C. C.-P. REVUE
die de « Siegfried », dont l'auteur est M. Boullard, un bien spirituel confrère. »
Bien spirituel, oh oui, bien spirituel. Sole Frite, ça est, pour une fois, un bien spirituel petit titre.
28 JANVIER. — La revue donnée par le club des Cyclistes Parisiens a ceci de particulier qu'elle
st ni bête, ni grossière ; c'est en ce^ qu'elle diffère des choses représentées au théâtre de... ou à celui de... Mais chut ! je ne veux dénoncer aucune pièce de théâtre, de crainte que les siffleurs auxquels l'interdiction de Thermidor crée des loisirs n'aillent jeter des sous sur la scène que j'aurai née à haïr vindicte.
Donc C . C. P. Revice a marché comme un ■ pedestriari », et les couplets de M. d'Estoc, sont
- couplets de taille.
M. Abel Truchet, le compère, a remporté un très vif succès personnel ; grand, souple, de bonne mine, possédant une voix sympathique, (je ne pense pas qu'il m'envoie des témoins) il a su, par son jeu fin et sûr, mener à bien sa tâche, difficile entre toutes MM. Camille Steiner, Ballif, stylés par leur collaborateur Emile Cohl qui s'est révélé comme un incomparable metteur en scène, l'ont vaillamment secondé. Charmantes dans les coquets habillés de Gray. M Philo, Véron, Gabrielle, etc., ont gazouillé savoureUsement leurs couplets ; une mention spéciale à M110 Andrée, très artistiquement costumée, dont la bonne grâce, et l'élégance ont impressionné les spectateurs, violemment. Malgré une acteuse maladroite, Saint-Clair (ils feraient mieux d'être durs que clairs) C. C. P. Revue triomphe. Dommage d'avoir dû. si tôt, lui dire: P. Pt Ç.
Mm0 Rachilde me prend à partie, dans le Car il-
Ion, avec infiniment d'esprit, pour avoir osé dire que les acteurs du Théâtre d'Art avaient savefé les Cenci. J'avoue que tel était mon sentiment; mais, puisque Mm« Rachilde affirme que ces gaillards regorgent de talent, je n'y contredis plus.
C'est surtout Mllc Camée, que Mmc Rachilde abrite sous son aile, lui trouvant (( un délicat petit corps, un joli visage de camélia blanc tout irisé d'immenses yeux de rosée pure... » Il faut croire que j'avais la vue déplorablement mauvaise, le soir où j'ai aperçu la débutante. Mais je le répète, je fais amende honorable : même si M'"e Rachilde exige que je retourne voir les Cenci, j'y retournerai (après avoir fait mon testament) à condition toutefois qu'elle veuille bien m'accompagner.
Un mot pour finir; j'avais parlé de la maigreur de Mlle Camée. « Toutes les femmes de grand talent ont commencé par devenir maigres, ô Willy ! » s'écrie l'ardente écrivain du Carillon. Je le sais bien, parbleu, Sarah Bernardht, Louise Michel, Yvette Guilbert, ressemblent plutôt à trois clous qu'aux trois grasses. Mais, la main sur la conscience, (où est-elle ?) je ne crois pas avoir reproché à votre protégée, Madame, son étisie. Car j'aime toutes les femmes maigres. Et toutes les grasses aussi.
C'est encore du théâtre, l'opérette humanitaire à laquelle Henry Fèvre, l'auteur de V Honneur, de M. Pophilat, de plusieurs œuvres originales et fortes, a donné pour titre ce distique.
Désarmemenl '.
Parfaitement.
L'intrigue est simple comme la colombe : l'empereur Guillaume propose un désarmement général ; par malheur, un poète revanchard, auquel je n'aurais pas cru tant d'influence, s'y oppose, « entraînant quelques amateurs de chansons, adeptes de sociétés de gymnastiques, fous de