CHAPITRE V
J'ai YU la Paix descendre sur la terre , Semant de l'or , des fleors et des épis :
L'air était calme, et du Dieu de la guerre Elle étouffait les foudres assoupis.
■ Âh 1 disait-elle , égaux par la yaillance, » Français, Anglais, Belge, Russe ou Germain» » Peuples, formez une sainte alliance, » Et donnez-vous la main.
» Pauvres mortels, tant de haine vous lasse, » Vous ne goûtez qu'un pénible sommeil.
» D'un globe étroit divisez mieux l'espace, » Chacun de vous aura place au soleil. »
De Bbranger.
Que TOUS manque-t-il donc pour établir ici bas la richesse, la liberté, la paix? Dieu ne vous a-t-il pas tout donné ?
GumssE Vigoureux.
§ I. Hiérarchie.
Nous ayons dit qu'après avoir posé les bases de la réforme de la commune, Fourier ne pouvait s'arrêter : il lui restait à découvrir comment, aux époques d'harmonie, les phalanges seraient reliées les unes aux autres, à déterminer quelle serait alors la constitution hiérarchique de la société. Nous ayons établi que les
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idées de Fourier sur ce point ne devaient plus être regardées comme proposition d'une chose à faire, qu'elles étaient simplement une prévision des modifications que le temps seul doit apporter*
Si, cette fois encore, Fourier a rencontré juste, sa conception devant présenter ce caractère de conciliation universelle qui appartient nécessairement à la vérité, la hiérarchie sociale qu'il prévoit aura puissance de se faire accepter unanimement. Il faut donc qu'elle satisfasse tous les intérêts, qu'elle reconnaisse tous les droits, qu'elle accepte toute position acquise : il faut qu'elle répare toutes les injustices, sans cesser de garantir à chacun la possession indéfinie de tous les biens, de tous les avantages dont il jouit.
Considérée comme subdivision territoriale, la phalange est appelée par Fourier tm-orcAt> ou baronie; 5 ou 4 un-archies réunies forment une du-archie (vicomte); 3 ou 4 du-archies forment une tri-archie (comté), etc. , jusqu'anx duoiee'^archies qui seront au nombre de 3 (0, jusqu'à l'omni-archie qui comprendra toute la surface de la terre.
Les gérances, en 15 degrés, de toutes ces divisions et subdivisions du territoire , formées suivant le mode
(0 Les trois doodBe-ardBûi aeiont : i^. JStBr^p&'Afriqw ; 2<>. Ask- Océanie; 5°. les deux Amériques, Cette nomenclature un-arcbie, du-archie, etc.. esta refaire, de l'aveu même de Fourier.
électif adopté dans la phalange, seront composées de la même manière, d'un même nombre de personnes, remplissant des fonctions analogues dans une sphère plus ou moins étendue. Ce que nous allons dire d'une gérance s'appliquera donc à toutes^ à la gérance d'une simple phalange aussi bien qu'à la gérance omniarcale ou gouvernement de la terre.
Nous avons vu que les passions étaient la source unique de toutes les actions des hommes : bien qu'une action puisse dépendre de plusieurs passions, dans chaque action, une passion domine, et cette action peut-^tre classée au titre de cette passion qui en détermine le caractère.
L'influence du gouvernement sur la société n'étant autre chose que son influence sur les actions des membres qui composent cette société, sur les rapports que ces actions établissent entre ces membres, le gouvernement peut être divisé en branches correspondantes à chaque genre d'action, c'est-à-dire, en ministères ressortant chacun d'une passion humaine. De cette manière, la hiérarchie sociale sera calquée sur
l'organisation de l'homme, sur la hiérarchie des passions.
Les chefs de ces diverses branches du gouvernement
sont appelés souverains par Fourier. On occupe le
trône au titre de telle passion et du degré marqué
par la division territoriale qu'il embrasse. Chaque souveraineté est exercée par un couple, par un homme et par une femme, qui peuvent n'avoir d'autres rapports que ceux qui naissent de leur commune fonction.
Les sexes sont ainsi traités avec une égale faveur : Tenfanee même n'est pas oubliée, on lui réserve, è tous les degrés de la hiérarchie, le trône au titre amitié.
Tous ces trônes, un seul excepté, sont donnés par TélectioR, la plupart pour peu d'années, avec facilité de réélection. Le principal trône, trône à titre de caractère (branche d'uni téisme (0), est donné pour la vie, c'est-à-dire pour cette période de la vie pendant laquelle l'homme jouit de la plénitude de ses facultés. Le choix sera facile, car il se présentera peu de prétendants. Pour exercer cette fonction, il faut y avoir été disposé par la nature , et celui qui < s'en chargerait, sans y être propre, serait dans l'impossibilité absolue de la remplir.
C'est que nous admettons qu'il y a entre les vocations,
(*) Â chaque degré dô la hiérarchie il y aiwa 16 trônes , 42 aa titre des i2 passions radicales* et 4 an titre nnitéisme. Les 4 trônes unitéistes sont :