‹ Solidarité: vue synthétique sur la doctrine de Ch. FourierChapitre 20 sur 51 · MŒURS ET COUTUMES · texte numérisé non relu

MŒURS ET COUTUMES

dans une proportion tellement réduite, que la société, regardant le coupable comme un insensé, cherchera seulement à se préserver d'une nouvelle attaque en mettant ce coupable dans l'impossibilité de nuire une seconde fois.

Les excès que la morale condamne encore , à juste titre, parce qu'ils nuisent à l'individu, seront évités dans un milieu où toujours l'exercice attrayant d'une faculté succède à l'exercice attrayant d'une autre. Ainsi, quelqu'amateur qu'il soit du plaisir de la table, le chasseur n'y reste que le temps nécessaire pour satisfaire son appétit, si le plaisir de la chasse l'appelle autre part. Les hommes commettent des excès parce qu'aucun plaisir ne tend à les arracher au plaisir du moment, parce que la papillonne qui les sollicite à changer d'occupation, ne peut leur offrir aucune occupation agréable en alternat.

Quant aux actes que la morale défend parce qu'ils nuisent accidentellement, sous une certaine forme sociale , nous avons dit qu'elle devrait cesser de les condamner dans un milieu où ils seraient innocents.

Ainsi, dans nos sociétés, la liberté amoureuse conduirait à une affreuse confusion, à l'abandon des enfants, au mépris de la femme, au bouleversement de la famille , de la famille seule base de toutes les soclétÀ^ eivUisées. La morale a dotic Çi%\iVl^\sx^\^^'sv%&\x^^'s«.

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le mariage exelusif , de s'élever contre toute yîolatioff de cette loi sur laqueUe repose Tordre social entier.

Mais si les hommes rivaient dans un milieu oâ cette liberté serait sans danger, où elle tendrait à resserrer TafTection réciproque des époux, des pères et des enfants; où elle rendrait Crânes, loyaux, conformes au vœu du créateur tous les rapports des sexes *, où elle entraînerait la jeunesse aux grandes choses , la morale devrait réclamer à grands cris cette liberté, car Famour, ce don de Dieu, est en lui-même une bonne, utile et innocente passion.

Pourquoi' donc cette seule pensée, exprimée par Fourier, qu'il pourrait y avoir un jour quelque modi-^ fication aux coutumes amoureuses, a-t-^lle soulevé contre lui tous les moralistes ?

En vérité, lœ semblerait-il pas que les coutumes actuelles ont conduit à un ordre tellement parfait qu'il faut craindre d'y toucher, parce que tout changement ne pourrait que gâter l Ne croirait-on pas que les rapports des sexes sont aujourd'hui tellement justes , réguliers, nobles et vrais, quUl n'est plus possiUe de rêver, d'imaginer quelque chose de mieux.

Eh bien ! nous surmonterons notre dégoût : nous

soulèverons quelque coin de ce voile en guenilles , qui

cache si mal les plaies de notre état moral , et nous

verrons si la société peut perdre ài un changement

^^/ qu'il soit, si rimagînaliou \a ^Xus feç.Qii^^

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pevi se repré^enler quelque chose de pire que ce qui est!

La loi civile et morale établît sur un mode imtqtie les rapports réguliers entre les sexes : commet cette loi est^^lle exécutée ?

C'est d'abord une moitié du genre humain, les hommes, qui se font un jeu de la violer aux applaudissements de Tautre moitié. Cela est si vrai que cer-tains traits de chasteté , dans un jeune homme , amèneraient, même sur des lèvres de moraliste, un sourire équivoque dissimulant à peine le dédain.

Quant à l'autre moitié, une fraction, la fille des classes privilégiées, peut être préservée à force de surveillance et de soins I

Mais encore à quelle condition?...* C'est que la (îlle du pauvre sera livrée en holocauste à la passion dé-"' chaînée !... La fille du pauvre, si souvent égarée et séduite ! ... La fille du pauvre qui doit, hélas l alimenter de sa chair l'infamie et la prostitution !

Et parmi les premières, les plus heureuses, combien encore succombent, lorsqu'elles ont formé ce lien qui doit les attacher pour la vie, à un seul homme, à un seul amour !

Cette chute n'est pas chose rare ^ le drame et le roman, miroirs des mœurs, n'ont plus puissance d'émouvoir sans l'adultère , Y9Làw\\.^\^ ofi'^s \s^ss\î^J^^eç^.

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