‹ Soldats de France [microforme]Chapitre 10 sur 20 · RME À HER · texte numérisé non relu

RME À HER

sifs plus effroyables les uns que les autres. La lutte terrible engagée dans ce moment même sur les plateaux lointains de l’ Afrique Australe nous fait voir que la paix n’est qu’un rêve, le plus funeste de tous les rêves pour ceux qui le prennent au sérieux. Elle fait voir aussi qu’il y a des nations qui auraient beaucoup mieux fait de s'occuper un peu plus de leurs propres affaires et moins des nôtres, mais en outre, qu'elle qu’en soit l'issue, elle est pour nous une leçon et un exemple. Même en tenant compte des circonstances favorables au plus faible des deux belligérants comme la distance, une tactique spéciale, une connaissance approfondie du pays, une grande justesse de tir, nous avons devant nous lesaisissant spectacle d’un petit groupe d'hommes supportant l'effort de la nation qui se considère comme la plus puissante de la terre. Nous voyons ainsi ce qne peuvent la volonté et le patriotisme avec des ressources, en somme, assez minimes. Certes, la forfanterie n’est plus de mise aujourd’hui. Les luttes entre uations sont trcp sérieuses, ont une portée trop grave pour un avenir qui peut être définitif à ce moment du partage général du globe, tel ou’il se pratique sous nos yeux, pour qu’on les envisage d’un rœur léger et d’un esprit inconscient, mais il ne faut pas non plus exagérer les choses, On ne supprime pas un grand peuple comme un escamoteur le fait d’une noix de muscade dans un tour de passepasse. Avec les forces énormes dont nous disposons, :e crois que nous pouvons envisager l'avenir avecconfiance. Notre histoire nous y convie. Deux fois dans la seule guerre de cent ans,

à une époque où la France était divisée, où une partie de ses enfants se trouvait dans les rangs ennemis, deux fois, dis-je on l’a crue au tombeau, et comme Lazare, elle est sortie triomphante des bras de la mort. Au 16e siècle, Charles-Quint, le

grand empereur,nous envahit par le sud et le nordet c’est nous

qui, quelques années après son abdication, nous payions à même

des tranches de cet énorme gâteau qu’on appelait l Empire

d'Allemagne. Dès ce temps, on se partageait la France en ima-

gination entre Allémands, Angla's, Espagnols et traîtres de

notre propre patrie, comme cet abominable connétable de Bour-

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bon dont les vieilles femmes de Marseille arrosaient les soldats d'huile bouillante pour les rafraichir, mais comme on le voit par ce dernier détail, nous n’avons pas voulu nous laisser faire, et nous en avons été quittes pour ce qu’on appelle en anglais | ‘‘a fancied partition of France.” En 1712, comme nous l'avons vu, les Impériaux étaient venus insulter notre frontière du f | Il! Nord. Nous les reconduisîmes l’année suivante jusqu'aux gorfl | 1! ges de la forêt noire. La triste guerre de sept ans nous a vait || 111 enlevé nos colonies, ruiné notre marine, abaissé aux yeux du | monde, et moins de vingt ans après, nous avions assuré l’indé- | | dance de ce peuple, aujourd’hui formidable, dont la bannière | vient de franchir le Pacifique, et nous avions relevé l’honneu de notre pavillon, grâce à de grands hommes de mer comme le baiïlli de Suffren qui comptait le nombre de ses victoires par le il nombre des combats qu’il avait livrés aux Anglais. Sous la révolution et l'empire, seuls contre tous, nous ramenâmes jus- |} qu’à Bruxelles, à Amsterdam, à Berlin, à Vienne, à Turin, à Al Rome, à Madrid ceux qui parlaient de nous démembrer, et si |! A1/1 nous fâmes ramenés à notre tour, nous pouvons dire fièrement 1111 avec notre Alfred de Musset :

li ‘Combien, au jour de la curée | Etiez vous de corbeaux contre l’aigle expirant ”?

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Enfin, à la suite de 70 et en présence de la Commune, on nous crut bien finis, et voilà que nous avons reconstitué nos forces et conquis le deuxième empire colonial du monde. Si nos gouvernants comprennent leur devoir qui est d’armer la France et ses possessions de plus en plus, sans fracas, sans | osteniation, sans coups de grosse caisse, mais sans relâche, je | crois que nous pouvons attendre avec confiance ceux qui vou- |! dront nous attaquer. Si nous sommes le pays des révolutions, {nt} nous sommes aussi le pays des résurrections. Non, j'en atteste (| (l tous ces grands morts dont je vous ai retracé le souvenir, nos adversaires n’ont pas encore réussi à nous persuader de leur supériorité. Le pays de Jeanne d'Arc et de Napoléon peut être vaincu, mais il ne saurait disparaître. Comme nos pères de all 93, nous pouvons avoir nos chants de triomphe et dans tous les

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s mourir. Nous serons invincibles divise, nous savons graver dans ans toute sa profondeur et avec

qu'elle comporte, la noble ‘oublier, jamais !”?

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