Solitude
Nous uous flétrissons depuis notre jeunesse, li:ilet.-int et portant avec uous une plaie cruelle.
Ryros.
Un Dieu.
Lamautinf..
iMvniiicitie iiF K. i.rvFi rue (le Vornpuil, ii.
PAR J. M. DARGALD.
nèvciic Vin.
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l'Al)LI>, LIJ'.RAIIIK, l'L.U:i. DE LA DOLllSL
Sous la variété des émotions qu'il raconte , ce petit livre retient l'unité puissante d'une pensée , d'une ame , d'une vie.
C'est une sorte d'épopée individuelle.
Dans sa profonde solitude, l'auteur en s'abandonnant au souffle intérieur s'est vu conduit à la rêverie, c'est-àdire à tout ce qu'il y a en nous de plus
ondoyant et de plus immuable , de plus naïf et de plus réfléchi, de plus personnel et de plus général.
Jetez une pierre dans un étang. Elle va au fond et creuse à la surface mille cercles qui s'agrandissant peu à peu ne .s'arrêtent que lorsqu'ils ont touché les Lords. Ainsi en est-il de la rêverie.
Elle pénètre jusqu'à la substance l'ame où elle a rayonné une fois, et puis elle s'étend, s'étend en immenses et lumineux anneaux jusqu'aux rivages éternels.. . Elle s'élève de rien à tout, du fini à l'infini , d'une feuille qui tombe au trône du firmament, et elle embrasse les mondes dans ses replis. Partie d'une poitrine oppressée par l'amour, ou par la douleur, ou par la liberté, ou par la religion, elle traverse comme le son d'une lyre le genre
humain et la nature, et s'en va expirer dans le sein de Dieu.
Or, la rêverie, ce petit livre en est fait. Je voudrais qu'il pût communiquer quelque chose de cette impression que produit une nef gothique. En même temps qu'on est troublé et assombri de son obscurité mystérieuse, l'on entrevoit le ciel qui pénètre à travers les vitraux et qui plane audessus de l'édifice dans sa pureté d'azur.
La critique me sera sévère peutêtre... c'est son droit. Je ne lui dirai pas comme Wilhelm Meister : Tu ne connais Vart qu'à demi et tu en parles beaucoup et toujours mal. Non , la critique est grand artiste aujourd'hui.
Mais ici, ce me semble, la question littéraire s'efface. Dans ce siècle si dur,
où tant d'illusions se sont évanouies , où tant d'existences ont été flétries, tant de cœurs brisés, où le terrible fléau d'Orient a fauché sans pitié autour de nous nos affections les plus tendres et nos plus douces joies , tous ont souffert , tous ont prié, tous sont préparés à entendre dire les inflexibles lois de la destinée et cette vie semée d'ang^oisses, d'amour et d'espérances immortelles.
Allez donc, mes rêveries, allez, allez au vent! Qu'il vous prenne , lèvent, sur son aile légère et vous emporte où il voudra !
l\iris, -26 avril tS33.