‹ Solidarité: Vue synthétique sur la doctrine deChapitre 2 sur 42 · POSTFACE. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

POSTFACE. — RÉSUMÉ

CITATION. — SoiTB DO Ch. VI 509

BUT DE l'outrage.

L'homme, dès l'origine, a été dans la nécessité d'étudier la nature, pour ne pas engager contre elle une lutte où il se serait brisé ^ il a donc observé ce qui s'offrait à lui, et, après avoir recueilli un certain nombre de faits, il a cherché à les grouper, pour embrasser, dans une commune explication, tous ceux qui semblaient en rapport par leurs caractères dominants.

C'est ainsi que toute science s'est développée : mais, avant de présenter des résultats bien satisfaisants pour l'écrit, chaque science a eu sa période d'incertitude et

de confusion, période qu'elle a franchie quand fe génie, de sa main puissante, lui a imprimé enfin une marche assurée, en traçant la route dont elle ne sortirait pas désormais.

De nos jours, toute science n'a pas encore reçu cette heureuse impulsion; les sciences de Tordre moral, par exemple, sont encore dans leurs phases d'obscurité ; ce qui le prouve invinciblement, c'est le fractionnement indéfini des opinions de ceux qu'elles préoccupent.

Pour ces sciences enfin , nous venons l'aflirmer, le jour de la transformation est arrivé! Elles peuvent dés €6 moment passer au rang des sciences positives ! Les principes d'éternelle vérité sur lesquels elles doivent reposer sont enfin découverts ! Nous affirmons que ces principes ne peuvent plus se perdre , pas plus que le nom de celui qui les a posés; ce nom aujourd'hui méconnu, mais qui demain sera salué et béni sur toute la surface du Globe, le nom de Charles Fourier!!..

Pour être en droit de repousser notre affirmation , il faudrait connaître d'abord la science que nous cherchons ùi propager. C'est cependant ce dont bien peu se mettent en peine parmi nos adversaires, qui viennent à nous armés de défiance, et qui prétendent nous juger sur quelques passages lus au hasard, sur quelques mots saisis dans une conversation. Chaque jour nous apporte de nouveaux exemples de cette incroyable légèreté avec laquelle les hommes les plus consciencieux d'ailleurs , déversent le blâme sur les écrits et la mémoire de Fourier, sans se sentir embarrassés par la difficulté de traiter d'une question dont ils ne savent pa& le premier mot. Les uns, assimilant nos doctrines aux doctrines les plus subversives , nous condamnent san& ^ppel sur cette prétendue parenté à laquelle leur esprit

se cramponne , malgré la logique et le bon sens ^ les autres ne peuvent voir en nous que des hommes de parti / prêts à les dépouiller des avantages dont ils jouissent, bien que nous donnions pour caractère essentiel à la découverte de Fourier, la propriété d'élever, en richesse et en bonheur, les individus et les peuples, sans exiger d'aucun , quelle que soit sa position présente, le plus léger sacrifice; tous enfin s'attaquent à des chimères, poursuivent de vains fantômes, au lieu de nous chercher sur le terrain où nous nous sommes ostensiblement placés , où nous les appelons.

C'est que, pour porter un jugement sain, il faut s'élever d'abord à la contemplation de l'ensemble d'un système dont les parties se soutiennent les unes par les autres, dépendent les unes des autres, aussi rigoureusement que les voussoirs d'une voûte où tout s'écroulerait si un seul venait à manquer : c'est que la conception forme un tout bien compacte, qu'on ne peut espérer comprendre par fragments.

Accoutumés à se contenter de peu pour adopter une opinion de Tordre philosophique , les hommes du siècle peuvent être séduits en assez grand nombre par quelques idées neuves sur l'Association, sur l'Organisation du Travail, sur l'extinctipn de la misère, etc. Mais ceux auxquels de simples aperçus sufiisent ainsi, viendraient à nous comme ils seraient allés à toute autre École morale ou politique, sans avoir la certitude absolue qu'ils possèdent une science, qu'ils ont enfin rencontré la vérité. Ils seront satisfaits parce qu'ils n'espéraient pas mieux, pas même autant, sous l'influence de ce préjugé : que la rigueur mathématique n'est plus possible dans les démonstrations de tordre moral.

