‹ Solidarité: vue synthétique sur la doctrine de Ch. FourierChapitre 14 sur 51 · SECONDE PARTIE. GH. T · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. GH. T

désir de trônes héréditaires, mais eile circonscrit l'hérédité dans ses limites naturelles en lui livrant le seut domaine de la famille.

Par contraste avec ce trône liéréditaire donné par le hasard, sans que la volonté humaine soit consultée , la hiérarchie comprend un trône que Thomme décerne en obéissant seulement à son caprice. €'est le trône annuel de favoritisme (branche d'unitéisme). On y est élevé, parce que Ton plaît, sans autre raison. Le trône de favoritisme donne la présidence des fêtes, des plaisirs , des réceptions ^ cette présidence n'appartient-elle pas de droit à celui qui sait le mieux séduire et entraîner? Cet engouement aveugte des masses pour quelques individus est bien naturel à Thomme, il devait être satisfait , mais toujours dans les limites où il ne peut agir heureusemeut.

Lorsque la réforme sera généralement acceptée, on désignera les premiers titulaires des trônes de familisme, on distribuera des sceptres héréditaires vingt fois plus nombreux quelles trônes occupés aujourd'hui, et dont plusieurs correspondront à des territoires bien supérieurs en étendue, aux plus vastes empires du présent et du passé.

Cette distribution de trônes de tous les degrés permettra non-seulement de laisser en place tous les^ princes aujourd'hui régnants, lous\es ç^\?>o\Mv%%<ïi's»^u^

ORGANISATION DE LA SOCIÉTÉ. ioSi

possession de hauts emplois, mais encore de replacer les princes dépossédés, les prétendants, tous ceux qui ont perdu une position par les révolutions et les guerres. Ainsi la science ne fait jamais défaut à son principe conciliateur ; au lieu des trônes chancelants, sans cesse menacés par les orages, sur lesquels sont assis les chefs de la civilisation , elle offre 4 ceux-ci des trônes fermes et stables, et à jamais assurés à leurs descendants.

La gérance des degrés inférieurs de la division du territoire pourra s'établir dans un phalanstère-cheflieu , aux constructions duquel on ajoutera quelques annexes. Pour le gouvernement des divisions supérieures, à partir de la pent-^arckiey par exemple, qui correspondra en étendue à Tun de nos départements, il faudra des chefs-lieux distincts des phalanstères , des villes de plus en plus importantes , s'élevant par degré jusqu'au chef-lieu de l'omniarchie, ville capitale du globe (i).

Ces villes seront les centres des mouvements commerciaux , les points de ralliement des armées indus-

(f) Foarier désigne Gonstântinoplb comme la ville qui; par sa position géographique, est appelée à remplir un jour ce premier rôle. En effet, après la canalisation de TEuphrate, lorsque les vaisseaux pourront, en outre, aller par l'Isthme de Suez, de la Méditerranée dans la mer Rouge et dans la mfSv des Inde% , 0;^\N&V%fii65v<;ss^& ^'^^'v jfe centre des populations.

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trielhê dont nous parlerons plus loin. Là se réanironi les sociétés savantes , artistiques , agricoles , indus* trielles, les personnes ayides d'un haut enseignement; là se trouveront les expositions, les biUiodiéques , les musées, les galeries, les collections de pians, de cartes, de minéralogie , de géologie, d'histoire naturelle; les grands théâtres, etc., etc. ; là les hommes éminenls en tous genres viendront se chercher, se grouper, se mesurer.

Les villes seront ainsi occupées par une population flottante , par des corporations et des individus venant périodiquement de divers lieux. Pour le service régulier, chaque phalange du ressort de la ville fournira des détachements successifs, relevés aussi souvent qu^il sera nécessaire, et qui en formeront, pour ainsi dire, la garnison. Ainsi, pour tous, à peu prés, le séjour des villes ne sera que momentané.

Les villes ressembleront aux phalanstères par leurs dispositions matérielles. DIes se composeront comme les villes actuelles, d'tles de maisons entourées de toute part par des rues : mais chaque île n'aura qu'un corps de logis sur ces rues, l'emplacement en arriére , occupé aujourd'hui par des seconds et troisièmes corps de logis, formera un grand jardin central. Ces jardins et les rues plantées d'arbres embelliront et assainiront tous les quartiers.

