FIRMIN
FiRMiN qui, du théâtre de TOdéon, vint, vers les dernières années d'Armand , pour le seconder, était plus vif, plus chaud, plus vigoureux : il était bien comme cela pour la nouvelle école ; il lui eût manqué bien des choses pour la précédente. Pour celle-ci, les avantages extérieurs , certain air de distinction, acqi^is par l'éducation et Tusage du monde poli , ne pouvaient faire faute au jeune homme qui se produisait dans cet emploi. Les mœurs et manières des hautes classes avaient pénétré dans celles intermédiaires , et rélégance était le type avoué de la nation française avant que la révolution de 1789 eût fait de nous des Romains au temps de leur république. Firmin n'avait pas toutcela : sa petite taille , sa brusquerie , ses mouvemens impétueux, sa personne et toutes ses manières révélaient
une nature forte, maisrude; une intelligence prompte , mais sans les finesses de l'esprit et les délicatesses du goût. Je conviens que ces nuances , qui du bien font le nûeux , échappaient au public comme elles manquaient À Firmin ; les temps étaient changés : aussi était-il généralement goAté et applaudie
MIGHELOT.
Il faut placer plus haut , selon moi ^ facteur MiCHELOT. C'était un talent plus réfléchi , un jeune premier instruit « capable , raisonnant ses rôles , déployant sagement ses forces , et pourtant laissant à son âme assez d'essor et de carrière pour s'élever avec les situations , comme il le faisait voir dans le rôle de Polyeucte qui , dans la tragédie , était son triomphe.
Pour moi, j'aimais mieux Michelot dans
la comédie ; et il eut , dans an assez grand nombre d'ottvrages nouveaux, des créations remarquables qui le firent estimer des auteurs de ces pièces, mieux placés que tous autres pour juger l'intelligence du cornédien , et rendre à son talent la justice qui lui étrit due.
M. Michelot est professeur au Conservatoke, et je ne doute pas qu'avec l'habileté qui lui a valu cette distinction , il ne parvienne à former de bons acteurs , si des jeu* nés gens nés pour cet art sont confiés à ses soins.
Dans l'emploi des princesses et jeunes premières, j'ai vu de bien aimables femmes.
Dans la tragédie , les demoiselles Desgarcins, Sainval cadette, Vauhove, dame Petit, dame Talma, Yolnais, Bourgoin. Dans la comédie , et en même temps , les demoiselles Mars, Lange, Mézerai, Rose Dupuis.