FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE
INTERMEDE.
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DISTINCTION essentielle: ENTRE LES DEUX PARTIES
DE l'OUYRAOE.
Aujourd'hui, il se trouve dans tous les partis des homnaes qui reconnaissent que l'industrie ne doit point rester livrée, sans régulateur, à l'arbitraire, au caprice dePintérèt privé, mais doit être organisée. Cependant nul ne propose un plan pour cette organisation , nul ne peut dire ce qu'il ferait s'il était mis en demeure d'exécuter (i).
(ijr Quelques-uns ont donné la réforme électorale comme un moyen ^ comme la Toie qui deyait conduire à rorganisatton du tni-
Seul Fourier offre un projet, expose avec précision tous les détails d'une réforme complète. Ce projet, dont nous avons esquissé les principales dispositions, ne peut blesser aucune susceptibilité. Il respecte toutes les idées reçues, tous les principes consacrés, et, par conséquent, pour le combattre, il n'y a pas à s'armer de ces principes.
Plusieurs cependant, avec une légèreté qui touche h la mauvaise foi, accusent, obstinément l'école de tendre à l'abolition de la propriété, de la famille, de la religion, confondant, malgré l'évidence, la doctrine de Fourier, avec les théories saint^-simoniennes , égalitaires , communistes , babouvistes et autres , qui sont tombées dans quelques-unes de ces aberrations.
Ne parviendrons-nous donc pas à faire comprendre que r^artition iuivant le capital ne veut pas dire abolition de la propriété ? Que la répartition suivant le travail et le talent ne conduit pas à V égalité? Sommes-
?ail. Mais, en yérité, il n'est pas possible de prendre au sérieux one semblable proposition. Les partisans de la réforme peuvent prétendre, ce qui n'est pas prouvé certainement, que le pouvoir constitué par cette réforme, aura meilleure volonté que l'ancien. Mais saura-t-il mieux ce qu'il faut faire? Evidemment non. Ces hommes que la réforme appellerait à la Chambre, existent en oe moment , et rien ne les empêche d'exposer leur projet d'organisation , s'ils en ont un; ce serait en le mettant en demeure d'agir, qu'ils prouveraient le mauvais vouloir du Gouvernement et la nécessité de le modifier. S'ils se taisent, c'est qu'ils ne savent pas; s'ils ne savent pas, ce ne sont pas les bancs de la Chambre qui leur inspireront la science qui leur manque; et tant que la science manquera , la proposition d'organiser le travail pourra prendre rang , quant an résultat, à côté de la fameuse proposition faite à la tribune ides rats , d'attacher un grelot au cou de Rùminagrohis. Certes les rats de l'assemblée étaient pénétrés de l'excellence de la motion, pétris de bonnes intentions en sa faveur; mais, comme dit V. Considérant : les hùmies mUniions ne suffisent pas, il faut encore autre chose avec.
nous revenus au temps de la Tour de Babel? Avons-' nous cessé de nous entendre sur le sens des mots ?
N'est-il pas évident encore que la famille, telle que la constitue la loi^ loin d'être détruite par la réforme, trouvera de nouvelles garanties de bon ordre et d'ao cord dans une phalange où les relations de parenté, où lés rapports des sexes seront indépendants de ces considérations d'intérêt qui les compliquent, qui y engendrent si souvent la discorde , la haine et même le crime*, dans une phalange où le père, la mère, les enfants n'ayant jamais de contact forcé, ne se réuniront qu'autant qu'ils y seront portés par une <îommune sympathie et pour leur commune satisfaction? La religion, la politique, peuvent-elles s'effrayer, plus que la morale, d'un essai qui peut se faire en tout pays, quelles que soient les lois et les coutumes, et sans qu'il y ait à modifier en rien la foi politique ou religieuse de ceux qui participeront à cet essai de leurs personnes ou de leurs capitaux ?
Ainsi, comme nous l'avons dit, il serait illogique de repousser l'école à priori, au nom d'un principe quelconque. Pour combattre cette école , il faut s'occuper directement du projet qu'elle présente, et prouver qu'il est, par lui-même, impraticable ou sans valeur.