Une ru0-galer%e donnant sur \es jatdms t^%w^t^ ^\x

ORGANISATIOU «E LA SOCIÉTÉ. lo7

premier étage de tous les b&timents. On traversera les rues, pour passer d'une tle à une autre, au moyen de ponts sous lesquels les voitures pourront circuler.

Ainsi, comme dans les phalanstères, on parcourra les villes en toutes saisons , sans craindre Thumidité et les influences de Tair.

La culture des jardins , des boulevards , des promenades et du territoire de la ville, n'exigera qu'une faible partie du tempsd'une population aussi nombreuse. Aussi , par exception, dans les villes , les travaux des sciences, des arts, des manufactures, du commerce, domineront, par leur importance, les travaux purement agricoles -, purement agricoles , car dans les villes se trouveront encore les travaux théoriques de culture, les jardins botaniques, les pépinières^ les essais, etc. ^ etc.

On utilisera les villes actuelles, qui seront reconstruites par parties, et à mesure que Taccroissement de la richesse permettra de nouvelles dépenses , en ra^sant les seconds corps de logis pour l'établissement des

jardins-, en mettant en communication les chambres des premiers étages donnant sur les cours, par des percées et des escaliers , de manière à former une ruegalerie plus ou moins commode ^ en jetant des ponts par dessus les rues, en détruisant les quartiers malsains, etc., etc.

Les armées indusirieWes s^cowV <^^\^^^^vssQa^55s^

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travaux qui intéressent plusieurs phalanges à la fois , comme chaussées, ponts, chemins de fer, canaux, en-* caissement des fleuves , reboisement des montagnes \ elles auront à assainir, à fertiliser toutes les parties du globe, les landes, les steppes, les savannes, les ianos, les marécages, les déserts^ qu'il faudra conquérir pied à^ pied ^ elles devront percer les isthmes comme ceux de Suez et de Panama , mettre en communication avec Tocéan les grands lacs qui en sont assez rapprochés, etc.

Une armée sera du degré marqué par le degré de la division territoriale intéressée à ses travaux , elle sera convoquée et rassemblée pa# les soins de la gérance de cette division, gérance qui prendra une partie de l'armée dans la région qu'elle gouverne, et demandera les autres parties aux gérances d'autres régions. Un pays qui aura reçu, de cette manière, des secours de ses alliés, devra à ceux-ci des secours équivalents dans des circonstances analogues.

La réunion de corps pris dans diverses contrées, et exécutant chacun suivant la méthode de ses ingénieurs, entretiendra dans Tarmée'une puissante émulation. Il se livrera de véritables batailles industrielles , et le triomphe , célébré avec pompe , retentira sur toute la terre. Les travaux des armées industrielles auront encore plus de grandeur et de poésie que les travaux guerriers. Quand il s'agira , par exemple , de rendre à ^ culture les sables brûlants de V Mrvivac ^ \\ 1%»^^^

braver assez de fatigue et de dangers , déployer assez d'énergie, prouyer assez d'intelligence, pour légitimer le noble orgueil des conquérants.

Les armées, composées des trois sexes, r^éuniront tout ce qu'il y a de plus brillant dans la jeunesse et dans la virilité. Elles seront visitées par les caravanes d'artistes qui parcourront le globe comme autrefois les troubadours et les trouvères (i). Elles attireront à elles par la grandeur et le lustre de leurs travaux , par Téclat de leurs fêtes , par leur composition : chacun désirant en faire partie, loin d'employer la contrainte pour les recruter, on devra modérer l'élan en exigeant certaines conditions à remplir pour être admis.

§ IL Equilibre atmosphérique.

Le travail intelligent et combiné des phalanges et des armées industrielles , rendra l'humanité de plus en plus maîtresse de son globe. Fourier annonce qu'un des résultats de la culture unitaire, sera de régulariser

(j) Les troubadours, les trouvères, les artistes en général, ne seront pas seulement artistes : ils auront développé toutes leurs facultés, leurs facultés industrielles par conséquent. Chaque membre d'une troupe voyageuse, arrivant dans une armée ou dans une phalange, s'entremettra aux travaux des groupes, fera connaitre ce qu'il sait, ce qu'il a appris ailleurs en perCectionneaieivU,^\s. \5ft.^^û5t%\!&R.tbodesj en procédés nouveaux, etc.