Mftis il est des esprits logiques qni ne se contcD* teroat pas d'un à peu près; qu'i^ne seule c^jectioAen apparence însotoble jetterait dans le doute et détourne^ ràft de Téttide. A ceux-là la conlempUition synlbéti^pi^ de la conception est d'abord nécessaire; ils ne s'arrê* teront pas aux difficuttés sur les détails, ils pourront les ajourner, mais ils voudront saisir les principes, généraux. Tels sont les hommes que nous ayons en Yue en écrivant cet ouvrage, où nous chercherons à présenter la découverte dans sa simple et majestueuse unité.

On doit s'attendre à trouver ici un cadre offrant toutes les parties de la science esquissées à grands traits, et considérées principalement quant à leurs rapports, Ce cadre sufGra bien, si nous avonà su remplir la tÂche que nous nous sommes imposée, pour que Tesprit soit fixé sur la valeur de la doctrine; cependant il faudra revenir sur chaque partie pour s'approprier des détails d'une haute valeur ; mais cette seconde étude, à faire dans les œuvres du Maître ou dans les publications de l'Ecole, sera facile pour celui qui aura bien compris ce que nous allons exposer, et ce livre peut encore être donné comme une introduction.

Avec la prétention de posséder et d'offrir une science, nous ne cherchons pas à agir sur l'imagination : nous nous adressons à la raison qui procède par la logique et ne connaît ni indulgence ni ménagements. Qu'on soit donc rigoureux et sévère, nous le voulons ! Mais nous sommes en droit de réclamer de l'impartialité de nos juges, qu'ils viennent à nos idées dans ces dispositions d'esprit avec lesquelles on doit aborder toute science* nous sommes en droit de demander, pour l'étude de laSciencje sociale, ce que John Herschell, par exemple^

d^niMMle poHrTéiude d^ soaTraité d'a&Uommie, c^ns impi^^s^e par leiqpiel nous (ermioerQitô cttt^ Préface, eè dont nous désirerions, viïemènjt moi» le iccteiur fOt pénétré*,

(( Le premier soin de celui qui débute dans l'étude » d'une science, doit être de préparer son esprit à )) recevoir la vérité, par Tabandon de toutes les notions » imparfaites et adoptées à la hâte concernant les objets » et les rapports qu'il va eicaminer, comme pouvant » tendre à embarrasser et à égarer sa route. Il doit » aussi faire une sorte d'effort pour se résoudre à adop- » ter, malgré le préjugé contraire, toute conclusion » qui lui parattra appuyée sur une observation exacte » et une déduction logique , fût-elle de nature à ren- » verser toutes les notions qu'il s'était faites précédem- )> ment^ ou qu il avait admises^ sans examen, sur la foi » des autres. Un tel effet doit être regardé comme le » commencement de cette discipline intellectuelle qui » forme une des plus importantes fins de la science. » C'est le premier pas vers cet état de pureté mentale » aussi nécessaire pour la perception de la Beauté phy- » sique que pour celle de la beauté morale. C'est la » préparation qui doit ouvrir nos yeux à la lumière de » la vérité, et les mettre en état de saisir les linéaments » du plan de la nature.

» Il n'y a pas de science qui exige plus que l'astro- » nomie une telle préparation et qui réclame au plus )) haut degré une disposition libérale de l'esprit à » adopter tout ce qui est démontré, à accorder tout ce )) qui est hautement probable, sous quelque point de » VUE nouveau et extraordinaire qu'il faille envisa- » ger par suite les objets avec lesquels nous étions le » plus familiers. La plupart des conclusions de la » science astronomique sont en contradiction ouverte

» et frappante avec l'observation vulgaire, avec les n croyances qui nous paraissent résulter le plus claire- » ment du témoignage de nos sens, tant que nous » n'ayons pas compris et pesé la preuve du contraire, m

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