CHAPITRE VI
Une terre de jardin est tout simplement un des types ou un mélange plus ou moins complexe des types de terres que nous avons rapidement passés en revue; améliorée par l'apport d'amendements et d'engrais qui leur communiquent un ensemble de propriétés différentes et de qualités nouvelles.
Pour étudier en détail les terres de jardins; il faudrait donc reprendre la série des terres déjà examinées plus haut et se rendre compte sur chacune, de l’action des amendements et des engrais qui ont été conseillés. On conçoit qu'un tel travail est impossible à entreprendre et serait aussi d’une utilité discutable. Quelques exemples serviront mieux à donner au lecteur une idée de la transformation et de l'amélioration de quelques terres naturelles en terres de jardins et leur richesse définitive en éléments utiles aux plantes.
À Clairefontaine, près de Rambouillet {Seine-et- Oise); la terre d’un jardin était primitivement silicohumifère, sous-sol siliceux. Peu fertile et peu pro-
ductive, elle fut fortement fumée au fumier de ferme. Sa composition actuelle est :
ATZOLCE NE nr TL ET A0) APOIASSC EE EN ETC OÙ Actdéphosphoriquef= 0,30# Chaux em Ru 0
Cette terre est extrêmement riche en azote organique, mais très pauvre en chaux et en acide phosphorique.
A priori, il est probable que la nitrification y est peu active. Dans ce cas, 1l faudrait conseiller de cesser là les fumures de fumier, de faire un marnage et d'apporter des phosphates précipités ou mieux des scories de déphosphoration. Il est inutile d’incorporer dans ce cas de l'azote inorganique et le sulfate de fer si souvent conseillé y serait nuisible.
Dans la même région, à l'Ecole militaire de Rambouillet, la terre primitivement silico-argileuse contient :
AZOBE ie sus ES DO LE POLASS ON NON PR Acide phosphoriqué.n0,30 "CR EE ER 0
Elle a été fumée au fumier de ferme et marnée ; mais les fumiers de cette région sont trop pauvres en phosphore, 1l faut absolument incorporer de l'acide phosphorique, de préférence sous forme de scories où de phosphate précipité et continuer à fumer au fumier très décomposé, le terreau de couches vaudrait mieux.
À Bougival (Seine-et-Oise), on a établi des cultures arbustives, des pépinières d'élevage d'arbres fruitiers; sur des terrains de culture arable très pro-
fonds et améliorés par les cultures antérieures très fortement fumées. Ces sols contiennent
TAPER tete ee LL TOML ER OBASO CR: Da cet sn 6,20 Acide phosphorique. 0,178 Chaux. : . . . . 105,00
Il nous semble que pour ces cultures peu exigeantes, vu la fertilité du sous-sol, l'apport d'humus, de matières organiques ou de fumier, doit être seulement conseillé. Il paraît cependant, que dans des terres analogues, à Vitry (Seine), on obtient au printemps avec une moyenne fumure de nitrate de soude de véritables coups de fouets sur la végétation des lilas (M. Chatenay).
Nous avons été étonné en consultant une analyse d'une terre de jardin de Ferrières en-Brie (Seine-et- Marne), domaine de M. le baron de Rothschild. Elle présente la composition suivante (Desbordes) :
ÉÉTRCRITE et G Oo LED Culotte calcaires ere tee 15
Terre fine :
DAC MES EN ee DA DORA 7OTE MENT 0,738 Argiléthumus#.=11,91 “Acide, phosphor. 0,182 CHEN MINES COM Po tASSEr LES 0,282 Ghitux ete. 0 CMElGREES
Cette terre a été évidemment fumée et améliorée etrarement cependant, avons-nous vu une Composition aussi peu satisfaisante au point de vue de Ia fertilité. Il est probable que la nitrification y est extrèmement rapide; il faudrait employer là des matières difficilement désagrégeables, laine, cuir,
corne moulue, des superphosphates et du sulfate de potasse et ne jamais recourir au sulfate d’ammoniaque, et au nitrate de soude.
Dans le même domaine (Desbordes) nous nous trouvons en présence d’une terre primitivement calcaire où se sont accumulées des matières organiques elle a la composition suivante :
Terre Mine Creer TON CND CATIOU LE ER EC RE Er 2,30 P. 100. P. 1000.
Sable:calcaire PAr"90 00 A7OtEER CE RS 1:99 Argile humus. . . 9,66 Acide phosphor. . 9,17 LalCaire PAM NU SE REP OR SC RP 9,75 GhAUX TR AS 0 EE
Ce terrain est extrèmement fertile et riche en tous éléments utiles, il a dû être amélioré par l'apport de très fortes fumures de fumier, des sels de potasse et des superphosphates, le stock semble même en être plus que suffisant. Pour peu que cette terre soit un peu profonde, il semble inutile de lui ajouter autre chose que du fumier ou mieux du terreau de couches. Sur ce sol le sulfate de fer doit donner des résultats.
Nous terminerons ces exemples en citant une analyse de terre d’un jardin maraïcher des environs d'Avignon (Zacharewicz) qui était primitivement argilo-calcaire.
Elle contenait :
Eat SE Ut DER ann 000 Pierres. 50 2 CR ME ee 27 00 Terre.fine 41e era
Terre fine :
ADR 4 LE DO POtRSSe RS ee 1,24 Calcaire. ,. . . 258,62 Acide phosphor.. 1,25 RESTO Se CRT MOIS, 20 CDAUXP NT 0152700 Hüumus 0. 0 58,007 Alüumine. Fer, .: "92,00 A'LOUES CASSER 1,02
Cette terre est très harmonieusement composée, extrêmement fertile et profonde, bien douée au point de vue physique, l'amélioration par des fumures raisonnées y est évidente. Dans un semblable sol; il ne faut plus songer qu'à la restitution des éléments exportés, et non à l'amélioration.
Ces différents exemples peuvent donner une idée de la diversité de composition des terres de jardin. Nous ne pouvons malheureusement donner d’analyses de terres amendées et fumées depuis des siècles comme celles de l’ancien potager du roi, à Versailles (Ecole Nationale d’horticulture) ou d’autres domaines séculaires, on trouve dans des sols analogues une énorme proportion d'humus, par conséquent
d’azote jusqu'à 8 à 9 0/00, 2 à 5 0/00 d'acide phos-
phorique et beaucoup de potasse.
Ces terres sont d’une fertilité étonnante et néanmoins, on leur restitue toujours sous forme de terreau, de fumier, ou d'engrais humain plus d’éléments utiles que les récoltes n’en exportent. Il n’est donc pas étonnant qu'aucun engrais n'y produise un effet quelconque, les principes indispensables à la vie des plantes s’y trouvent en surabondance. C'est cette richesse même de la terre des jardins anciennement établis et bien cultivés qui a souvent