‹ Solidarité: vue synthétique sur la doctrine de Ch. FourierChapitre 36 sur 51 · SECONDE PARTIE. GH. VII · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. GH. VII

en effet, nç peuvent avoir qu'une passion de base, i'unitéisme, c'est-à-dire le désir d'être heureux et de voir les autres heureux , et Tunitéisme ne peut se décomposer pour eux autrement que pour nous.

Ces êtres sont immortels, le mouvement qui les entraîne devant durer éternellement^ ce mouvement d'ailleurs ne peut avoir commencé hier , ni à une époque quelconque : il a toujours été, et l'éternité se trouve derrière nous , comme devant nous.

Le corps d'un astre mort se décompose pour fournir de la matière à la formation des astres nouveaux.

Maintenant il est facile de comprendre la pensée de Fourier, lorsqu'il dit que l'homme, comme la planète , comme l'univers, comme tout ce qui est, est composé de trois principes éternels, incréés, indestructibles:

I ° . L'Esprit ( i ) : principe actif et moteur ; â"". La Matière : principe passif et mu; 3°. La Mathématique (a) : principe neutre et régulateur.

II importe peu, quant aux conséquences , de savoir si Dieu, principe actif, a fait naître les deux autres principes de sa volonté, ou si les trois principes sont l'essence de Dieu ; car Dieu, ne pouvant être changeant

CO L'esprit, le souffle , spiritus , \a \\% , \a ^swwv. (') La mathématique au physique , \a Justice ao.mot«\.

et capricieux , se soumettrait aux lois qu'il aurait dictées, aussi absolument que si ces lois étaient indépendantes de lui-même , parée qu'elles seraient sa propre nature.

Les trois principes se montrent dans tout ce que nous voyons, dans tout ce que nous pouvons observer. La matière , la plus inerte en apparence , est soumise cependant aux attractions et répulsions moléculaires, à Tinfluence chimique des milieux, des corps en contact : elle vit, et la matière qu'abandonne une vie individuelle, rentre dans une vie plus générale, à l'influence de laquelle elle obéit alors plus exclusivement. Ainsi, à la mort de l'homme, son corps vit de la vie du globe, à la mort d'un globe , la matière qui composait son corps rentrera dans la vie de l'univers, etc.

Cette perpétuelle sollicitation de la matière par V esprit n'a pas lieu d'une manière arbitraire : elle est soumise à des lois précises, à des règles rigoureuses, dont elle ne peut s'écarter. Ces lois , ces règles constituent le troisième principe, le principe régulateur, sans lequel il est impossible de concevoir que quelque chose existe.

Page 1