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ANTIQUE DES CANTIQUES

011 en a écrit de plus myriamétriques encore; mais les siens palpitaient crintellectualité et de sensations. Son œuvre, sur laquelle à peine on discernerait une influence (celle de Gérard de Nerval, le Nerval de 1.' s^ Histoire merveilleuse de Salomon, prince des Génies, et de la Reine du Matin vM, présente ce singulier phénomène : quelque génie. La réconciliation des deux Sexes, tel serait le thème du Concile féerique. Quand donc la Femme scra-t-clle le Frère de l'Homme? Ouand donc ne saliront-ils plus d'Idéal leurs douces « Histoires de muqueuses v> et vivront-ils à la grâce de l'Inconscient? Le 12 juillet 1886, date de la publication de ce poème dialogué, les vers de Laforgue obéissaient encore à la métrique officielle : mais qu'élégamment ils traînaient leurs chaînes!

Sur le? terras le triste

Cor des paons réveillés fait que plus rien n'existe.

De TJicodat, il appert que l'antifouquiériste Rémy de Gourmont est éminent surtout comme antipatriote. Il a peu renouvelé le sujet : tentation d'un sacerdote par une femme. Son drame malgré

Florem amoris nascentem

-■minant rubescentem Vidi singulam marcentem lu manibus depositam

chanté à l'orgue par Maximiliènne, n'est ni blasphématoire, ni erotique, mais plutôt cotonneux. Et pourtant, c'est toujours avec un nouveau plaisir qu'on retrouve ces bons hérésiarques Nestorius, Arius, Eutichès et Apollinaire. — Costumes par M. Maurice Denis.

Ceux du Cantique des Cantiques sont, malheureusement, de M. G. Clairin. Mais le décor — Liban, cèdres, cyprès, temples, lis — est d'une très noble beauté. Des vaporisateurs, soucieux de

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plaire à Lémèry, Chardin-Hadancourt et Charles Henry, père de l'olfactomètre, répandaient dans la salle des senteurs d'encens, de violette blanche, de jacinthe, de lis, d'acacia, de muguet, de seringa, d'oranger et de jasmin, tandis que fonctionnait, sous la direction d'E. F. Le Tourneux, la musique de Flamen de Labrély. Et, sous la coalition de ces forces chromatiques, auditives et odorales, déchaînées par M. P. N. Roinard, le spectateur s'abandonnait au verbe de Salomon.

Les Aveug-les de M. Maurice Maeterlinck, douze, assis dans une clairière, la nuit, attendent le retour du prêtre qui les guida, l'attendent depuis des heures, anxieux et enfin, de leurs doigts épouvantés, ils retrouvent parmi eux ce prêtre qui ne les avait pas quittés , qui gisait là, parmi eux, brusquement mort.

14 DÉCEMBRE. — Ecoutez voir, les aminches : On n'est pas cocu comme ce pauvre La Jonchn Cocu avec modération, ainsi que vous et moi, il en eût pris son parti; mais ne pouvoir passer sous les arcs en-ciel sans baisser la tête, ça l'agace, cet homme! Trompé à couche que veux-tu par les donzelles à cinq louis la nuitée, il épouse une veuve, en homme qui aime l'ouvrage toute faite. Mince de déveine, le guignon s'ostine : le soir même de ses noces, il dégote des flanelles dans son ormoire. Quelblair!

Alorsse, il s'adresse à Montfermeil — donl j'ai beaucoup connu la laitière — et lui dit : « Mon garçon, j'en ai assez de jouer les- enfonceurs de. porte ouverte, m'faut une gamine intacte, pour épouser; du neuf. ^> L'autre qui n'a pas de pucelles sous la main (à partir de douze ans, les magistrats n'en laissent pas une !), se résout à maquiller une petite roulure; je réponds, qu'y dit, de la Vertu de Lolotte. Ah! chaleur!

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Avant de s'improviser rosière, la gosseline était blanchisseuse et avait toutes les qualités de l'empois ; astucieusementelle faitsatata ;elle empaume te cornard; elle réussirait, sans deux nigauds qui viennent la relancer en province et lui démolir son prestige. Eclairé, la Jonchère renâcle.

(Excusez-moi de ne pas énoncer, aujourd'hui, mes critiques avec la distinction que vous aimez tant chez moi, mais du Tillet lui-même — dit Fleur de Chic — se mettrait à jaspiner le montmartrois, rien qu'en pensant à Lolotte.)

Cette folie a réjoui les spectateurs des Nouveau- . heureux d'applaudir la voix sure (oh! pas d'accent circonflexe, typos, je vous en conjure!) et les gestes pantiniques de Mily Meyer.

M. Ordonneau, un méridional, brun (naturellement), rempli de tact (ça, c'est moins banal) et charmant confrère (rarissima âvisl ) n'est pas le seul auteur de la Vertu de Lolotte. Son collaborateur masqué, on m'a bien recommandé de ne pas le nommer; je révélerai seulement que, des deux auteurs de Grisehdis, c'est celui qui n'est pas Armand Silvestre.

J'ajoute, puisque vous m'en priez, que sa famille était noble au XIIIe siècle, ainsi qu'il appert d'une pièce célèbre, où le plus charmant de nos vieux poètes, racontant qu'd avait à son service certain \n valet de Gascogne », dont il énumère les mérites, dédie ses vers mutins comme chausson <s au de Morand, le meilleur fils du monde ».

2 1 DÉCEMBRE. — Grande séance à la Bodinièrc, où le cercle des Escholiers donnait trois actes inédits, dont le manque de place me force à parler trop compendieusement.

Anachronisme^ de M. Georges Roussel, a vive* vement piqué la curiosité du public ; c'est ver* veux, c'est fumiste, c'est d'une audacieuse riarquoiserie, idoine à valoir aux auteurs, selon la

qualité de leur public, des lauriers pu des pommes

• cuites.

Dans un salon riche, un bourgeois cossu s ble ennuyé ; sa femme, moins veule, arrive, boutonnant ses gants, et lui reproche avec une copieuse amertume, ses indécisions, l'obstination de ses atermoiements, l'ampleur de ses gaffes. Cependant, le fils est entré2qui blague ses parents; ce jeune bouffi s'embête, sifflote YExpulsion des Princes :

D'abord, les d'OrJéans, peurquoi Qu'ils marienl par leur tille en France, Avec un bon vieux zig comm' moi; Au lieu du citoyen Bragance !...

Un laquais annonce : « Messieurs les délégués de la Droite anticonstitutionnelle » ; trois habits noirs corrects ; inclinations profondes ; le plus autorisé lit une harangue : « Sire, de votre Majesté les fidèles sujets... » Et Je bourgeois cossu de répondre : « Merci, messieurs, de votre fidélité ; la France peut compter sur moi. »

Mlle Inès, dont la diction a de l'autorité, M. Lugné-Poé, toujours intelligent dans la composition de ses rôles, M. Barré, élégant et sûr, ont joué avec prestesse ce petit acte, auquel j'aurais seulement voulu que notre confrère de la Plume ajoutât quelques couplets chantés par Mmo Melba.

' MUc Camée a bien réussi dans les Vieux , un drame bourgeois, fort et dru, de M. Gaston Salandri, dont le talent finira bien par s'imposer à la bêtise opaque des directeurs. Ce jour-là, il les fera passer par de petits chemins, et il. aura raison.

Un monsieur aime sa femme (Mllc Mellot, charmante) et son bienfaiteur qui s'entendent pour le tromper abondamment. Cette, constatation lui brise le cœur; titre : Viarlot etClG. M. Ludovic Malquin a fait de son héros un naïf et un tendre ;

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