‹ Soixante ans du Théâtre-FrançaiseChapitre 19 sur 33 · M"" DESGARCINS · texte numérisé non relu

M"" DESGARCINS

Je n'ai , de la demoiselle Dbsgar^hns , qu'un souvenir Uen légej^ : j'étais si jeune ! On la rappelle , on en parle quand on veut citer une actrice dont la voix était touchante , pleine d'accqns et de larmes ; dont rftme tendre se passionnait avec tant de vérité , de pudeur et de retenue, que ses malheurs remplissaient la salle d'une tristesse profonde. Pauvre AIzire , pauvre Zaïre , pauvre Inès , que vos amans sont violons et cruels ! Est-ce vous aimer comme vous devez être aimées , comme vous êtes nées pour l'être , que de vous aimer ainsi?

Oh ! non , disait-on de toutes parts : c'est pitié de voir les orages de la jalousie se déchaîner contre une fleur qui résisterait à peine a un souffle , à un soupir. Pauvre Iphigénie , quel père vous avez ! Pauvre veuve d'Hector, pourquoi ce fils de l'impî-

toyable Achille ne vous laisse-MI pas en paix joair de votre deuil et embrasser vo* trefils?

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