SECONDE PARTIE. GR. TIII
Ce maître, arai^ée ou marchand, passe sa vie dans mï coin qu'il s'est réservé. Là, il ouvre les yeux et les oreilles*, il regarde, il écoute : c'est sa fonction. Se mouvoir, changer de place n'est qu'un accident dans son existence.
Mais la boutique est en état, l'araignée est à son poste!.... Malheur à l'imprudent, bipède ou diptère^ qui s'approche, conduit par son mauvais destin ! . . . . S'il touche au piège , sa présence est connue et son sort est fixé!.... Marchand et araignée s'élancent!.... Ils saisissent leur proie!.... Us l'emmaillotent de fils glutineux ou de paroles mielleuses ! ... Et quand ils l'ont privée de l'usage de ses membres ou de son esptit, ils lui enfoncent au cœur ou dans la bourse un avide suçoir!.... Puis ils aspirent!.... lis aspirent jusqu'à ce que tout soit à sec!.... Alors ils tournent dédai*gneusement le <los A ce cadavre vide de sang , à cette bourse veuve d'espèces.
L'araignée a une tète couverte d'yeux, un ventre énorme, des pal^ longues et erochues : mab le thorax manque, elle n'a ni poitrine, ni cœur. L'araignée dévore ses semblables, la femelle mange le mâle, elle mange ses petits. Les marchands atfssi se font une guerre acharnée, et sans considération de famille ou de patrie, les plus petits sont dévorés par les fAm gros.
Dresser leurs filets, saî^ temt^tcÀe, VfJi ^sW^Vt^^^xV
de TuD et de Tautre : ce travail les engraisse aux dépens d'autrui, mais il est sans fruit pour le corps social : on ne peut rien tirer d'une toile d'araignée.
Le crapaud est emblème du mendiant.
Le crapaud se traîne sur les chemins , étalant ses pustules dégoûtantes, excédant par son cri monotone , comme le mendiant dont on se détourne avec répugnance, la vue blessée des plaies qu'il découvre, Foreille fatiguée de son incessante sollicitation.
La grenouille est un mendiant d'un extérieur plus soigné, et qui peut pénétrer dans les bonnes maisons : c'est la solliciteuse.
Le singe, avec sa tendance à imiter, ses grimaces, son esprit malfaisant et destructeur, son cynisme, est un emblème, malheureusement trop frappant, de Venfance en civilisation. Le cœur se serre lorsque l'on songe à la vérité du portrait.