SECONDE PARTIE. CH. T
une autre disposition des continents, qui, permettant de les doubler au nord comme au sud, serait plus favorable à rhumanité.
Fourier ne croii pas au hasard : il admet une cause première régissant les créations par les lois les plus favorables, et il conclut hardiment de la disposition des terres , que le globe ayant été providentiellement préparé pour rhomme^ Thomme doit être doué de forces sij^santes pour écarter tout obstacle à sa domination.
Et comme l'obstacle ici est la température du pôle , Fourier pense qu'il e&i donné à Thomme de modifier >cette température.
L'homme, nous avons dit, peut, par son action sur la surface de la terre, rendre réguliers, et les vents et la circulation des fluides électro-magnétiques. ^
L'irrégularité des courants électro-magnétiques se manifeste de plusieurs manières^ entre autres par les irrégularités dans l'émission du fluide, dans les apparitions des aurores boréales.
Si, par la culture unitaire, le mouvement électromagnétique était régularisé, les aurores boréales devraient paraître régulièrement. Fourier annonce qu'elles augmenteraient en durée de manière à devenir permanentes, en intensité jusqu'à tirer, par leur action calorifique, les régions circumpolaires de leur linceuil de ^/âce^ pour les ressusciter k la vie el k\3L^^%^v>i\.\Qw.
ORGANISATION DE LA SOGlIÊTÉ. 167
Et Fourier ne doute pas de ce résultat, parce qu'ainsi seulement il est possible de comprendre pourquoi les continents ont reçu une disposition qui, sans cette nouvelle source de chaleur et de lumière, sans la cïmronhe boréale y serait malheureuse et peu digne de la sagesse de Dieu.
Un équilibre atmosphérique et électro-magnétique devait exister avant la création de l'homme , lorsque la terre, vierge encore, n'avait reçu aucune perturbation par Faction de celui-ci. Alors, échauffés par la couronne boréale, les pôles étaient peuplés d'animaux et de végétaux. La couronne s'est éteinte , lorsque l'homme, voué à l'incohérence sociale, ne prenant conseil que de son intérêt privé, a porté au- hasard sa cognée inintelligente, pour flétrir la terre de 1 Ignoble empreinte delà culture morcelée (i). La couronne renaîtra plus radieuse, lorsquel'humanité ayant identifié l' intérêt privé avec Tintérêl général , marchant comme un seui
(i) Le refroidissement du globe, d'abord rapide, a été une des causes de ces grands bouleversements, de ces cataclysmes qui ont séparé les époques géologiques. Le refroidissement est devenu fort peu sensible en dernier lieu, et sur le globe préparé pour les animaux supérieurs et pour l'homme, un équilibre atmosphérique et télectro-magnétique s'est établi. L'honmie devait raf&ner cet équilibre par le déMchement, mais parle défrichement auquel succédait la culture, et non parle déboisement des lieux élevés, par la destruction des forêts. L'action de l'homme sur les hauts végétaux a été presque toujours inintelligente et funeste.
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homme à un seul but , embellissant son globe ptr une culture régulière et unitaire , fera succéder au désordre , non plus réquilibre primitif et brut , mais un équilibre composé et raffiné.
Telles sont les merveilles que Fourier, illuminé par son audacieuse synthèse, ose annoncer aux hommes qui Tout accueilli avec le rire de Tincrédulité. Pendant ce temps, chaque jour^ la science positive et reconnue, marchant lentement d'observations en observations, découvre quelques fragments de ces grandes choses , sous Tohjectif de son analyse. Ainsi M. de Candolle de Genève, le savant naturaliste, le correspondant de rinstitot, a reconnu aussi qu'autrefois la couronne boréale avait eiisté. Je cite le dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle, article Géologie, tomeZ^ page 405. « L'opinion d'un savant naturaliste, M. de Can- » doUe , relativement à ces végétaux anciens qu'on re- » trouve fossiles dans toutes les contrées du globe, tt oblige à admettre en principe que ces végétaux, dont » quelques analogues éloignés et d'une taille infiniment » moins grande, n'existent que dans la zone tropicale, » n'ont pu exister qu'en admettant des changements )> dans l'axe de la terre , supposition que les géomètres » et les physiciens repoussent; ou bien que ces v^é- » taux qui ont besoin de l'action d'une grande lumière, n outre celle d'une forte chaleur, n'ont pu trouver ces » conditioDS essentielles à leur existence qjie dans
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» Texistence du feu central, jointe à celle d'uN fluide