FH OO
aan
ces braves gens, qui ne sont plus que 150. Tous alors, après avoir tiré une dernière fois se précipitent sur la cavaler‘’e acharnée à les poursuivre, et avec leurs baïonnettes tuent des hommes et des chevaux, jusqu’à ce qu’enfin ils aient succombé dans ce dernier st sublime effort. Dévouement admirable et que rien n’a surpassé dans l’histoire des siècles.”
Si le temps me le permettait, que de choses je pourrais puiser dans cette belle histoire de la conquête de l’ Algérie, que de brillants combats, que d’épisodes intéressants depuis la prise d’Alger en 1830 jusqu’à celle de Laghouat en 1852 et la conquête de la grande Kabylie en 1857. De la prise d’Alger, je ne retiens qne le joli mot du général La Hitte. Le dey d’Alger, voyant le fort de l’ Empereur pris par nous, avait envoyé comme négociateurs deux des Maures les plus importants de la ville, mais les négociations n’empêchaient pas l'artillerie de la Kasbah, encore au pouvoir des Turcs, et la nôtre, d'échanger des boulets. ‘* A chaque détonation,”” nous dit Camille Rousset dans son histoire de la conquête d’ Alger, ‘les négociateurs Maures, visiblement émus, s’efforçaient néanmoins de faire bonne contenance, mais un certain boulet, ayant sifflé de plus près à leurs oreilles, l’un deux plia tellement les épaules que le généro! La Hitte, le saisissant tout à coup par le bras, lui dit en riant : ‘Eh! parbleu ; monsieur, de quoi vous inquiétez-vous ? Cela ne vous regarde pas ; ce n’est pas sur vous que l’on tire.” Le geste et le mot, bien français, firent fortune, ils méritaient de devenir légendaires.
La tentation serait grande aussi de vous parler des guerres de Crimée et d'Italie. Ici nous touchons à notre propre époque, et si nous n2 sommes pas assez vieux en général pour y avoir pris part airectement, le souvenir de ces glorieuses campagnes à hanté notre enfance. Mon aîné qui, Dieu merci, vit encore paisiblement à Paris, datait ses galons de caporal de Solférino, où son régiment, le 37e de ligne, contribua à la prise du village de ce nom. Je pense encore avec attendrissement à ma défunte mère, versant des larmes à la nouvelle de chaque
cs Bis
combat, à l'idée des dangers que courait un de ses fils, et je me remémore la joie que nous autres, polissons des collèges et des lycées, nous éprouvâmes en voyant nos grandes vacances allongées de huit jours, sans penser que des milliers de Français nous les avaient achetés de leur sang. Mais le temps me talonne, J’en ai déjà dit assez pour épuiser votre bienveillante attention et il ne me reste plus que quelques instants pour parler de l’année terrible, celle qui vit sombrer notre gloire militaire et pour beaucoup nos espérances de jeunesse, celle qui a plané et plane encore tragique sur notre génération.
Même dans cette année funeste qui vit l'effondrement momentané de notre puissance, au travers des noms trop nombreux qui nous rappellent la défaite, quelques-nns comme Coulmiers, Villersexel, Belfort, jettent un éclair fugitif de victoire. D’autres, bien que non couronnés d’un succès impossible dans les circonstances, par le souvenir de l’héroïque résistance des nôtres contre des forces bien supérieures, apportent à notre cœur comme un réconfort, comme une garantie que les vertus qui nous ont faits grands jadis existent encore au milieu de nous, et mieux dirigées, sauront nous reconquérir un jour, dans son intégralité, la considération et le respect du monde que nos succès coloniaux n’ont pas encore complètement ramenés. Deux de ces noms sont Binas et Chateaudun.
Le premier de ces combats fut ‘vré le 26 Octobre 1870 par les francs-tireurs attachés au 16e corps, au moment où l’armée française était en mouvement sur Orléans, ‘‘ Ce jour-là, ”? nous dit le général Pourcet dans son récit de la campagne sur la Loire, ‘les Bavarois dirigèrent sur Binas une colonne composée de 200 cavaliers, 200 fantassins et 2 pièces de canon; ce peste était défendu par 88 francs-tireurs de Saint-Denis de la compagnie Liénard qui préférèrent mourir que de se rendre. Ces braves vendirent chèrement leur vie ; embusqués, tirant à coup sûr et à petite distance, ils épuisèrent toutes leurs cartouches.
