SUR MONSIEUR JACOB
de là rue des Juife ^ me laissa , au lieu d'éducation /une belle fortune > la fille de sa niëce et une vieille maison ^ qui m'a donné goût aux antiquités. Je me fis une éducation à ma manière , j'augmentai ma fortune^je pris pour gouvernante la fille de la niëce de mon père , et j'habitai la maison; partant pas de maîtres^ pas d'amis^ pas de domestiques^ pas de locataires. Je me trouve bien depuis soixante ans de ce régime d'égoïsme.
Et pourtant^ j'ai vu la Pompadour , j'ai vu la Dubarry, j'ai vu Louis XVI, j'ai vu Robespierre, j'ai vu Bonaparte I A peine me suis-je ressenti de tous ces changements politiques; et le temps présent ne m'est pas meilleur que le temps passé, puisque tout se paie plus cher qu'autrefois. Du reste , je ne sais quel est le Aiinistre actuel des finances ou le confesseur du roi ; je n'ai pas besoin de le savoir.
Je suis comme le rat retiré du monde; j'ai bon feo, bonne table , bon lit; on serait content à moins. J'ai passé ma vie à m'instruire. Certes^ la mort venue, ces belles connaissances ne me sauveront pas de la pourriture et des vers; mais en attendant, je m'en trouve bien, et n'en veux pour moi pas davantage ; à quatre--vingt*< neuf ans^ on n'a pafS de temps à perdre.