‹ SolidaritéChapitre 22 sur 28 · DROIT DU PLU^ FORT I · texte numérisé non relu

DROIT DU PLU^ FORT I

Partast de cette défioitipo du mot vertu , hors de laquelle on tombe inéintMement dans t arbitraire^ dam te puéril et dans l'absurde ^ Fourier a posé que les rapports des sexes seront vertueux , d'autant plus qu'ils contribueront plus puissamment au bonheur de l'espèce humaine.

En conséquence, il a cherché comment les hommes pourraient êtreorganisés^ quant aux relations d'amour, en corporations assez nombreuses pour que ^)baque caractère trouvait sa pbiGe naturelle, une place qui lui permît de suivre sa pente sans cesser d'être utile et noble à un haut degré.

Les mœurs de lacÊvilisation peuveot^lles soutenir le parallèle avec les mo&urs décrites par Fourier? Les hommes sont-ils donc assez aveuglés par les préjugés, pour ne pas voir immédiatement de quel côté est la vertu, de quel côté est l'immoralité et l'ignominie ?

Mais ce n'est pas à ce qui est, à la civilisation que songent les moralistes quand ils nous combattent : ces hommes , qui nous appellent utopistes , prennent pour terme de comparaison \m idéal qu'ils ont rêvé, une société imaginaire et impossible, où chaque femme

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POSTFACE. âW

serait une Baucis , chaque homme ua PMénfpn , société où les huinaifisfiiaTcbefàfîeiïtdeiix à<}eux, chaque couple s'tsotaot le plus possible des eoii{yles voisias.

Coimne ikxmt les yeux trevé$ par cette yèrité qu'il y a deé femm^es et des hommes fort ^eu semblables au couple «nodële, ils pen^e^t mod^l6i»eiii ^ue c'est une faute que le Créateur eût évitée ^'il les eût coBsultés^ et fabriquent des traités de ifiorale pour réparer cette foule, en rôprimaiit certains penchants dont Dieu a malenooiiAteusenieat gratifie Tespèce tmmaine.

Et 'quand ils otit iancé, ad heê, quatre cent mille volumes, sans avoir modifié d'un atome le s^stèfiae passionnel de rhomme, ils se disposent à en lancer quatre cent «lilie ^autres , avec la patience de Sisyphe roulant son roc vers le somméit oà, jamais il ne doit l'asseoir.

A ceux qui les dérangent un instant de leur œuvre danmdale^ pour leur montrer une route nouvelle , une ro^te oondufisant pttes sûrement >au but, ils crient -en gfosistë^ajit leur voix : imikmuuté l . tmmoralité ! Parce <)ue nous acceptons tons les caractères pour les utiliser et les ennoblir, tandis que vous ne savez que les dégrader en les repoussant !

Immoralité l Parce que nous présentoiHs de hautes fonettons, lie nobles rôles, aux Aspasies^ aux Ninons, aux Jœondes aussi bien qu'aux Pénélopès , aux * Artbémises, «ux Orphées ; tandis que Vous n'offre^ que le désordre et la débauché a«x earactërès volages, que l'égoïsme conjugal <létaché du moùvetnent social aux oaraetères constants !

Immoralité!.... Parce que nous croyons en Dieu, |MN[>ee qtte nous affirmons qu'il a tout fait pour le bien ^ tandis que tous osez prétendre que, en organisant» l'homme, Dieu a trataiilé pour le mal !

S"". La doctrine est impie.

.En 068 jours de scepticisme, lorsque la plupart ne croient à rien, lorsque dans le petit nombre de ceux qui se disent croyants, une majc»^ encore se contente de Taffirmer, sans faire suiyre cette protestation d'aucun acte, d'aucune pratique tendant à la confirmer, on réserve Tépithète d'impie pour Fourier, pour cet homme qui, dans ses traYaui , dans ses recherches, a toujours été guidé par une confiance illimitée dans la sagesse du Créateur, qui a mis sa vie entière au service de ses convictions, qui a souffert, qui est mort sans être ébranlé dans sa foi.

Un impie lui Fourier! Fourier qui a

apporté au monde des paroles par lesquelles sont immédiatement étouffés, au coeur de l'homme, la haine, Tenvie, la colère et tous les mauvais sentiments*, par lesquellesladouleursecalmeet ledése^ir s'apaise! Fourier qui a prouvé que la fraternité est non-seutonent un devoir, mais encore un fait, une loi naturdie à laquelle l'égoïste ne peut échapper *, que les individu», les classes, les nations sont solidaires; que les individus, les classes, les nations, ne peuvent prétendre au bonheur, tant que le salut de l'humanité n'a pas été assuré préalablement !

Un impie! Mais toutes les paroles de Fourier

sont empreintes du sentiment religieux le plus large, le plus élevé. Mais nul n'a fait ressortir avec autant d'édat la dignité humaine , la grandeur de notre (testinée, l'harmonie de dos rapports avec Dieu!

L'appelei-vous impie, parce qu'il ne cnnt pas comme vous croyez, parce qu'il ne pense pas ce que vous pensez? Combien, alors, seront à Tahri de l'aocusatimi d'impiété! Cherdiez dans votre fomiUe, chez vos amis, parmi ces hommes dont vous pressez tous les

jours la main ^ choisissez ceux qui sont ayec yous en parfaite communauté d'idées religieuses, et comptezles. Vous verrez ainsi combien la tolérance est forcée, dans ce siècle de dissolution , quand le fractionnement est partout, quand Forthodoxie et Tunité ne se trouvent nulle part.

En portant le flambeau de l'évidence sur toutes les questions religieuses , Fourier a enlevé à Tincrédulité ses seules armes redoutables , les armes qu'elle puisait dans les droits imprescriptibles de la raison. II est venu ainsi au secours de la Théologie qui pliait, parce qu'après avoir dit que l'homme est ici bas pour comprendre Dieu , elle se démentait en faisant reposer la foi sur l'incompréhensible, parce qu'elle n'avait pas été fidèle au précepte : Cherchez et vous trouverez.

En résumé , les caractères que présente la Théorie de Fourier, ne sont-ils pas les caractères de la vérité, de la vérité que l'homme doit reconnaître S son triple aspect : le bon, le beau, le juste?

Qu'on réfléchisse avant de répondre : c'est par de sérieuses méditations qu'il est possible de s'approprier des idées nouvelles, souvent en contradiction avec toutes les idées reçues. II ne s'agit plus d'une de ces prétendues doctrines entièrement renfermées dans les quelques mots qu'elles inscrivent sur leurs drapeaux-, il s'agit d'une science complète, d'une découverte qui a coûté quarante années de labeur à un homme d'un immense génie, et qui ne peut être perçue qu'après un travail consciencieux. II faut penser et peser pour comprendre 5 nous ne devons rien espérer de celui qui ne se résignera pas à cet effort : il comprendra, mais quand il aura vu.

Pour abréger ce travail nécessaire, nous avons cher-

ché à renfermer dans un etdre pea étendu^ iMie vue d'ensemUe, un plan générai delaconoqitîon. Il ne faut pas oublier qu'ainsi nous n'avons pu offrir que les grands traits, que les principes de la science : qu'il est des détails essentiels , des développements d'une haute valeur que nous avons dû omettre , et qu'il fiiut chercher ailleurs, spécialement, dans les livres mêmes de Fourier.

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