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bon dont les vieilles femmes de Marseille arrosaient les soldats d'huile bouillante pour les rafraichir, mais comme on le voit par ce dernier détail, nous n’avons pas voulu nous laisser faire, et nous en avons été quittes pour ce qu’on appelle en anglais ‘‘a fancied partition of France.” En 1712, comme nous l’avons vu, les Impériaux étaient venus insulter notre frontière du Nord. Nous les reconduisîmes l’année suivante jusqu'aux gorges de la forêt noire. La triste guerre de sept ans nous a vait enlevé nos colonies, ruiné notre marine, abaïssé aux yeux du monde, et 1oins de vingt ans après, nous avions assuré l’indédance de ce peuple, aujourd’hui formidable, dont la bannière vient de franchir le Pacifique, et nous avions relevé l’honneur de notre pavillon, grâce à de grands hommes de mer comme le baïlli de Suffren qui comptait le nombre de ses victoires par le nombre des combats qu’il avait livrés aux Anglais. Sous la révolution et l'empire, seuls contre tous, nous ramenâmes jusqu'à Bruxelles, à Amsterdam, à Berlin, à Vienne, à Turin, à Rome, à Madrid ceux qui parlaient de nous démembrer, et si nous fûmes ramenés à notre tour, nous pouvons dire fièrement avec notre Alfred de Musset :
‘Combien, au jour de la curée
Etiez vous de corbeaux contre l’aigle expirant ”
Enfin, à la suite de 70 et en présence de la Commune, on nous crut bien finis, et voilà que nous avons reconstitué nos forces et conquis le deuxième empire colonial du monde. Si nos gouvernants comprennent leur devoir qui est d’armer la France et ses possessions de plus en plus, sans fracas, sans ostentation, sans coups de grosse caisse, mais sans relâche, je crois que nous pouvons attendre avec confiance ceux qui voudront nous attaquer. Si nous sommes le pays des révolutions, nous sommes aussi le pays des résurrections. Non, j'en atteste tous ces grands morts dont je vous ai retracé le souvenir, nos adversaires n’ont pas encore réussi à nous persuader de leur supériorité. Le pays de Jeanne d'Arc et de Napoléon peut être vaincu, maïs il ne saurait disparaître. Comme nos pères de 93, nous pouvons avoir nos chants de triomphe et dans tous les
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Cas, comme eux, nous saurons mourir. Nous serons invincibles + si, abjurant tout ce qui nous divise, nous savons graver dans
nos cœurs et comprendre dans toute sa profondeur et avec toute l'étendue et la signification qu’elle comporte, la noble devise de la Société des Vétérans : ‘ oublier, jamais !”