‹ Solidarité: vue synthétique sur la doctrine de Ch. FourierChapitre 40 sur 51 · SBGONBE PARTIE. CH. VIII · texte numérisé non relu

SBGONBE PARTIE. CH. VIII

La vie d'un animal, d'un végéta), est, dans touâ ses détails, la conséquence du développement que prend une passion , agissant sur un caractère donné , et dans une des phases de la vie de Thumanité. Tout devant tendre à rendre parfaite la ressemblance analogique, rien n'est arbitraire, et Ton peut assigner une cause à la forme la plus fugitive d'un pétale, au parfum le plus léger d'une fleur.

Fourier a donc expulsé le hasard de tous les points qu'il semblait occuper en maître. Il montre que tout résulte de lois sages, de principes invariables.

On le dit depuis longtemps : // n'y a pas d'effets sans causes; mais on ne croit qu'à demi à cette vérité.

Si l'axiome est vrai, absolument, les formes, couleurs, propriétés d'un être, ont une cause que l'homme doit chercher, qu'il peut trouver, qu'il a trouvée en effet dans la loi d'analogie , puisque cette loi rend compte de tout , et de la manière la plus simple , la plus satisfaisante pour l'esprit.

Pour montrer combien sont fidèles les portraits tracés par la nature, nous prendrons dans Fourier quelques exemples d'application de la loi :

(( J'ai dépeint l'intrigant industriel et fortuné, voyons » le portrait de la noble industrie humiliée ^ c'est celle >f du savaittt ou artiste.

» Il est peint dans une fteur nommfe^ Cowout^em-

yipériahy donnant six corolles renversées et surmon- » tées comme la balsamine d'une touffe de feuillage. » Cette fleur, qui a la forme de vérité (forme triangu- » laire du lis et de la tulipe), excite un vif intérêt par » l'accessoire de six larmes qui se trouvent au fond du ^ » calice. Chacun s'en étonne ^ il semble que la fleur soit » dans la tristesse ^ elle baisse la tête et répand de » grosses larmes qu'elle tient cachées sous lesétamines. » C'est donc l'emblème d'une classe qui gémit en se- » cret. Cette classé est très-industrieuse, car la fleur » porte en bannière le signe d'industrie , la touffe de » feuilles groupées au haut de la tige, en symbole de la )> haute et noble industrie, des sciences et arts.

» La classe d'industrieux qui gémit en secret n'est » pas celle des plébéiens grossiers , mais celle des sa- » vants utiles et obligés de fléchir devant le vice heu- » reux : aussi la plante incline-t-elle ses belles fleurs en » attitude humiliante. Elles sont gonflées de larmes ca- » chées, image du sort des savants et artistes, qui font » l'ornement principal de la société et n'en sont payés » que par des dégoûts, tandis que les agioteurs et sang- )> sues amoncellent des trésors en quelques instants.

» Cette fleur est de couleur orange qui est celle de )> V enthousiasme on composite, par analogie à la classe » industrieuse des savants et artistes qui n'ont d'autre » soutien que l'enthousiasme contre la pauvreté et les » humiliations dont ils 80ula\iT«vi\fe& ^\s&\^\«Mifc\iS|^.

^42 SECONDE PARTIE. Cil, VIII.

)) A la saite d'une pénible jeunesse , ils parviennent » à obtenir quelque relief ou quelque petit bien-être : » par imitation , la fleur, après avoir passé 1« bel âge » dans une attitude humiliante, élève son pédoncule et » sa capsule de graine ^ mais il est trop tard , pour » prendre cette attitude , quand le pédoncule n'est plus » orné de sa belle fleur et n'a plus qu'une triste gausse y* à présenter. Cet etki dépeint le tardif bien^tre des » savante et artistes, qui ne peuvent lever la tête, sortir » de l'état de ^ne et d'oppression qu'après^ ftvoir con^ » sumé péniblement leur jeunesse à amasser foelqu'ar- » gent , après avoir fléchi dans leurs jeunes années » sous le poids de la détractton, de la pauvreté^ de )) l'injustice, et perdu les beaux jours de la vie à pré- » server leur vieillesse de f indigence.