Armés de carabines sans baïonnette, ils s’èn servaient comme de massues, assommant tous ceux qui s’'aventuraient trop près. Ils durent succomber sous le nombre et lorsque le reste de la
compagnie accourut à leur secours, un seul de ces braves n'était pas blessé : le soir de ce combat, sur 38 hommes, 14 étaient morts ! quant aux Allemands, ils comptaient 137 tués dont un colonel et un grand nombre de blessés.” Que dire après un récit pareil, Si l'effort dans la défense du pays eût été partout seulement la moitié de ce qu’il fut à Binas, la terre de France aurait dévoré tous les Allemands, quelque nombreux qu'ils pussent être, Après avoir entendu ce qui précède, nous pouvons répéter avec tristesse, mais aussi avec fierté, les beaux vers de Déroulède :
J'ai vu des régiments, aux jours de défaillance,
Se porter en avant et se dévouer seuls,
Pour qu'on pût dire au moins, en parlant de la France,
Que ses drapeaux étaient encore de fiers linceuls !
Quant au combat de Chateaudun, il est pour moi un souvenir de famille, car un de mes frères, mort maintenant, alors ca pitaine aux francs-tireurs de Paris, s’y distingua tellement qu’il fut nommé à l’ordre du jour à la suite de ce combat. Le bataillon des francs-tireurs de Paris, commandé par un Français d’origine polonaise, le commandant Lipowski, constituait la force principale de notre côté. C’est de ce bataillon que le général d’Aurelle de Paladines dans son ouvrage, ‘‘ La première armée de la Loire, ” dit : ‘ Sous un chef intelligent et d'une bravoure incontestée, il eut nombre d’expéditions heureuses et rendit de réels services.” Dès le 8 Octobre, il avait surpris à Ablis un escadron de hussards prussiens et l'avait presque anéanti. Mon frère dirigeait l'expédition. Il avait réquisitionné des charettes, de manière à ne pas trop fatiguer ses deux compagnies, et était arrivé denuit à Ablis. Les Allemands avaient fait bombance et ne s’attendaient pas dun tout à être attaqués. Nos gens en trouvèrent deux en état complet d'ivresse. L'un était étendu sur le dos, l’autre qui pouvait se tenir encore un peu, à cheval sur son camarade, lui ingurgitait de la gelée de groseille dans la bouche. La baïonnette mit fiin à sesébats ainsi qu’à ceux de presque tons ses compagnons. Les Prussiens se vengèrent de cet échec comme à l’ordinaire.
Ils revinrent en force dans le village, deux jours après, quand les francs-tireurs l’avaient quitté depuis bien des heures, et le brûlèrent,
A Chateaudun, aux 709 tirailleurs de Lipowski s'étaient ajoutés 165 francs-tireurs de Nantes, de Cannes et d’indre et Loire, et 435 gardes nationaux de Chateaudun, commandés par M. de Testanière, en tout 1,303 hommes, comme on voit, qui furent attaqués le 18 Octobre par une division prussienne de 12,000 hommes avec 30 pièces de canons. Nos gens s'étaient postés dans les maisons et avaient construit des barricades, de manière à pouvoir arrêter l’ennemi le plus longtemps possible, Lorsque le bataillon s'était formé, les volontaires qui le composaient, virent arriver avec surprise un bonhomme qui avait la soixantaine, mais qui était encore très vert, un vieux Normand à la figure placide, mais au menton carré, le père Bureau. Naturellement nos jeunes gens le blaguèrent un peu et lui dirent avec une franchise toute militaire qu’il aurait bien mieux fait, à son âge, de rester chez lui. Le vieillard laissa dire et s’enrôla. Il n'avait jamais servi, mais avait juré, si jamais la France avait la guerre avec la Prusse, de se battre contre les Prussiens qui avaient lâchement massacré son grand-père en 1815, dans une rixe de cabaret. A Chateaudun il se trouvait avec mon frère et un certain nomb'e« de francs-tireurs dans une chambre d’une des maisons qui étaient à l’entrée de la rue par laquelle les Allemands pouvaient pénétrer dans la