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les saisons, de prévenir les intempéries, de régler les climatures de manière à les avoir toujours favorables. Fourier va même plus loin , il pense qu'en persistant dans cette voie, Thomme parviendra à refouler les glaces qui défendent Tabord des régions circumpolaires , à conquérir ces dernières parties de son domaine, parties qui lui appartiennent légitimement , à moins que Dieu ne les ait créées dans le but unique et cruel de préparer des désastres et des naufrages à nos navigateurs.

Ces affirmations audacieuses sont de celles qui ont fait croire à quelque»^ns que Fourier se laissait ^arer par son imagination. Nous allons examiner ces prévisions , et nous verrons si elles méritent les railleries et le dédain avec lesquels on a tenté de les repousser.

On peut établir qu'il existe une intime relation entre ces trois choses : la culture du globe d'une part, et d'autre part les mouvements de l'atmosphère, et la circulation des fluides impondérables à travers la terre, circulation bien démontrée, entre mille phénomènes, par l'orientation de l'aiguille aimantée.

Par culture du globe , nous entendons tout ce qui tient A la vie proprement dite, aussi bien qu'à la végétation , la population animale d'une contrée étant la conséquence de son état agricole.

Comment Vhomme qui a la prèienlvow àô &^^t\iv^t

la nue au moyen de quelques tiges métalliques élevées sur ses édifices , refuserait-il d'admettre Taction énergique exercée sur les tempêtes, par les myriades de pointes offertes par les forêts dont il peut couvrir ses montagnes et ses coteaux.

Sans parler de Ténorme quantité de gaz absorbé et décomposé par la respiration animale et végétale , ne sait-on pas que Tétat de culture d'un pays influe essentiellement sur sa température, et que cette température réagit sur Téquilibre atmosphérique? Que Ton pense encore à Taction mécanique d'une forêt sur le courant d'air qui la traverse. Les arbres sont agités en tous sens ; les branches , les feuilles sont ptoyées, déplacées, secouées , et toute la force qui agit pour produire ces mouvements, est une force perdue par le fluide moteur : qu'on se rappelle que la pesanteur spécifique du bois est six à sept cents foiscelie de l'air, et que par conséquent le mouvement d'un arbre réduirait à l'immobilité sept cents fois son volume d'air, animé d'un mouvement équivalent , on concevra quelle puissante action doivent exercer sur l'atmosphère le boisement et le déboisement des montagnes , on comprendra pourquoi les vents réguliers régnent seulement en mer et sur les plaines arides, et comment leur action est bientôt annulée quand ils traversent des contrées couvertes de hauts végétaux.

La dépendance entre Vfe^V Aa ^\i\V\w^^ ^è^^àçfc^vîïs.

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la circulation électro-magnétique devient également évidente, si Ton veut y réfléchir.

Quelle est Faction d'une pile galvanique sur un liquide tenant en dissolution des sels ou d'autres composés? Chaque molécule, sous cette influence, semble douée d'intelligence et de vie^ elle se meut, se sépare des molécules qui lui déplaisent, se joint à d'autres avec lesquelles elle se sent en affinité, et toujours avec nombre et mesure. U se passe dans tout phénomène de vie quelque chose de parfaitement semblable ^ le liquide, sève ou sang, qui doit porter la nourriture et Taccroissement à chaque partie d'un être vivant, choisit, accepte ou repousse avec sagacité les matériaux qui lui sont offerts, les entraîne et les dépose avec discernement et symétrie. On ne peut méconnaître ici l'action galvanique , qui nécessairement se rattache à l'action de rénorme pile, nommée la terre, dont l'influence se fait sentir à tous et partout.

Et comme toute action produit une égale réaction, il y a réaction puissante des phénomènes de vie et de végétation sur le grand courant magnétique.

Enfin l'action du fluide électro-magnétique sur les mouvements de l'atmosphère est tellement évidente qu'il suffit de l'indiquer ici.

