LA FRESQUE DE SAINT-AQUILIN
Nous ajouterons ici deux notes qui ne pouvaient trouver place dans le corps du chapitre précédent. La première concerne une fresque, aujourd’hui détruite, qui ornait la chapelle du cimetière paroissial, dite de Saint- Aquilin. La seconde traite sommairement des questions soulevées par la statue de Geoffroy.
Nous n’avons pas à faire ici des recherches archéologiques sur la chapelle de saint Aquilin, sur son culte et son iconographie, toutes choses complètement étrangères à l’étude de notre église et de nos saints. Nous voulons seulement conserver, pour ceux que ces points intéressent, une peinture curieuse qui n’existe plus. 11 est inutile de la décrire, puisque nous en donnons une reproduction authentique. Quelques mots suffisent à résumer ce que nous savons de sa destinée.
Le culte de saint Aquilin, évêque et confesseur, semble assez ancien dans le pays. Il est possible que la chapelle dédiée sous son vocable, dans le cimetière de la paroisse, remonte à une certaine antiquité; son plan et quelques parties de ses murs rappellent les oratoires du xiie siècle, mais tout cela a été si « restauré », qu’un examen sérieux est impossible. Ce qui est certain, c’est qu’en 1659, époque dangereuse pour une restauration, l’édifice fut remis en état et rendu au culte par les soins de dom Houeau ou Hoyau, sous-prieur et aumônier. On peut croire qu’avant cette date il était plus que délabré, car une bénédiction nouvelle et une réconciliation étaient nécessaires. Il y fut procédé dans les formes, comme on le voit par la pièce suivante, que nous donnons d’après le Cartulaire de la Couture et de Solesmes, avec les notes de dom Rigault. ( Cartul pièce ccccxc.)
« Aujourd’hui 24 juin 1659, avant midi, devant nous Eustache Dolbeau, licencié en droit, notaire et tabellion au « Maine, établi et résidant en la ville de Sablé, ven. et discr. fr. Jean Houeau, prestre relig. soubsprieur et aubmosnier « au prieuré conventuel de Solesmes, a mis ès mains du vén. et discret Me Louis Théard, prestre docteur en Th., « curé de l’église paroissiale N.-D. de Sablé, la commission a lui adressante par monsieur Le Meusnier grand vie. de « Mgr le Révérendissime év. du Mans, pour bénir et réconcilier une chapelle sise dans le grand cimetière de la paroisse « N.-D. de Solesmes réédifiée et réparée par ledit sieur Houeau à l’honneur et gloire de Dieu et de saint Aqueslin « év. d’Évreux, patron de ladite chapelle; au moyen de quoi ledit sieur Théard curé, accompagné dudit sieur sous- « prieur et de frère Michel Trottier sacriste, René de la Taillais chapelain de Sainte-Croix, Mathurin Chaplain infirmier, « prieur de Poillé, religieux demeurant audit prieuré, et encore assisté de vén. et dise. Me Eustache Guiard prestre et « chapellain de Saint-Sauveur et Me François Aubry, prestre sacriste de l’église paroissiale dudit" Solesmes et autres « soussignés, s’est transporté processionnellement en ladite chapelle S* Aqueslin, où, après avoir fait les solennités « requises pour la bénédiction et la réconciliation de la chapelle, il a solennellement célébré la messe en icelle chapelle, « et ce en l’absence de discret M° Christophe Chevallier, prêtre curé dudit Solesmes; dont nous avons fait et dressé « le présent acte jjour servir ce que de raison.
« Fait en la maison dudit sieur Houeau, bienfaiteur et second fondateur, en présence de noble Nicolas Facenet, « procureur de M. le prieur dudit Solesmes(i), M° Louis Chantelou, fermier général dudit prieuré de Solesmes (2) « et autres témoins requis et soussignés en la minute des présentes : F. Jean Horeau, — L. Théard, — M. Trottier, « — René de la Taillais, — F. M. Chapellain, — E. Guyard, — Aubry, — Nicolas Facenet, — L. Chantelou, — « Roullet, tous présents avec nous notaire royal susdit et soussigné. Pour copie, Dolbeau. »
( Copie sur papier. Archives de l’abbaye de Solesmes .)
(1) Gabriel de Sourcheâ.
(2) Dom Claude Chantelou était né à Vion, près de Solesmes, en 1617. <11 était fils de Louis Chantelou, maréchal, & de Madelaine Robeau ; eUl deux freres' Jean Chantelou, prêtre principal du collège de Parcé, & Louis, fermier du prieuré de Souléme, père de Jean, sieur des Tuilleries,
avocat célébré de la Flèche. » (Ménage, Hist. de Sablé, t. U, p. 132.)