ville. Ils essaient de mettre une pièce en batterie pour enfiler cette rue dans toute sa longueur. Le père Bureau dit alors tranquillement aux camarades : ‘‘ Chargez-moi des armes et laissez-moi tirer,’ et alors ceux qui étaient là assistèrent à un de ces spectacles saisissants qui mettent toute notre âme dans nos yeux, et sans plus songer à tirer eux-mêmes, ils regardèrent faire le bonhomme. Du premier coup il abat un artilleur prussien qui s’avançait pour mettre le feu à la pièce, il en abat un deuxième, il en abat un troisième et ainsi de suite, et à chiaque Prussien qui tombe, il dit comme en lui-même: ‘‘ En voiià encore un pour le grand père.’ Les Allemands, voyant qu’il
tie”
— mt”
leur était impossible de tirer, firent retirer leur pièce. Le père Bureau n'avait pas dit en arrivant qu'il était un tireur infaillible, une espèce de Bas-de-Cuir civilisé (on ne parlait pas encore des Boers à cette époque). Il est superflu, je pense, de vous dire qu’on ne le blagua plus et qu’on ne lui demanda plus ce qu’il était venn faire à l'armée. La lutte dura depuis midi jusqu’à dix heures du soir.’ Refoulés dans la ville, nous dit le général Thoumas, ‘les défenseurs se battirent corps à corps dans les rues, et à la lueur des incendies allumés par les obus allemands, ils purent se retirer, sans être poursuivis, laissant les Prussiens tirer dans l'obscurité les uns contre les autres.” Ils avaient mis hors de combat, tant en blessés qu'en tués, un nombre d'ennemis plus considérable que leur propre effectif. Les Allemands ont voulu établir qne le feu qui consuma une grande partie de la ville avait été causé par l'artillerie, mais le colonel Canonge affirme que sur 235 maisons complètement détruites par l'incendie, 12 l’ont été par les projectiles et 193 ont été brûlées à la main avec la pétrole,
Entre autres exploits, les francs-tireurs de Lipowski enlevaient le 16 Novembre, dans le village de Viabon, la correspondance du priuce Albert de Prusse et les ordres de mouvements de l’armée allemande ; le prince lui-même n'échappait que par miracle. Le 29, ils défendaient héroïquement le pont de la Courie, à Varize, Plus tard, à Alençon, le colonel Lipowski, avec 2,000 francs-tireurs, 8 pièces de campagne et deux escadrons de cavalerie, repoussa victorieusement une colonne alllemande, en lui infligeant une perte äe 8 à 900 hommes.
Nommé général au titre auxiliaire, en même temps que Charette et Cathelineau, Lipowski fut, à la paix, rendu à la vie privée comme eux. Nos absurdes lois militaires ne permettaient pas de leur conserver leurs grades. Si nos pères de la révolution s’y étaient pris de la même mänière, ils n'auraient certainement pas vaincu l’Europe. Ajoutons, pour en finir avec le bataillon des francs-tireurs de Paris, qu’une reconnais: sance envoyée le matin du 9 Novembre, par le général de cavalerie Reyau, dont l'incapacité empêcha la bataille de Coulmiers
su OÙ ds
d’être un succès décisif, prit nos francs-tireurs pour une troupe
allemande. Reyau qui aurait dû s'assurer de la chose se replia a sur les positions qu'il avait quittées le matin, au lieu de prononcer notre mouvement sur notre gauche, ainsi qu'il en avait reçu l’ordre de Chanzy, chef du 16e corps, mouvement en vertu duquel il aurait été à portée de poursuivre avec sa cavalerie “4 les Bavaroïs battant en retraite dans de mauvais chemins et démoralisés, ce qui aurait changé pour eux en un vrai désastre
ce qui ne fut qu’une défaite. Le lendemain, l'amiral J'auréguiberry, ayant lancé à la poursuite des Bavaroiïs le peu de cavalerio qu’il avait pour son escorte, avec son chef d’étatmajor, le colonel Lambilly, cette cavalerie atteignit un convoi allemand, lui prit 2 pièces d'artillerie attelées, 25 caissons de munitions, 30 voitures de bagages, plus un certain nombre de prisonniers.
