GRISÉLIDIS
position eu m veste pudorcm, etc. etc. Il y a des mots salés ; il y en a même de sales.
Dans la Demoiselle du téléphone, l'excellent Tarride est un yankee des plus doodle. On l'acclame. Très gaie, cette prose alerte de Maurice Desvallières : très gaie, un peu maboule, sans prétention : M. Antony Mars y a mis la patte.
La petite téléphoniste Agathe, en liesse, à l'idée d'épouser Sigismond, apprend, par une indiscrétion du fil, que le volage la trompe, avant la lettre (de faire part) avec une Olympia ultra cascadeuse et fètardissime. Cel Agathe toute sa joie et lui inspire la résolution inédite autant qu'imprévue d'entrer, en qualité de femme de chambre, chez cette personne sans mœurs pour y pincer le coupable fiancé. C'est ce qui arrive. Mily-Meyer est une demoiselle du téléphone sémillante et pétillante, Pierny-Olympia semble peinte, comme son nom l'indique, par Manet. Pour cette piécette gentille tte, on a musiquette à Serpette. Enorme sucée-, surtout quand Tarride...
4 Mai. — A propos de cantharide, le Palais- Royal reprend le Parfum. Les ouvreuses vendent du minium aux dames qui désirent vertueusement rougir. C'est raide comme la Tour Eiffel, comme le lys v, en la terveur première v> de X Apres midi d'un Faune, comme... Mais je ne suis pas ici pour me vanter !
Après une douche écossaise — alternativement chaude et froide — sur les reins, un joli dîner avec céleris en branches, truffes, etc., allez voir le Parfum. Et si ça ne suffit pas, dame, renoncez-y!
15 MAI. — Pardon, excusé, si je parle très compendieusement de Grisélidis mais je suis fourbu, pareeque, parti de Montmartre pour vingt-
quatre heures, je suis resté à Dôle (Jura), mais un peu tard, quinze jours environ. Et pendant ee laps, j'ai reçu, moi, juré nndigne, dans l'antique Dittavion de Ptolémèe, où se donnait un grandissime Concours musical, l'hospitalité la plus archetriomphale, la plus festonastragaleuse, la plus « comtoise », c'est tout dire. An ! Dieu de mes pairs, qu'il est donc ardu de sainement apprécier le mérite déployé par la « Fanfare de la Vieille Loye », ou la suavité dont fait preuve la « Persévérante de Valcntigney », alors que, cinq fois par jour, on pâture chez un amphitryon comme X.Chanaux, qui a un cœur de première qualité, et des crus comme son cœur !
Ça n'empeche pas Gr isélidîs d'être une très jolie chose, très habile. Ces banderoles où flottent haultes et sensées devises en vieil langaige, ces personnages qui semblent échappés des marges d'un authentique missel retouché par Célestin Nanteuil, tout ce bric-à-brac ingénieusement médiéval a ravi l'admirative ignorance des Mardistes. Dans les couloirs, ils prononcent des mots lus récemment : « Primitif, hiératique, etc.. » et, en faveur de ces décors que la mode leur enjoint d'admirer, ils pardonnent à Silvestre et Morand ces vers, tant de vers, tous ces vers d'un lyrisme attendri !
Ce n'est pas pour me vanter, mais les acteurs du Théâtre-Français jouent comme des savates. Je le veux, Mlle Bartet est adroite, bien que lyrique comme un os de seiche ; Sylvain, dont j'aime le bon profil de César pondéré, dit les vers à merveille, et Bertrade-Moreno vaut qu'on l'applaudisse ; mais les autres, depuis Mlle Lynnès si Théâtre-de-Lons-le-Saulnier jusqu'au jeune Albert Lambert qui récite ses strophes lunaires, comme la lune, quelle dèche, mon empereur !
Quelque jour, je conterai, — si tu m'y autorises, ami Morand, — une macabre fumisterie de notre jeunesse, et quelle ultime demeure assigna ta fan-