LE SOUS-SOL PAR
dérant dans un grand nombre de cas. Quand on étudie la culture d’une plante quelconque, il faut d'abord se rendre compte de la longueur moyenne de ses racines et voir si le terrain que l’on désire consacrer à cette culture est perméable jusqu'à la profondeur trouvée. Sinon, il y à grand nombre de chances pour avoir plus tard de sérieux mécomptes. Nous en avons eu un exemple lors de la construction à Grignon de cases en ciment où l’on poursuit
régulièrement des expériences de cultures. Ces
cases ont une profondeur de Î mètre. Quand on y
sème du blé, celui-ci croit normalement et d'abord plus rapidement qu'en plaine, mais les épis s'y forment bien plus tôt et sur des chaumes plus bas que dans le champ voisin, et en définitive la récolte est en général moins bonne. On trouva l'explication du fait en voyant une masse de racines tapisser le fond même des cases. Elles n'avaient pu s’allonger assez et assurer aux plantes une alimentation parfaite et surtout normale.
Le sous-sol doit toujours être étudié avec autant de soin que le sol lui-même, son influence est énorme etil faut se rendre compte de son épaisseur et de l'épaisseur de la terre végétale proprement dite.
Quelquefois le sous-sol n'est, pourrait-on dire, que la véritable continuation du sol lui-même. On peut citer comme exemples un grand nombre de terrains d'alluvions, les terres de la Limagne et du delta du Nil; les fonds de vallées nivelées et remplies par les eaux torrentueuses, les terres siliceuses, éte. D'une manière générale, on peut aflirmer que ces sols sont fertiles, le stock d'éléments utiles estle plus
souvent inépuisable et il ne s’agit que de le mettre en valeur.
Quelquefois un sol très fertile repose sur un soussol d'une composition totalement différente ; il n'est pas rare de voir une terre argilo-siliceuse sur un sous-sol crayeux et dans un grand nombre de cas de mauvaises terres difficiles à cultiver, argilo-siliceuses ou argileuses, ne sont utilement exploitées que parce qu'elles reposent sur un fond siliceux ou silico-catllouteux.
On voit aussi parfois d'excellents terrains rester incultivables à cause de leur sous-sol rocheux impénétrable ou argileux imperméable. Quelquefois aussi, un sous-sol assez meuble pour être entamé par les instruments de culture ne peut être défoncé; car un certain nombre de corps qui s’y trouvent produisent des composés toxiques pour les plantes après leur oxydation au contact de l’air (sulfure de fer).
Il est donc évident que l'étude du sous-sol doit être aussi complète que possible sous peine de grandes déceptions lors des tentatives d'améliorations de la terre. Les horticulteurs pépiniéristes, sylviculteurs, arboriculteurs et maraïchers le savent bien. Lors de la plantation d'arbres, de la création de jardins, de l'établissement de cultures quelconques; cette question du sous-sol doit être une constante préoccupation. Il faut assurer l'écoulement des eaux de drainage dans tous les cas, et ne planter d'arbres que ceux qui peuvent prospérer dans un milieu analogue au sous-sol considéré.
C'est à l'étude du sous-sol et de ses rapports avec le sol que doit particulièrement s'appliquer l’agronome chargé d'indiquer le mode d'exploitation le plus favorable d'un terrain.