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Soldat du Christ, le général de Sonis [microforme]

Ceux qui parmi vous ont visité les pays d'Europe et de Ja vieille France, ont trouvé sans doute trop de merveilles qui ont captivé leurs regards et fixé leur admiration, pour songer à s'arrêter, ne fût-ce qu'entre deux trains, dans une modeste bourgade de 900 âmes, où rien n’attire en eftet, sinon de glo-

rieux souvenirs, Arrivés dans ce village de Loigny, ils auraient été conduits aussitôt À l’église paroissiale, récemment construite par les dons de la France catholique, et dédiée au Sacré-Cœur, Après la visite de l’église, ils seraient descendus dans la crypte, où sur une humble pierre ils auraient lu cette épitaphe : Zn spem vitæ, hic repositus est et requiescit Miles Christi. — Dans l'espoir de la vie éternelle, ici a été dépos! et repose le soldat du Christ.

Le général de Sonis avait dit un Jour à son fils Henri : Je veux être enterré comme un pauvre : pas de cérémonial, pas d’épitaphe, pas de tombe, Une simple pierre, et comme inscription : Miles Christi.

C'est cette figure de soldat de la France et de soldat du Christ qui aura les honneurs de notre soirée de charité. Pouvais-je choisir une figure plus attrayante, un caractère plus

loyal, une vie plus noblement remplie ? Et pour dire toute ma pensée, pouvais-je choisir, au milieu des tristesses dont souffre À l’heure actuelle tout bon Français et auxquelles compatit tout bon Canadien-français, une figure qui nous con<olât davantage, un caractère qui nous inspirât plus de confiance, une vie dont l’exemple nous fût une plus douce esp ”rance ? Non, le pays qui a suscité de pareils héroïsmes, ne saurait périr : non, la terre qui à eafanté de semblables géants, ne saurait se résoudre à ne prodaire que des nains, et le sang dont cette terre a été enivrée, restera, non-seulement pour lui tracer de glorieux sillons — mais surtout pour la vivifier et la rendre plus généreuse encore, quand se Ièvera sur elle l'aube tant désirée de la résurrection et de la liberté.

Soldat, le général de Sonis à possédé la vertu, sans laquelle l'esprit militaire ne saurait exister : la force, Cette

farce, il la puisa À sa véritable source : le devoir. Le mot

+ devoir, inscrit à la preinibre page du livre de sa vie, Sy retrouve partout, jusqu'au dernier feuillet de ce livre fermé aujourd'hui ; et comme on l'a dit de Bayard, ce modèle des preux, on peut dire de Sonis qu'il fut sans peur et sans repro-

ches,

La force militaire est faite d'énergie physique et sur-

tout d'énergie morale,

“ L'énergie de l’âme et de la volonté se transfuse, dit le P. Didon, jusque dans le corps qui devient capable de prodiges d'endurance, défiant le labeur et bravant la fatigue : le soldat à souvent le courage physique de la bôte de combat : il a toujours le courage impassible de l'Âme, Il est l'incarnation de la discipline : il Fimpose et il sait la subir. Deux vertus souveraines l’animent, l'enchaînent, l'ennoblissent : la justice et le sacrifice jusqu'à la mort, La jnstice, il ne vit que pour établir, défendre et propager son règne ; le sacrifice jusqu'à la mort. il est prêt À donner son sang au premier appel de la nation, A vrai dire, il réalise le dernier mot de la plus sainte des philosophies, la seule qui mérite d'être cultivée : il apprend tous les jours À mourir ! ”

Mais, nous l'avons dit, de Sonis fut le soldat du Christ. et à ce titre, il poss'da la vertu surnaturelle de la force chrétienne. Il est telle ct telle circonstance de sn à , où la force naturelle ne lui aurait pas suffi, et nous pouvons l’affirmer bien haut, s’il fut si grand et si généreux, ce fat moius par son courage natif que par sa force d'Âme surnaturelle, qui réalisa en lui le double effet auquel elle tend comme À sa fin. —aller de l’avant dans l’entreprise, et supporter sans défaillance l’adversité. Toute la vie, dont nous allons essayer de faire l’esquisse, se résume en ces deux mots : force pour entreprendre, force pour supporter.

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