‹ Soirées de Walter Scott à Paris, recueillies et publ (volume 2)Chapitre 1 sur 16 · Soirées de Walter Scott à Paris, recueillies et publ · texte numérisé non relu

Soirées de Walter Scott à Paris, recueillies et publ

Je suis bien vieux; si jje ne fais< pas aujour» d'hui mon article nicrolog^ique^ personne ne s'en chargera demain : car moi^ qui connais tout le monde^ je ne suis connu de personne.

Je naquis en 172I0 ; je serais fort en peine de dire le mois^ le jour et l'heure, vu que le maudit registre où ua sacristain, lunettes sur le nez,

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avait pris acte de ma naissance, servit pendant la révolution à iaire des cartouches et causa la mort de plus d'un pauvre diable. C'est au moins fort désag^réable de ne pas savoir au juste son âge, et j'ai donc raison d'en vouloir à l'église. Elle avait bien af&ire des actes de l'état civil 1 passe pour les baptêmes et les confirmations !

Ma famille était archi-noble. D'Hozier n'a pas composé ma généalogie, mais j'ai fantaisie de chercher mes ancêtres dans la Bible. Sans aller si loin y je mç souviens d'avoir découvert , dans les Chroniques de Saint-Denis y que le chef des Pastoureaux, en laSo, s'appelait comme moi ; enfin, je descends en droiteligne par les femmes de Louis Jacob, de l'ordre des Carmes, aumô" nier de S. M. Louis XIY. Je suis le dernier rejeton de cette antique famille.

Mon père avait dérogé , il se mêlait de commerce , à l'instar de M. de Voltaire , que j'ai vu troi$ fois de ^on vivant; la première dans son grand costume de gentilhomme de la chambre du roi; la seconde en robe de matin, jaune, avec des ramages verts , et la troisième en habit noir, avec des boutons d'acier. Voilà des souvenirs qui font époque.

Mon père, dis-je, gros marchand de draps

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