L'école pfaalanstérienne propose donc une seule chose : organiser le travail dans une commune.
Si l'essai était fait, s'il donnait tous les résultats promis par la théorie, il serait nécessairement imité) et la réforme, s'étendant de proche en proche, envahirait rapidement toutes les communes du monde civilisé.
L'esclavage serait aboli de fait, le jour où, par le mécanisme de la série, toute industrie deviendrait
attrayante ; car il ne serait plus nécessaire de contraindre au travail l'homoie qui s'y livrerait par passion.
Puis les barbares et les sauvages qui répugnent à nos coutumes les accepteraient avec transport, quand elles offriraient à leurs penchants, qui sont les nôtres, une pleine et légitioae satisfaction.
Et sur le globe entier, couvert de phalanges, les sciences, les arts et Tindustrie se développeraient largement, et Tordre le plus parfait pourrait régner enfin avec la liberté la plus absolue.
Alors tout ce qui est en dehors de la commune, tout ce qui réunit et centralise, lois, mœurs, religion, gouvernement, tout tendrait à se mettre en harmonie avec Tordre nouveau : alors, Texercicede Tindustrie étant unitaire, tout convoierait vers Tunité, et les hommes chercheraient à s'unir dans une même foi religieuse, sous une même loi, avec des coutumes morales identiques.
Ce désir de voir Tunité régner en toutes relations humaines est un désir saint et légitime. La vérité est uiiE : il est bien d'espérer qu'en toute chose les hommes sont appelés à la connaître, à la pratiquer.
Fourier a donc pu, sans se soucier du blâme injuste qu'il prévoyait, exposer sa pensée sur ces croyances, sur ces coutumes unitaires de Tharmonie. Cette pensée, dans le domaine de la théorie pure, non suivie d'une proposition y doit rester sans action sur le présent. Elle sera acceptée ou repoussée par les générations de l'avenir, qui seules auront à décider.
C'est de ce point de vue qu'il faut étudier la seconde partie de cet ouvrage, où sont exposées ces idées que Fourier lui-même ne donne que comme des rêveries. Ces rêves, j'en conviens, sont pour moi de hautes et LIMPIDES VÉRITÉS, auxquelles je crois avec toute /V-
nergie d'une conviction raisonnée. Mais si Ton admet le côté pratique de la doctrine, on doit appuyer les tendances de Técole qui y sont toutes renfermées, lors même que Ton repousserait ce que nous ayons encore à dire.
Car, ces idées d'avenir, fussent-elles aussi condamnables que quelques-uns Font prétendu , prouvent-elles que l'organisation de la commune doit être repoussée ? Le même homme ne peut-il avoir formulé de bonnes et de mauvaises pensées? Et, dans ce cas, ne doit-on pas faire un choix? Ne serait-il pas absurde de tout confondre dans une même réprobation? Si ce que nous avons proposé est bon, comment ce que nous avons à dire encore pourrait-il le rendre mauvais?
Après cette réserve (i), que tout loyal adversaire acceptera , nous aborderons franchement toutes les questions, bien convaincu que celui qui nous aura compris avouera, du moins, que des idées semblables sont nécessairement parties d'uNE puissante intelligence et d'uN noble coeur !
(i) Pensant qu'il était inatile de sooleTOr des questions que le temps seul peut résoudre pratiquement , l'école , jusqu'à ce jour, a gardé le silence sur la partie transcendante de la décoayerte. Ce silence n*a pas été compris, certains moralistes et dévots croyant y Toir l'indication d'un point Tulnérable, ont refusé d'examiner le projet d'organisation qu'on leur présentait, et se sont occupés excJusivement de choses dont on ne leur parlait pas : cherchant avec amour de la matière à scandale, tressaillant de joie quand ils parvenaient à pécher dans les livres de l'école quelque mot au moyen duquel il leur fût possible d'équivoquer, d'injurier, de diffamer; ils ont dit de la doctrine ; sottises et infamies !
Ceci est un des motifs qui nous a déterminé à faire connaître , une à une , toutes les sottises , toutes les inpahibs de cette science dont personnellement nous acceptons toutes les conclusions.