Quant au père Bureau, bien des années après la guerre, il a fini paisiblement ses jours en Normandie où il voulait absolument faire venir mon frère qu’il avait pris en grands affection et qu’il voulait, mordicus, marier à une Normande, en quoi il ne réussit pas, mon aîné ayant déjà, en bon Alsacien, trouvé son Alsacienne.
Je ne vous ai parlé que des francs-tireurs de Saint-Denis et de Paris, mais il en est d’autres qui ont rendu des services importants, surtout ceux de Cathelineau à l’arméede la Loire, les éclaireurs de Franchetti à Paris et les chasseurs des Vosges du capitaine Coumès. Ils ont tous fait voir ce qu’on aurait pu faire, si l’on avait su donner une meilleure direction à des efforts trop éparpillés, pour qu’ils aient pu avoir une grande influence sur les événements. La lecture de notre histoire militaire m’a convaincu que nous sommes, parmi les grandes nations, une de celles qui ont le plus gaspillé de forces qui auraient parfois assuré notre triomphe. Il y aurait un livre instructif à faire pour nous, triste à lire, il est vrai, mais qui nous serait salutaire, un livre qu’on pourrait intituler; forces perdues.
M ce
Mais comme le dit le commandant Rousset dans son histoire de la guerre franco-allemande. ‘Que dire de tous ces braves gens, inconnus pour la plupart qui, pour servir leur pays, se faisaient espions, coureurs de bois et de grandes routes, et dans le seul but d’arrèter un cavalier allemand ou d'arrêter une reconnaissance, risquaient mille fois leur liberté, leur vie, le pain et l’avenir de leurs enfants? Que dire de ces vaillants, courbés par l’âge, qui prenaient encore un fusil, comme le marquis de Coriolis, comme M. de Marnas, comme M. de Bouillé et le marquis de Coislin, frappés sur le champ de bataille en mêlant leur sang à celui d'enfants de vingt ans. Que dire enfin de ces paysans, de ces ouvriers, fils du peuple et généreux comme lui, qui payèrent de leur vie leurs actes prémédités de sacrifice et regardèrent sans faiblir les douze fusils du peleton d'exécution. C’est Debergue, le jardinier de Bougival, qui coupa cinq fois avec son sécateur les fils télégraphiques, reliant le poste de la Jonchère au quartier général de Beauregard et qui, grâcié de la vie s’il voulait promettre de ne pas recommencer, refusa fièrement ‘‘ parcequ’il était français.” C’est Jean Baptiste Gardon et Jean Nicolas Martin, deux ouvriers qui combattirent avec nos soldats dans la sortie de la Malmaison, et qui, traduits pour ces faits devant une cour martiale, firent au président cette admirable réponse: ‘Tout citoyen a bien le droit de défendre son pays.” Les deux braves furent passés par les armes à l’endroit même où Debergue était tombé un mois auparavant. C’est Dubois qui, voyant l’ennemi entrer dans sa ville natale, à Epinal, prend un fusil, malgré les supplications des siens, s’agenouille au milieu de la rue, abat deux cavaliers prussiens, puis, sûr du sort qui l'attend, reçoit stoïquement la mort ..... ...c'est Mme Dodu, cette courageuse directrice de postes, qui risque cent fois sa vie en interceptant les correspondances ennemies ; c’est Melle Lix, receveuse de postes à Lamarche qui s’enrôla dans les francs-tireurs des Vosges et combattit à Nompatelize avec eux ; c’est le sergent Hoff, un Alsacien dont les exploits pendant le siège de Paris ont été contés cent fois, au point de devenir légendaires (il avait tué 27
allemands dans divers combats individuels) ; c'est Melle Maria Clément née Biard, encore une receveuse des postes qui, pendant plus de deux mois, fit seule, et au refus de certains hommes, le service de la correspondance, marchant la nuit sous un déguisement dans la campagne couverte de neige, ou se cachant de longues heures dans les bois, immobile et grelottante, pour laisser passer une patrouille qui la guettait! c’est Charles Gonmibault, sergent au 1er zouaves qui, prisonnier de guerre et brutalisé un jour par un sous officier allemand, bondit sous l’outrage, riposta par un coup de poing et mourut sous les balles bavaroiïses, à 22 ans, en disant aux 6000 soldats français amenés de force à son supplice : Camarades, je vais mourir ! crions tous : Vive la France ! ”
