‹ Solidarité: vue synthétique sur la doctrine de Ch. FourierChapitre 19 sur 51 · SECONDE PARTIE. CH. TI · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. CH. TI

Nous ne prétendons rien de plus-, nous ne sommes pas assez insensés pour vouloir la suppression de toul moyen coercitif, le plein essor des passions, avant qu'une expérience suffisamment longue du milieu réformé, n'ait démontré, aux générations futures , que cet essor est sans danger.

Et tant que la passion peut enfanter le désordre, tant qu'elle peut être en opposition avec le devoir, nous voulons aussi que Thomme sache se vaincre -, et si sa raison n'y sufih pas, qu'il craigne la loi armée pour prévenir d'abord, puis pour frapper.

Après cette explication nécessaire, nous entrerons sans crainte dans ûotre sujet.

La loi, la morale plus sévère encore en principe, ne peuvent avoir qu'une tendance légitime : enseigner à rhomme à éviter les excès qui lui nuiraient personnellement, à préférer son bonheur à un plaisir passager, puis encore à sacrifier son intérêt privé , dés qu'il est en opposition avec im intérêt plus général.

Agir de manière à être utile à sot et aux autres, auar autres surtout^ telle doit être la prescription de la morale, qui ne peut aller au delà.

Si la morale commandait ce qui peut nuire à l'individu ou à l'espèce, elle serait odieuse et insensée^ si eBe c(màamnsât des choses innocentes, elle serait capricieuse et arWtraire-

ttOÊViis BT eomtJMEs. 479

Lei^ a^tes proscrite par la morale sont : 1*^. des aetes mauvais, i^solufMtft^ indépendammeiit de la forme actuelle de la société ', 9p« des actes nuisibles, aeeidentellement, par suite de Torganisation même de cette société.

Les actes manyais aAsolufMnt ^ qu'ils nuisent à autrui (0 ou à nous-mêmes, sont i jamais condamnables et seront condamnés bous toute forme sociale. La science doit fournir le moyen de prévenir ces actes, en détruisant les causes par suile desquelles ils sont.

Les actes qui nuisent aecidenlellement, à cause de Torganisation particulière de la société où ils se montrent, peuvent devenir innocents sous une autre forme sociale, et la morale doit cesser de les condani'ner.

En harmonie , la morale contfnuera à interdire ïes choses qu'eHe défend, parce qu'elles sont mauvaise^^ d'une manière absolue. Pour prévenir leur retour, on conservera toutes les lois existantes , tout Tappareil de k justice, l'amende , la prison, le bagne, le juge et le bourreau. On conservera cet appareil, jusqu'à ce qu'il soit bien constaté qu'il ne sert à rien, jusqu'à ce qu'il se soit rouillé dans une heureuse el complète inaction.

(i) Les actes qqininseiit^ autroipearefitie ranger «itdeQx^taïuUt classes ; J°. WoJence matérieUe , abus d^\f^\Qxçfe^'^«tf3îaftO^\x^^è^feN 2^. vioJeac9 moniie, abus de la forc^ Va\«i'*&^\tfâ^« t^^^^"^^*

180 SECONDE PARTIE. GH. Vl.

De nos jours déjà , les crimes sont-ils bien fréquents dans les classes qui jouissent de quelque aisance ? Ne partent-ils pas , presque toujours , des classes inférieures , rongées par Fignorance et la misère.

Ne faut-il pas conclure de ce fait, que si les classes pauvres étaient élevées à la condition des classes moyennes , la plupart des crimes seraient prévenus ? Les crimes ne seront-ils pas évités plus sûrement encore, dans la société harmonienne, où tous les humains seront développés physiquement , intellectuellement et moralement, de la manière la plus complète; où tous seront assurés, pour eux et pour ceux qu'ils aiment, d'un avenir exempt de soucis et de privations.

Comment les passions conduiraient^lles au crime, quand tout sera disposé pour les satisfaire d'une manière heureuse, quand leur énergie déterminera la part de chacun en richesse, en jouissance, en plaisirs? Par quel étrange caprice , quand toute voie honorable sera largement ouverte à l'essor passionnel, Thomme irait-il chercher une voie honteuse , qui ne pourrait le conduire qu'au mépris et à la ruine de toutes ses affections !

Car le crime ne pourrait se cacher, dans cette société où tous se voient à chaque instant du jour, où l'on peut connaître, heure par heure, ce que chacun a fait. Par exemple ". quand et comment se servirait-on d'un objet volé ? A qui le vendrait-on ? Par quel moyen l'utiliser ? Si le crime se montre encore enVvwmoxvv^^ ç» 'à^\^

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