DROIT DU PLUS PORT
Partant de cette définition du mot vertu , hors de laquelle on tombe inéintablement dans t arbitraire^ dans le puéril et dans V absurde , Fourier a posé que les rapports des sexes seront vertueux , d'autant plus qu'ils contribueront plus puissamment au bonheur de l'espèce humaine.
En conséquence, il a cherché comment les hommes pourraient être organisés, quant auxrelations d'amour, en corporations assez nombreuses pour» que chaque caractère trouvât sa place naturelle, une place qui lui permît de suivre sa pente sans cesser d'être utile et noble à un haut degré.
Les mœurs de la civilisation peuveot-^lles soutenir le parallèle avec les mœurs décrites par Fourier? Les hommes sont-ils donc assez aveuglés par les préjugés, pour ne pas voir immédiatement de quel c6té est la vertu, de quel côté est l'immoralité et l'ignominie ?
Mais ce n'est pas à ce qui est, à la civilisation que M)ngent les moraUstes quand ils nous combattent : ces bo/nmes, qui nous appellent utopistes^ prennent pour ^rme de comparaison un idéal c^u'Us ont rêvé, une so- ^ié imaginaire et iniposs\\Ae, o^i 0^«flf\^ W\sv\nL^
K)STFACE. 271
serait une Baucis y chaque homme un PhUémçn , société où les humains marcheraient deux à deux, chaque couple s'isolant le plus possible des couples voisins.
Gomme ils ont les yeux crevés par cette vérité qu'il y a des femmes etdies hommes fort peu semblables au couple modèle, ils pensent modestement que c'est une faute que le Créateur eût évitée s'il les eût consultés, et fabriquent des traités de morale pour réparer celte faute, en réprimant certains penchants dont Dieu a malencontreusement gratifié l'espèce humaine.
Et quand ils ont lancé, ad hoc, quatre cent mille volumes, sans avoir modifié d'un atome le système passionnel de l'homme, ils se disposent à en lancer quatre cent mille autres, avec la patience de Sisyphe roulant son roc vers le sommet où jamais il ne doit l'asseoir.
A ceux qui les dérangent un instant de leur œuvre danaïdale^ pour leur montrer une route nouvelle , une route conduisant plus sûrement au but, ils crient en grossissant leur voix : immoralité !
Immoralité ! Parce que nous acceptons tous les caractères pour les utiliser et les ennoblir, tandis que vous ne savez que les dégrader en les repoussant !
Immoralité! Parce que nous présentons de hautes fonctions, de nobles rôles, aux Aspasies, aux Ninons, aux Jocondes aussi bien qu'aux Pénélopes , aux Ardiémises, aux Orphées *, tandis que vous n'offrez que le désordre et la débauche aux caractères volages , que l'égoïsme conjugal détaché du mouvement social aux caractères constants !
Immoralité!.... Parce que nous croyons en Dieu, pmrce que nous affirmons qu'il a tout fait pour le bien ^ tandis que vous osez prétendre que, en organisant rbomme. Dieu a travaillé i^o^t \^ \g^\
5®. La doctrine est impie.
En ces jours de scepticisme , lorsque la plupart ne croient à rien, lorsque dans le petit nombre de ceux qui se disent croyants, une majorité encore se contente de Taffirmer, sans faire suivre cette protestation d'aucun acte, d'aucune pratique tendant à la confirmer, on réserve Tépithëte d'impie pour Fourier , pour cet homme qui , dans ses travaux , dans ses recherches , a toujours été guidé par une confiance illimitée dans la sagesse du Créateur, qui a mis sa vie entière au service de ses convictions, qui a souffert, qui est mort sans être ébranlé dans sa foi.
Un impie lui Fourier! Fourier qui a
apporté au monde des paroles par lesquelles sont immédiatement étouffés, au cœur de l'homme, la haine, l'envie, la colère et tous les mauvais sentiments ^ par lesquellesladouleursecalmeet ledésespoir s'apaise! Fourier qui a prouvé que la fraternité est non-seulement un devoir, mais encore un fait, une loi naturelle à laquelle l'égoïste ne peut échapper 5 que les individus, les classes, les nations sont solidaires^ que les individus, les classes, les nations, ne peuvent prétendre au bonheur, tant que le salut de l'humanité n'a pas été assuré préalablement !
Un impie! Mais toutes les paroles de Fourier
sont empreintes du sentin^ent religieux le plus large, le plus élevé. Mais nul n'a fait ressortir avec autant d'éclat la dignité humaine , la grandeur de notre destinée, l'harmonie de nos rapports avec Dieu \
L'appelez -vous impie, parce qu'il ne croit pas
comme vous croyez , parce qu'il ne pense pas ce que
vous pensez? Combien, alors, seront à f'abri de racci»-
sation d'impiété l Cherchez dai^s Notre famille, chez
vos amisj parmi ces hommes àouV. nows ^x^s^^x Vsvx^Xrs.
jours la main ^ choisissez ceux qui sont avec vous en parfaite communauté d'idées religieuses, et comptezles. Vous verrez ainsi combien la tolérance est forcée, dans ce siècle de dissolution, quand le fractionnement est partout, quand Torthodoxie et Funité ne se trouvent nulle part.
En portant le flanibeau de Tévidence sûr toutes les questions religieuses , Fourier a enlevé à l'incrédulité ses seules armes redoutables , les armes qu'elle puisait dans les droits imprescriptibles de la raison. Il est venu ainsi au secours de la Théologie qui pliait, parce qu'après avoir dit que l'homme est ici bas pour comprendre Dieu, elle se démentait en faisant reposer la foi sur l'incompréhensible, parce qu'elle n'avait pas été fidèle au précepte : Cherchez et vous trouverez.
En résumé, les caractères que présente la Théorie de Fourier, ne sont-ils pas Tes caractères de la vérité, de la vérité que l'homme doit reconnaître à son triple aspect : le bon, le beau, le juste ?
Qu'on réfléchisse avant de répondre : c'est par de sérieuses méditations qu'il est possible de s'approprier des idées nouvelles, souvent en contradiction avec toutes les idées reçues. II ne s'agit plus d'une de ces prétendues doctrines entièrement renfermées dans les quelques mots qu'elles inscrivent sur leurs drapeaux-, il s'agit d'une science complète, d'une découverte qui a coûté quarante années de labeur à un homme d'un immense génie, et qui ne peut être perçue qu'après un travail consciencieux. Il faut penser et peser pour comprendre; nous ne devons rien espérer de celui qui ne se résignera pas à cet effort : il comprendra, mais quand il aura vu.
Pour abréger ce travail \\^ç,^^sivc^.jtvwi^\ssw\^^$sx^^^
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ché à renfermer dans un cadre peu étendu, une vue d'ensemble, un plan général de la conception. Il ne faut pas oublier qu'ainsi nous n'ayons pu offrir que les grands traits, que les principes de la science : qu'il est des détails essentiels , des développements d'une haute valeur que nous avons dû omettre , et qu'il faut chercher ailleurs, spécialement, dans les livres mêmes de Fourier.