DUBOSC
C'était donc une somme de 3g5 francs que chaque logiste, peintre et sculpteur, allait recevoir en plus de la minime et insuffisante allocation de l'Etat. Heureux nos jeunes successeurs, qui déjà bénéficient de la libéralité de ce brave homme ; qu'ils ne l'oublient pas, et pensent aussi quelquefois à nos luttes désespérées, lorsque, réduits aux i5o francs donnés pour les concours, nous étions dans la dure alternative d'endetter notre pauvreté ou de
compromettre le succès de notre travail, c'est-à-dire de notre avenir tout entier.
Grâce a Dubosc, ces angoisses n'existent plus. Ce rude héros du travail le plus humble, de la persévérante privation, mérite notre reconnaissance, et ce qu'il souhaitait plus encore pour sa mémoire : notre affection1.
I. L'administration de l'École des Beaux-Arts a acheté un terrain au cimetière du Mont-Parnasse, et fait construire une sépulture, où le corps de Dubosc a été transféré en présence de M. Destable, de l'Ecole des Beaux- Arts, et du commissaire de poJice.
APPENDICE
Nous remplissons une lacune volontairement laissée par Fauteur de ce livre, dont l'œuvre, déjà importante avant la fin de la vie de Dubosc, doit prendre place pendant les quinze années citées, i85i à 1867, ou Gustave Crauk ne cessa pas de produire des œuvres remarquées.
Élève de Pradier.
1 85 1. — Premier grand prix de Rome.
Salon de 1857. — Le maréchal Pélissier, duc de Malakoff, buste en marbre. (Galerie de Versailles.)
Salon de i85o,. — Omphale, groupe en marbre. (Cour du Louvre.)
Bacchante et Satyre, groupe en marbre.
Exécuté à Rome. Il révèle un sculpteur de race vraiment française ; sa libre interprétation de la nature est critiquée par les classiques exclusifs, malgré ses lignes charmantes et la science du modelé.
1860. — Inauguration du Génie de la Loi. (Pignon de la mairie du ier arrondissement.)
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Salon de 1861. — Le Faune à Y Amphore, statue en bronze. (Musée d'Amiens.)
Exécuté en marbre. Paul Baudry écrivait à un camarade de la Villa Médicis, l'architecte Ancelet, à propos de ce Faune : « Crauk, qui ne s'endort pas sur le rôti, a fait un des meilleurs morceaux du Salon. »
Au Salon de 1861, paraissent aussi les bustes du maréchal et de la maréchale Niel, de la maréchale duchesse de Malakoff, du maréchal de Mac-Mahon, duc de Magenta. Ces bustes innovent ou ressuscitent l'art du portrait expressif, vivant et fidèle devant la nature, comme l'avaient compris les maîtres du xvnie siècle; ils firent événement, ainsi que celui du Maréchal Baraguey d'Hilliers exposé en i863; ils sont le début de cette longue série qui ne sera pas interrompue pendant tant d'années.
En 1862, la statue du maréchal Valée, exposée à Paris, est inaugurée à Constantine, sur la place de la Brèche.
Salon de i863. — Saint Jean-Baptiste, statue en marbre d'un beau caractère et d'une exécution supérieure.
Un buste de l'impératrice Eugénie.
Salon de 1864. — La Victoire couronnant le drapeau français.
Un des plus grands succès de l'époque ; elle fut placée au square des Arts-et-Métiers, sur une colonne aux victoires de Grimée. Tous les bons critiques du temps la célébrèrent.
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Cette même année 1864, G. Crauk exposait un de ses bustes les plus connus, Samson, de la Comédie- Française, et on inaugurait au Père-Lachaise sa belle statue en bronze ? La Douleur, sur le tombeau du Consul Léon Béclard.
Salon de i865. — Grand médaillon haut-relief : Madame Favart, de la Comédie-Française , qui est un charmant poème, et une statue du maréchal Pélissier, duc de Malakoff, vivante image du vainqueur de Crimée , énergique , colorée , l'une des premières des statues de place publique de G. Crauk, portraits historiques qui resteront des modèles du genre.
Salon de 1866, — Le fronton principal de la Manufacture de Sèvres : L'Art grec et la Renaissance, décoratif et de belle harmonie, et ce petit buste d'enfant, tant de fois admiré au musée du Luxembourg : Louise de Malakoff, maintenant au musée Gustave Crauk, à Valenciennes.
A l'Exposition Universelle de 18G7, figurent de nouveau la Victoire, le Faune à l'Amphore, Bacchante et Satyre, buste de Samson et médaillon de mademoiselle Favart.
Ce sont les dernières œuvres que Dubosc put voir exposées du sculpteur auquel il avait voué un vif attachement. Cependant, en visitant le nouvel Opéra, sa dernière course artistique, il put contempler les cariatides de bronze et de marbre de la loge du Gouvernement, que G. Crauk adapta si bien à cette magnificence moderne en leur gardant une tenue magistrale.
APPENDICE
Il voit encore s'exécuter dans l'atelier de G. Crauk, de 1867 à 1876 :
Dupuytren, statue en bronze, pour Pierre-Buffière : Le buste du comte G. de Montalivet; Le Crépuscule, groupe pour le square de l'Observavatoire ;
Les décorations pour le théâtre de Compiègne ; La statue de J.-P. de Montalivet, pour la ville de Valence ;
Celle de l'intendant d'Etigny , pour Bagnères-de- Luchon ;
Celle du maréchal Niel, pour la ville de Muret;
Celle de Claude Bourgelat, pour Alfort;
Et quantité de bustes de personnages célèbres, œuvres qui lui faisaient apprécier cette belle fécondité qu'aucune faiblesse ou négligence n'altérèrent jamais.
La dernière visite de Dubosc à l'atelier de la rue de Yaugirard est consignée dans le volume, en 1876.