ROSALINDE
taisie ausqu< lette Francisque, pour le désennuyer d'une longue station dans un atelier où l'on ne peignait guère.
Mais aujourd'hui, c'est de Grisélidis seule qu'il convient de parler, etcela m'est une joiebien vive de constater le succès de cette œuvre fine et charmante, que le prologue, avec une excessive modestie, désigne ainsi :
Ce n'est qu'un conte en l'air fait pour les bonnes gens !
<\ Conte en l'air » est bientôt dit ! N'est pas « conte » qui veut.
<vn En l'air » non plus !
16 mai. — Les paroles de Jaime et Crémieux sont à peine supérieures à celles que Barbier confectionna adusum Gounodi. Et, comme le tout petit (celui que l'on joue à l'Opéra), \zpetit Faust, de la Porte-Saint-Martin magnifié par Duquesnel, a vieilli.
En quelques scènes, le trop sage libretto de ces gens rassis s'émèche; le couplet se décarcasse, la situation chaloupe; ohé! ohé! c'est l'influence du compositeur toqué qui soulève un instant ces ponctuels vaudevilistes, rien qu'un instant, hélas!
La valse de la Kermesse se laisse entendre, où Hervé introduit, contre-chant cocasse, le Carnaval de Venise. L'introduction-polka du second acte, je ne lui en veux pas. Et les costumes rutilent, époilants. Ballets aphrodisiaques. Chaleur mortelle. Généreuse, M'1" Jeanne Granier se dévoue, et chante terriblement faux, terriblement, dans
-poir de jeter un froid. Elle transpire comme les se< n ts de notre mobilisation, et l'obligeant Yalentin-Sulbac-à-la-Gumle-de-raie l 'évente de ses oreilles éléphantines.
29 MAI. — La Rosalinde d'Aurélien Scholl est une impure qui danse à l'Opéra, et à domicile. Elle aime — c'est un gros mot — elle croit aimer
le jeune marquis de Helly, lui remet la clef de son appartement. Il arrive, le cœur battant la chamade, la tête en feu, trouve la nappe mise et la belle en chemise. . . Dieu! la serrure crie, il v a une autre clef, et Lélio qu'on n'attendait point, Lélio s'en sert malencontrcus* ment, le comédien Lélio, sceptique, ricaneur, amusé de voir le pauvre petit marquis s'enfermer dans, une armoire. Piqué par un mot gouailleur qui sonne mal, de Helly quitte bientôt son incommode retraite et tombe en garde. On va se couper la gorge? Point. Le comédien, gars d'esprit, explique à son rival que la meilleure des femmes ne vaut rien, et que Rosalinde, (prudemment envolée) est loin d'être la meilleure. Les aphorismes misogynes pleuvent. L'esprit pétille. La colère s'enfuit. Le souper de Rosalinde est croqué par les deux soupirants réconciliés. Ainsi finit la comédie qu'on applaudit furieusement.
Le malheur, c'est qu'à la faveur de ce joyau Louis XV, on glisse sur l'affiche du Théâtre Français un petit acte de petit mérite, le Rez-de- C haussée, d'un M. Terr, Ôerr. non, Terr de Bourrique, je crois, secrétaire de M. Larroumet . et vigoureusement pistonné par iceluy.
je tiens M. Larroumet pour un aimable garçon, adroit, ami du Sexe — ce qui devient une qualité par ce temps de décadents unisexuels, — mais, mais, pour peu qu'il recommence a nous imposer la littérature (si j'ose ainsi m'exprimer) de ses sous-ordres, il faudra bien le dépiauter et lui crier aux oreilles le vengeur « Raca, hou ! » des Arabes, dont a souventes fois parlé l'explorateur Delangrenier.
Ier JUIN. — Paraît que la Plantation Thomas sin est le type de la « Pièce d'été ». C'est bon enfant, ça désopile, ça fait le maximum. Alors, pourquoi ne joue-t-on pas des pièces d'été tout l'hiver?