‹ SolidaritéChapitre 21 sur 28 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Enfin nous avons rempli la tâche que nous nous étions imposée ; nous avons présenté la conception dans son ensemble , nous avons parlé non - seulement de ce que Fourier propose, mais encore de ce qu'il prévoit pour l'avenir ; nous avons abordé toutes les questions, depuis la réforme de la commune, jusqu'aux modifications que le temps doit apporter dans les mœurs jusqu'aux calculs cosmogoniques et analogiques : nous avons tout dit.

Nous avons tout dit : nous avons fait connaître ce

que nous savons , ce que nous croyons , ce que nous désirons, pour tous noi frères comme pour nous : nous avons montré notre foi , notre espérance et notre charité!

Le bon et le beau , la raison et le merveilleux , la logique et la poésie ne sont -ils pas unis et confondus dans la création telle que Fourier nous la révèle (0? La destinée de Thomme, ^insi comprise, ne satisfaitelle pas harmonieusement tout ce qui est dans ses sens, dans son esprit et dans son cœur ? N'offre-trelle pas un large développement à toute grande pensée , à toute tendance généreuse, à tout noble sentiment? Dieu n'apparaît-il pas, au sommet de la création, dans toute la splendeur de sa majesté infinie, recelant tous les êtres dans son sein, et formant avec eux un immense concert de bonheur et d'amour?

Que proposent, qui n'ait été essayé mille fois et sans succès contre les douleurs de la société, ces hommes qui voudraient étouffer notre voix sous leur anathëme? Que veulent, à celte imposante conception, ces tristes bouffons qui, de chaque grande pensée contre laquelle ils se sont heurtés, n'ont su extraire qu'un quolibet? Que ceux-ci montrent le point de la doctrine dont on peut rire! Que ceux-là indiquent la partie dont il faut «indigner !

Ils cher<^heraien<t vainenientc, et- lat doctiûqe.CQmpr terait bienpeu d'adi^ersaire^, si tous:songeaîeni'à:.apr profond^r uqe idée av^ant^ de< la>r<epoi|ssef, st. l'on ne. frappait^j^mais^ sans savoir, si l'on étudiait pour^con^ naître et^ non- poiir découvrir quelques frs^meiyts die

(i) Nons n'attachons au mot révéler ancun sens mystique pu extranaturel. Nous l'employons CQopme nous l'aurions employé dans cette phrase : NewUm a révélé les lùisdumowementdes cerps cékstes.

POSTFACE. 26r

phrases à citer à Tappui d'une critique irréfléchie. Une simplle lecture de cet ouvrage fera sentir combien sont mérités' Jes repuoches? qiw nous^ adressons à ces hommes qui n'ont fait aucun eflbrf pour ndos' cotn*prendre, et qui cependant prétendent nous juger.

Les accusations qu'ils portent contre nous peuvent se résumer en trois points principaux ;

1*». La doctrine est dangereuse pour l'ordre.

2^. La doctrine eàt iittuiorale.

3^. La doctrine est in^ie.

1*^. La doctrine est diimgereuêe pour tordre.

Nos sociétés sont divisées en partis dont les vœux semblent inconciliables , dô sorte que chacun d'eux , pour triompher, doit désirer la compression et 1^ ruine des partis opposés.

Nos sociétés sont composées de classes qui veulent conserver ce qu'elles ont, et de classes qui veulent obtenir ce qu'elles n'ont pas : les^ premières pensant qu'elles ne peuvent accorder sans perdre, les secondes- qu?elles ne peuvent gagner sans prendre.

L'école pbalanstérienne se présente seule mec une parole de paix, puisque seule elle reconnaît la légitimité de tous les vœux, et off<-e un projet capable de les satisfaire tous à la fois.

Elle dit aux classes supérieures que lés biens qu'elles (Mit, que les avantages qu'elles possèdent leur appartiennent eu toute légitimité, qu'il y aurait crime à les dépouiller de 1* moindre parcelle. Mais elle ajoute qu'à côté de ce droit, il s'élève un droit non moins sacré, le droit de vivre que réclame le prolétaire, droit menaçant pour le riche et pour l'ordre social', tant qu'il ne sera pas reconnu et satisfait.