Ainsi, comme nous l'avons posé, il y a dépendance étroite entre les mouvements de l'atmosphère, la circulation é/ec^ro-magnétique et \a cuXVut^ àw ^oV^^v

ORGANISATION DE LA SOGléTÉ. 165

L'action réciproque de ces trois choses n*est cependant pas la seule qui agisse sur leur équilibre. Il est des causes extérieures au globe qui tendent à le déranger.

Ces causes extérieures sont d'abord l'attraction des corps célestes, le soleil et la lune principalement. Cette attraction produit sur l'atmosphère un effet analogue aux marées*, le mouvement revient périodiquement, avec une intensité variable, d'après la position relative des astres qui le déterminent.

Le mouvement de rotation du globe peut éire encore rangé dans les causes extérieures , puisqu'il a lieu en vertu d^une impulsion première, partie du ddiors. Cette rotation, cette révolution diurne produit les vents alises et les courants d'air analogues qui se font sentir

périodiquement et dans les mêmes lieux. Le soleil, comme on le sait , concourt par son action calorifique à la production du phénomène.'

Telles sont, en général , les causes qui tendent à déranger l'équilibre atmosphérique et l'équilibre électromagnétique. Mais ce qui importe , c'est de déterminer celles de ces causes qui peuvent agir irrégulièrement sur ces équilibres.

Les causes extérieures produisant des mouvements réguliers que l'on peut prévoir et annoncer, c'est dans le globe lui-même qu'il faut chercher la cause des movyemenls irréguUers , desçetV.\ff\M?Àfôiv%.

104 èËCOUDE PARTIG. CB. t.

Et comme dans le globe tout marche régulièrement excepté Tétat de sa surface, on est forcé de reconnaître que tout mouvement irrégulier de l'atmosphère ou du système électroHuagnétique , vient de Faction irrégulière de rbomme sur la surface de la terre.

Tout est régulier dans le globe, car les perturbations séculaires ne doivent pas être prises en considération , quant à la question qui nous occupe : et parmi ces perturbations nous rangerons le refroidissement du globe, qui, à r^que où nous nous trouvons, est à peine sensible dans un grand nombre de siècles. L'action de ce refroidissement sur les irruptions volcaniques et les tremblements de terre ne peut être que secondaire aujourd'hui; un dérangement dans la circulation électromagnétique est la principale cause de ces phénomènes.

Ainsi dfune part on ne peut trouver aux irrégularités dont nous parlons d'autre cause qne l'état de la culture du globe; et d'autre part on comprend que l'action de cette culture est assez énergique pour expliquer ces irrégularités.

On est donc conduit à reconnaître que par une culture régulière du globe , l'homme ramènerait tous ces phénomènes à la régularité.

Ainsi en agissant sur son domaine d'une manière

unitaire , en parfaite harmonie avec les lois naturelles,

rhomme préfiendrail tout excès , lo^v» VxkVfôcc^^Tve ^

ORGANISAtlON Bft LA SOClfitÉ. 10S

toute perturbation atmosphérique et électro*magDétique.

Alors dominateur des airs , il les façomierait & lui donner efaaque année d'abebdanles richesses , juste fruit de sa sagesse et de son frayail intelligent.

Gomment Fourier est-il arrivé à croire que (e nouvel équilibre ayrait pç^v résultat de iocKlre )es glaces du pôle , de désobstruer les mers et les détroits de ces latitudes, d'agrandir ainsi le domaine de Thomme de tant de contrées aujourd'hui désertes , dont on s'in^ quiète depuis tapt d'années , avec tant de fatigues , de dangers, et si peu de succès?

En étudiant les dispositions des continents , on a souvent remarqué qu'ils présentent tous une pointe allongée vers le sud, et que, de ce côté, les terres sont terminées à une assez grande distance d[u cercle polaire. Au nord au contraire, les continents se rapprochent du pôle, pénétrent en s'éyasant dans la zone glaciale , de sorte que l'océan arctique , s'il était praticable, deviendrait bientôt, à l'égal de la Méditerranée, un centre d'activité, un lieu de communication pour tous les pépies.

Mais ces terres et ces mers , «i bien disposées en faveur de l'homme, lui sont inutiles par suite des glaces et des neiges qui en défendent l'abord. On pourrait même (concevoir, avec Vèïçaî\\Y»^%sX\i<^^V^\s^^^

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