» Vhortemia , emblème de la coquetterie, étale » force parure , plus de fleurs que de feuilles ( j'ai » compté 108 blutes s«Mr un hortensia de moyenne di- » mension). C'est une ^nte qui fatigue Yasik par ses » mas^fs de fleurs : elle donne dans le même excès ^e » la coquette qeé vendrait consumer en codifidtttB toute )> la fortune du ménagi^ Par analogie , l'hortensia cache » ses feuilles 80ud "an fotrasdeAeur&ittodoiwetàdemi- » n»a»c6eB, ènf^Mi^oudëm»-m6e^ twfentinottémkl' » bhdU) Ulé^ ou ^etnintiotet ^ tetete^ ambiguës coonae ^' tes BêotiBoeatsét la o^uelte^ ^^\ ^«»X .

ANALOGIE UMVERSELLE* > 245^

> Un faible araour, argentin 61 non azur.

» Une demi-amitié, liku et non vrotet.

» Une fausse pudeur, roscU ei non rose.

» L^bortensia et la balsamine (coquette et égoïste) » sont deux fleurs qui ne vivent que pour elles et se re- » fusent à la coupe. On ne peut employer Thortensia » coupé ni en bouquets , à cause du fatras, ni en vases )) où il se flétrit subitement. Non coupé, c'est-à-dire en » pots , il figure à merveille dans les salons et les jar- )) dins, comme la coquette dans le grand monde. Il n'a » pas de parfums, parée que la coquette éblouit les » yeux et fascine Tesprit sans trop gagner les cœurs ; » elle charme les sens : le lien est simple ; il faut que » le charme de la fleur soit simple^ récréant la vue » sans flatter Todorat.

» La coquette se ruine par le luxe , et Fhortensia , » par analogie, craint Fastre du luxe et périt d'un » coup de soleil. La coquette, au déclin de Tâge, ap- » pauvrîe par ses foHes dépenses, est forcée à s'in- » dustrier : par imitation, l'hortensia, après avoir am- » plement brillé, perd son coloris, son luxe, et prend » la nuance du travail, le vert, codeur de la fouille. Il )) n'arrive qu'au demi-vert , parce que la coquette ne » revient qu'à un demîHravail allié aux intrigues. Enlrn, » à un âge avancé, eHe tombe dans le rôle de prude ; » et l'hortensia , par allégorie , revêt dans l'arriére- )) saison la couleur de la pn^deicv^ ^\fè issBix;^^ ^ ^^kAK^ss.^^^'^

â4i SECONDE PARTIE. CH. YIII.

» la scabieuse, qui est fleur de la pruderie, rebelle & » la main qui veut la cueillir.

» Les coquettes du grand ton sont des femmes qui » ont reçu une éducation soignée, et, pour emblème » de ce travail préparatoire, la nature donne à Thor^ » tensia une feuille élégamment dentée en losange syw métrique. La fleur semble privée d'étamines et. pistils^, » c'est le tableau de la coquette qui ne s'occupe nullement » du rôle productif. Aussi les parties de fructification » sont-elles cachées dans Thortensia, fleur qui, pour ar- » river à la perfection, exige un grand attirail de soins : » sa toilette agricole est des plus compliquées, image » exacte des personnages que représentera fleur.

)) Vénus (i) a régulièrement fourni son contingent en )) fruits rouges dans la framboise et la mûre de ronce.

» £a simple, la hcbi dv bouge; hiéro^, la Traie morale. » .£a composé , u faahboisi ; » la fausse morale.

» Il règne , dans la morale sévère , des intentions

V amicales et bénévoles pour Tenfant^ mais les théories

») morales ne lui présentent, comme la ronce, que des

» épinps. Rien de plus insipide qvie cette ^cienç^ qui

» veut nous établir en guerre avec nous-mêmes, avec

» la nature ou attraction. Aussi la mOre, emblème de

») la morale pure et simple, donne-t^e un fruit fnde

0) Nous verrons pli^^lolp pourquoi Ibl iplanèle Vénus intervient *oi à propos de la iîramboise et de \a ïWit* ô» Tot&t.

» et bon pour amuser les enfants, mais qui n'arrive » pas jusqu'aux bonnes tables et n'est pas un fruit » d'homme fait.