Elle dit aux classes inférieures qu'elles auraient à

souffrir encore plus , si elles dépouillaient les classes plus heureuses, puisqu'ainsi elles appauvriraient les riches, sans enrichir sensiblement les pauvres ; de sorte que, tous étant misérablement occupés à se défendre contre la faim , les sciences, les arts, la haute industrie seraient abandonnés, et l'humanité rétrograderait vers» la barbarie.

Elle prouve que le mal vient du mauvais emploi de la force humaine, qui s'use infructueusement, en s'opposant à elle-même, dans les guerres, dans les luttes de rhomme contre Thomme.

Elle propose un plan d'organisation du travail , qui faisant converger tous les efforts, pour extraire du globe , inépuisable réservoir , une plus grande somme àe biens et d'éléments de bonheur, permettrait de donner largement à tous, de donner à ceux qui n'ont pas, en donnant encore à ceux qui ont.

Enfin l'école démontre cpie les masses n'ont aucun intérêt aux irritantes questions de la politique, que la forme du gouvernement les touche fort peu, que leur sort dépend exclusivement de la réforme de la commune, réforme d'autant plus inoffensive qu'elle doit être essayée sur une échelle assez réduite, pour que l'insuccès même ne puisse compromettre aucun intérêt sérieux.

Comment ces pacifiques idées seraient-elles da)Qgereuses pour l'ordre? Quel sentin^entppxirrait pousser au désordre celui qui sait, parce qu'il nous a compris, qu'aucun bien ne peut sortir d'un mouvement subver^ sif, d^une perturbation révolutionnaire?

^°. La doctrine est immorale:

L'école propose d'organiser le travail : cette propçrsjition ne peut donner lieu à une accusation d'immorali té^

PÔI^TPACÈ. 269

Mais Fécole est accusée , parce que Fourier a exprimé une pensée évidemment juste, parce qu'il a écrit que, tout étant lié dans le mouvement social, les mœurs des sociétés de l'avenir ne ressembleraient pas aux mœfurs de la civilisation, pas plus que les mœurs de la èivilisation ne ressemblent aux mœurs barbares , patriarcales ou sauvages.

Nous avons répondu : si lés prévisions de Foorier déplaisent, il nous importe assez pett qu'on les rejette-, cela ne touche en rien au projet dont nous poursuivons la réalisation. Puis abordant la question directement, nous avons fait sentir que le mot vertu serait vide de sens , si la vdrtu ne se mesurait pas au bien qu'elle apporte à l'humanité. Toute la question est là : si l'on ne définit pas la vertu , on reste dans un vague où il est impossible de s'entendre-, si l'on définit, on est forcé de le faire dans les termes mêmes que nous employons.

Quelques-uns croient définir en disant : le bien est ce que Dieu ordonne; le mal est ce que Dieu défend. Ils font ainsi une pétition de principes, et non pas une définition. Qu'ils ajoutent : Dieu a voulu que le bien fût utile et le mal nuisible , et nous serons d'accord avec eux. Mais s'ils admettent que Dieu peut commander arbitrairement, peut, par fantaisie, ordonner aujourd'hui ce qu'il réprouvait hier-, s'ils prétendent, par exemple, qu'après avoir dit à l'homme : Tu ne tueras point, Dieu a voulu qu'un père immolât son fils innocent, nous le nierons, quand toutes les traditions, tous les Conciles, tous les Papes se réuniraient contre nous, parce que nous croyons en Dieu, plus encore que nous ne croyons aux Papes, aux Conciles et aux traditions, en Dieu qui a mis dans notre cœur un sentiment du juste, un bon sentiment par lequel nous nous sou-

lèverions centre Im^méme, s'il Gommandail ud parricide, s'il enjoignait cm fils 4e violer sa oiëre, au frère de manger sa soeur, suppositions monstrueuses à un égal degré.

En ordonnant aux créatures, toujou&s dans l'intérêt i>fi8 CRÉATURES, Dieu Satinait pleinenneot la raison qu'il nous a donnée pour le comprendre. Mais s'il ordonnait capricieusement, parce qu'il est le mattre, lliomme se soumettrait peut-être, comme ÂJbraham, pour flatter un despote dont il aurait peur^ mais Dieu gouyemerait, 4 un tiire indigne de lui , par jle seul

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