I-Jtl LA HUTTE
cabane an - dessus des nuages et près du séjour des aigles; allons... gravissons jusque là. . . m'y voici parvenu. Je l'aperçois sur le seuil. Son chien fidèle repose à ses côlés, le museau allongé sur ses pattes de devant. Pour lui, i! est assis et les jambes croisées, démontant et nettoyant sa carabine pour demain. Quel hardi chasseur! Il est haut de dix coudées; il est tout vigueur et tout nerfs. Son cœur bat à l'aise dans sa large poitrine, et jamais nulle mauvaise passion n'en a précipité les mouvemens. Que sa tête est belle!. . . Quel calme dans tous ses traits fortement prononcés ! quelle absence de donleuretde mélancolie!... quelle audace, quelle énergie, quel feu dans ce regard!... On voit que cet homme méprise souverainement la mort et qu'il donnerait sa vie pour tout ce qtii vaut un coup de poudre.
Allons... je vais demander l'hospitalilé pour une nuit à ce fier montagnard. Peutêtre sous son toit de chaume trouverai -je un peu de joie avec un cordial accueil . un
■ LA HUTTi;. Ult
frugal repas et de vieilles histoires qu'il rae devisera à la lueur de sa lampe de cuivre, jusqu'au momenl où le génie bienfaisant de la cabane me secouera de sa casaque de serge ce sommeil paisible que depuis si long-temps je ne connais plus.