; il faut des enfans pour sauver un ménage , et pour en bannir la solitude. Pour une femme, je ne sais pas de meilleure sauvegarde que les devoirs; ils ôtent le loisir de songer à mal. — Ah, çà! je n'ai rien dit de la présence de Léon ici ?
MADAME LÉIfARD.
Pourquoi donc ?
LÉIfARD.
Parce que ! . . . — A te parler nettement, je leur crois des préjugés contre Léon. S'ils ne le disent, je le devine. Us prennent cent faux*
fuyans pour ne pas me répondre lorsque j'en cause. Lors du dernier bal de Léon, cet hiver, Henriette s*est dit malade; et, cependant, l'on a vu la trinité cabalistique aux Français. — Et qu'est-ce que Ton jouait ? du rococo, du Racine ! — Depuis, Léon leur a fait deux ou trois visites; ils n'en ont pas rendu même une seule. Ils ont laissé passer la fête de la femme de Léon sans donner signe de vie, bien que, sur notre prière , celle-ci leur en eût écrit de sa propre main, avec les égards officiels et dans les meilleurs termes du monde; en invitant l'inséparable ! — J'ai craint de souffler sur mon château de cartes en laissant échapper un mot ; j'ai même eu l'instinct de m'arréter tout court, en équilibre, et de pirouetter sur une malheureuse phrase oii j'étais en train de leur jeter à la figure que la maison de campagne oii nous sommes appartenait à Léon. Ne bronchons pas là-dessus! L'ombre de cette idée les mettrait sur le qui-vive. Une fois dans le piège, ils y resteront de bonne grâce. Pourquoi pas, trailleursV Crois-Uu Stéphanie, comme on Ta prétendu dans le temps, que Léon ait essayé lie faire ^û cour à Henriette?,..
LIS DBVX MARIS.
MàDâHB LtflARD.
Allons donc!.... C'est plutAt que M.Paul en a pris de l'ombrage f
LtifARD.
Eh, eh ! dans son temps, Léon faisait des siennes!... Il a pu choisir beaucoup plus mal.
MADAHB LÉNARD.
Peut-être, encore, est-ce parce que Léon s'est lié de préférence avec nous!... Gela devrait pourtant leur paraître juste, en raison des rapports d'utilité qui se sont établis de Léon à toi ; mais, vois-tu, mon ami, près d'un homme qui par sa fortune et le rang qu'il occupe, jouit d'une grande considération ; qui sera député ; qui crée des écoles primaires; qui fonde des caisses d'épargnes ; qui soutient de son zèle et de ses capitaux des œuvres de philanthropie, et toutes les entreprises industrielles du moment, ce n'es^ pas facilement que l'on se résigne à ne figurer qu'en second, bien loin après ses amis ; surtout lorsque l'on a marché longtemps avec ces amis-là sur une seule et même ligne. — Quoique les Hervey soient de très -bonnes
LKS DlUX HARI8.
gens, un grain d'amour -propre se mêle à tout.
LÉflARD.
Peuh, heu !!!... Tu crois ? — Paul, cependant, n'a ni rang, ni fortune ; et
MADAMB LÉNARD.
C'est vrai ; mais il a sa petite célébrité de sculpteur, et les journaux en parlent. D'ailleurs, Maurice, n'est-ce pas. un conseiller par excellence? et qui se ruine généreusement en bons conseils pour la fortune des autres. . . en oubliant la sienne? — Ces capitalistes d'un genre à part, dont le portefeuille est bourré de belles paroles, obtiennent toujours de se faire écouter. Même, c'est pour leurs auditeurs un moyen sur d'en arriver à ce qu'ils se taisent. De lassitude, on les admire; on ploie sous leur éloquence et leur gloire. Par coquetterie , l'on en fait chatoyer les reflets à la ronde. Ici-bas, faute de mieux, chacun ne se contente-t-il pas de son petit filet de lumière ?
LiVARO.
Tu ne peux pas dire cela pour Hervé y, Stéphanie ] car, sUl est question d'éclat, il a
JJ
LIS DIOX MÀRI8.
très-<:ertainement le sien, et dans une sphère des plus honorables.
HADAMB LtNARD.
Je le dis pour Henriette.
LÉNARD
A la bonne heure. — Il reste donc convenu, — ne va pas me faire mentir ! — que si Léon est des nôtres, j'en apprendrai de toi le premier mot. — Dis-moi donc !... Je ne vois pas Ernestine?
MADAME LÉNARD, d'uti toti indiffèrent.
Ils sont allés jusqu'à Saint-Try.
LÉNARD
Avec Charlotte ?
MADAME LÉNARD
Je les attends d'un moment à l'autre.
LÉNARD
Bien! — Que Charlotte soit toujours avec eux. Sans y mettre plus de méfiance que je n'y vois d'inconvénient, on ne vit pas que pour soi dans le monde. — Ah, ah ! je m'en vais donc jouer aux épingles et continuer la petite guerre avec la belle Henriette!... Elle est alerte et comprend la portée des mots ;
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nous nous amuserons 1... — Tâche d'être généreuse, ma femme!... C'est une amie. — Je vois d'ici toutes ses transes, et comme elle essaiera d'égarer la conversation à travers champs, lorsque l'épigramme fera la mine d'enûler la route au grand galop ; mais je se* rai là pour te ramener le gibier. — Ce digne Hervey ! — Je ris, car je songe qu'étant garçons tous les deux sur le pavé de Paris, et par conséquent libertins, nous nous avertissions loyalement des infidélités de nos mattresses. Ce petit pacte, à la vérité, nous mettait à même de changer de maîtresses tous les huit jours; et le cas, ici, n'est plus le même. — Un serment de garçon, dis -moi, cela tient-il encore pour le ménage ?
MADAME LtifARD.
Tu es fou !
LÉNARD
Adolphe est légiste! on peut le consulter là-dessus.
Tais-toi donc; je les entends qui viennent.
LiHARD.
Entre nous, Stéphanie, je songe quelquc- 1 3
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fois que ma conscience y est engagée.
HADAHK LÉNARD.
Ta conscience?...
LtifARD.
Je lui épargnerais un ridicule.
MADAME LÉNARD
Après le malheur, n*est-ce pas?
LÉNARD
Dans le fait!..