)) Il en est ainsi de k morale dont tes svstémes , en- )) nemis du luxe , peuvent trouver crédit chez les en- » fants, mais non pas chez les hommes faits. C'est par » analogie que la saveur de mûre, qui nous flattait dans » l'enfance, paraît fort insipide à l'âge viril.

» Ce petit fruit, en passant du rouge au noir, de la » couleur du luxe à celle du deuil et des privations, nous )) peint la marche de la science morale qui est fille du )) luxe, car elle ne naît que dans les états opulents, et » qui, oubliant son origine, arbore les couleurs de la » pauvreté et nous prêche les privations. La ronce ne » fleurit et ne mûrit que fort tard, par analogie ù la » naissance tardive des sectes morales , qui sont des » fruits de civilisation avancée et parvenue au plein. » Quant au rôle social de ces sectes, il est représenté » par les jets qui de toutes parts vont poser des en- » traves , arrêtant les petits voleurs et non pas les gros. » Ainsi la morale contient tout au plus les enfants , et » non pas les pères.

)) Par analogie à cette science qui veut étouffer les » passions, la ronce jette de tous côtés ses rameaux » épineux qui vont au loin s'enraciner et obstruer la )) circulation. Eh ! que reste -t-il de leurs fatras de » branches éparses ? Il n'en reste , cc^vwssft 4ft.% ^ûss^-

246 SECONDE PARTIE. GH. YllI.

» breux systèmes de morale, qu'un chaos inextricable » dont les {dus érudits sont réduits à dire, avec Con- » dillac : // faut oublier tout ce que no%i9 avons appris , » reprendre nos idées à leur origme , et refaire l'en- » tendement humain»

» Il le faut d'autant mieux que la morale ne conduit » qu'à la ruine figurée par les couleurs du fruit de ronce » passant du rouge au noir, du luxe à la pauvreté. Qui- 9) conque voudra suivre les principes de morale sévère, » la justice et la vérité, n'arrivera à coup sûr qu'à la » pauvreté, et sera en peu de temps ruiné.

» Passant du simple au composé , de la mûre à la f) framboise, nous trouverons dans celle-ci les emblèmes T> de la fausse morale qui amalgame, avec quelques moii meries de bons principes , les dogmes d'ambition et » de rapacité. Aussi la framboise n'arriv0-4*^He pas » au noir, couleur de la pauvreté *, elle s*en tient à la )) couleur du luxe, au rouge vif. Elle rejette l'épine, )) par allusion à la morale mondaine qui rejette les doc- )) trines contraires au plaisir. Elle est, comme la mûre, )) divisée par petites capsules comprimées, en symbole )) de l'éducation civilisée, qui, même chez les gens du » monde , est un concours de doctrines répressives et ^) ne produit que des enfants viciés et suspects. Aussi » la framboise, qui en est l'hiéroglyphe, est-elle de » tous les fruits le plus vermoulu : c'est un ramas de » vers petits ou grands \ ce cp\ \a ^i\V. %v3isç^ç\fôç stj^iské-

» ralement, et, malgré sa saveur exquise, elle est peu » présentable : on voit la majorité des convives s'en » défier, et la dédaigner à cause des vers dont elle est » si rarement exempte.

)» De là vient qu^elle n'est propre qu'aux emplois » composés ou alliés au feu. La confiserie en tire grand )) parti. Les enfants et les imprudents la mangent crue » et sans dédance ; de même que dans le monde les im- » prudents se lient facilement avec un homme imbu de » mauvais principes , mais séduisant par le ton et la » fortune.

» J'explique ici l'analogie du perroquet, emblème )) des faux savants , des gens habiles à manier la parole, )) et en abuser en discours et en écrits. Tout est magni- » fique dans leur plumage littéraire. On n'y trouve que » perfectibilités perfectibles, vertus civiques, amour 1) du commerce, balance , contre-poids, garantie, équi- » libre et bonheur suprême assuré au peuple si Ton > veut mettre les philosophes à la tête du gouvernement. » La nature a dû donner un superbe plumage à Toi- » seau emblématique de ces hâbleurs : il étonne , » comme nos sophistes , par son habileté à manier la » parole^ mais c'est l'oiseau le plus perfide par ses » morsures.

» Comme il n'y a qu'astuce et pièges dans leurs dis- » cours, la nature en dëpeiivl W t^xs&^'^xfe ^^îssvs ^^x\^jk&

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