Et c’est en face de ces figures rayonnantes de patriotisme et d'énergie qui appartiennent à notre génération et que nous aurions pu connaître, que nos ennemis et nos envieux ont pu se figurer, à propos d'événements récents, que la France était finie. Est-ce par ignorance de notre histoire, ou parcequ’ils la connaissent trop bien, qu'ils ont débité les calomnies et les inepties qu’on sait contre notre armée. Ce doit être cette dernière raison qui les aura rendus encore plus injustes, plus haineux et plus menteurs que d'habitude. Ah ! sans doute, ik leur serait bien agréable de pouvoir désorganiser, en ne versant que de l'encre, ce redoutable instrument de combat qu’on appelle l'armée française, gage de notre sécurité et de notre indépendance nationale et que nos socialistes voud'aient remplacer par des milices sans cohésion et sans instruction militaire. Je ne demande pas mieux que de croire qu'il viendra un jour où tous les hommes, anthropophages compris, verseront des larmes de tendresse en s’embrassant et chanteront en chœur:
‘4 Les peuples sont pour nous des frères (bis)
et les punaises des ennemis.”
Mais en attendant ce jour béni qui me parait très aléatoire et qui, dans tous les cas, ne sera connu que de nos arrière-neveux, je vois toutes les nations qui nous environnent se hérisser de baïonnettes, de canons perfectionnés, et chercher des explo-
re Leer O-
EP
sifs plus effroyables les uns que les autres. La lutte terrible engagée dans ce moment même sur les plateaux lointains de l'Afrique Australe nous fait voir que la paix n’est qu'un rêve, le plus funeste de tous les rêves pour ceux qui le prennent au sérieux. Elle fait voir aussi qu’il y a des nations qui auraient beaucoup mieux fait de s'occuper un peu plus de leurs propres affaires et moins des nôtres, mais en outre, qu'elle qu’en soit l'issue, elle est pour nous üne leçon et un exemple. Même en tenant compte des circonstances favorables au plus faible des deux belligérants comme la distance, une tactique spéciale, une connaissance approfondie du pays, une grande justesse de tir, nous avons devant nous le saisissant spectacle d'un petit groupe d'hommes supportant l’effort de la nation qui se considère comme la plus puissante de la terre. Nous voyons ainsi ce que peuvent la volonté et le patriotisme avec des ressources, en somme, assez minimes. Certes, la forfanterie n’est plus de mise aujourd’hui, Les luttes entre nations sont trop sérieuses, ont une portée trop grave pour un avenir qui peut être définitif à ce moment du partage général du globe, tel qu’il se pratique sous nos yeux, pour qu'on les envisage d’un cœur léger et d’un esprit inconscient, mais il ne faut pas non plus exagérer les choses. On ne supprime pas un grand peuple comme un escamoteur le fait d’une noix de muscade dans un tour de passepasse. Avec les forces éncrmes dont nous disposons, je crois que nous pouvons envisager l’aveniravecconfiance. Notre histoire nous y convie. Deux fois dans la seule guerre de cent ans, à une époque où la France était divisée, où une partie de ses enfants se trouvait dans les rangs ennemis, deux fois, dis-je on l’a crue au tombeau, et comme Lazare, elle est sortie triomphante des bras de la mort. Au 16e siècle, Charles-Quint, le grand empereur,nous envahit par le sud et le nordet c'est nous qui, quelques années après son abdication, nous payions à même des tranches de cet énorme gâteau qu'on appelait l'Empire d'Allemagne. Dès ce temps, on se partageait la France en imagination entre Allemands, Angla's, Espagnols et traîtres d2 notre propre patrie, comme cet abominable connétable de Bour--
GA AIR! A } . mi th + (2 Fa Q'u \ «An 1 à AH :
r n { k ; fr FH ?