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TERRE DE BRUYÈRE (PEAT) DE RINGWOOD (HAMPSHIRE

(Angleterre).

Azote total . . . . 7,05 Acidephosphorique 1,28 GRALON 20 STATUS RER RES AO SIHCE SRE RE 0600

TERRE DE BRUYÈRE DE BAGSHOT (Angleterre).

AZOtE LOta ls TE ENS SD MP OA SS ER ONE ET A

Chaux 5. "1, 1 45807 Acide phosphoriquer 0738

La conclusion rapide de ces analyses, est que les terres de bruyère, manquent en général de chaux et d'acide phosphorique, sont riches én azote organique et moyennement riches en potasse.

Quand il sera nécessaire d'épandre des engrais sur des terres de bruyère on devra agir avec la plus grande prudence. Il est tout à fait inutile d'y incorporer des engrais organiques. Pas plus l’engrais flamand que le purin, les guanos, les tourteaux, etc., etc.;1l faut penser que la terre de bruyère renferme un stock considérable d'azote organique qu'il faut faire nitrifier pour le mettre en valeur.

Si la plante à cultiver dans la terre de bruyère pure ou mélangée d’autres sols est calcicole, on peut favoriser là nitrification au moyen de marnages.

Si elle est calcifuge au contraire, on pourra quelquefois avoir de bons résultats par l'emploi du carbonate de potasse qui, comme agent nitrificateur, donne de merveilleux résultats. Nous avons à cet égard d'intéressantes et complètes indications d'après les recherches de MM. Crochetelle et Dumont qui ont été assez aimables pour vérifier les conclusions que

nous avions émises une année auparavant sur ce -sujet.

Siles plantes souffrent de la présence du carbonate de potasse dans le sol, il faut recourir aux engrais azotés solubles. Le nitrate d’ammoniaque et le phosphate d’ammoniaque, qui fournit en même temps l'acide phosphorique, donnent d'excellents résultats. Il ne faut recourir au nitrate de soude qu'avec une grande prudence et l'appliquer en solutions de 80 centigrammes à 1 gramme au maximum par litre d'eau. Dans tous les cas, ne jamais se servir de sulfate d’ammoniaque qui pourrait être toxique dans certaines conditions.

Au sujet de l'apport d'acide phosphorique, on aura le choix suivant que les plantes sont calcicoles ou calcifuges entre les phosphates naturels moulus; les scories de déphosphoration, les craies phosphatées ou le phosphate ammoniaco-magnésien et le phosphate d’ammoniaque. |

L'incorporation d'engrais potassiques peut dans quelques cas être utile; il faudra toujours rejeter le chlorure de potassium, les sels de Stassfurth, on peut employer le nitrate, le carbonate, le sulfocarbonate.

En terminant cette revue rapide de l'emploi des engrais sur les terres de bruyère ; nous tenons à dire que les bons effets constatés à la suite de l'emploi de l’engrais humain sur ces sols sont dus à l’alcalinité des solutions, alcalinité qui favorise beaucoup la nitrification.

Terres de bruyère silico-argileuses et de landes. — Nous ne pourrions à leur sujet, que répéter ce que nous avons déjà dit au chapitre des Terres humifères

de landes. Au point de vue de leur utilisation en horticulture ; ces terres ne sont bonnes que pour entrer dans la formation de composts où elles se trouvent modifiées et améliorées.

Terres de bruyère tourbeuses. — Au point de vue horticole, on ne peut considérer ces terres que comme d’une qualité inférieure aux terres de bruyère siliceuses. Elles se forment soit sur des terrains argilo-siliceux plats où l'écoulement des eaux est difficile ou, encore sur des sols siliceux à sous-sol imperméable. L'aération de ces terres étant peu active pendant leur formation; ce sont surtout des ferments anaérobies qui entrent en jeu pour la dissociation des tissus végétaux. Les terres de bruyère tourbeuses sont abondamment garnies à leur surface de tiges de Graminées, de Laïches, de Carex variés. On les débite en mottes plus épaisses que celles des terres siliceuses et qui apparaissent traversées d’une foule de fines et longues racines blanchâtres. Ces sols sont plus colorés, plus denses, doués d'une assez grande cohésion. Leur perméabilité est, par conséquent, beaucoup moins grande, ils sont susceptibles de retenir une énorme quantité d'eau, mais subissent fortement les phénomènes de retrait. Ces terres sont donc très sensiblement inférieures aux terres de bruyère siliceuses au point de vue de leurs propriétés physiques et ne conviennent que pour la culture de végétaux peu exigeants. Les Camellia y prospèrent cependant particulièrement bien. Il est souvent avantageux d'y incorporer pour les rendre plus perméables du sable quart- Zeux à gros grains et quelquefois des feuilles difficilement décomposables (Chêne et Châtaignier). En

pots, elles deviennent rapidement impropres à la culture.

L'ensemble de leurs propriétés chimiques est plutôt satisfaisant. Il ne faut pas cependant, prendre l’analyse suivante comme celle du type des terres de bruyère tourbeuses naturelles, qui sont beaucoup moins bien pourvues en chaux et en acide phosphorique. Ce sol qui provient de Petersfield (Hampshire, Angleterre) et dont voici la composition :

AIOL OAI RS RRRNLE 43 Aumus 02,27 2-082100 00 CHAT ee 5-00 Acide Dhosphorique 1182 0% SIN ler ot lg, 20

a été énormément amélioré par des marnages et des apports de phosphates fossiles. La grande culture s’en est emparée et y a obtenu d'énormes récoltes de turneps. Cette terre est utilisée par plusieurs grands établissements des environs de Londres, et nous avons vu les Gardénia, les Stephanotis et les Camellia y croître avec une vigueur exubérante. Nous ne pourrions que répéter, au sujet des engrais, que ce que nous avons déjà dit au point de vue des terres de bruyères siliceuses. La véritable utilisation de ces sols semble être leur mélange avec d’autres terres dans les composts, il en est de même du reste après quelque temps, pour les terres de bruyère siliceuses qui deviennent tourbeuses après avoir été soumises à de fréquents arrosages.

Terres de bruyère fibreuses. Terres de polypodes. — On les désigne encore sous le nom de terres de fougères, terres fibreuses à Orchidées. Ce sont les sols les plus riches en humus. Leur emploi est res-

treint à quelques cultures tout à fait spéciales, où bien souvent, elles ne jouent le rôle que de soutiens et d’éponges ; étant susceptibles d'absorber et de retenir une grande quantité d’eau qu’elles peuvent mettre ensuite à la disposition des racines des plantes. Cette terre résulte de la décomposition des radicelles, des tiges et des feuilles du Polypodium vulgare qui croît de préférence sur les rochers de grès etles vieux murs ombrés. Les racines et les rhizomes du Polypodium enserrent des particules d'humus plus ou moins décomposé et fixent aux rochers des sortes de feutrages, des plaques souples, roussâtres, de quelques centimètres d'épaisseur. Pour les livrer au commerce; on coupe les feuilles des Polypodium, puis on les débarrasse des ronces et des plantes grimpantes qui, souvent, s'y fixent et on les arrache en ayant soin de ne pas les briser en trop petits fragments. Avec ces plaques, on forme des bottes qui, pesant 3 à 6 kilos se vendent jusqu’à 3 fr. pièce.

Quand on utilise cette terre de polypodes pour la culture des Orchidées ; il faut d'abord éplucher les plaques, c’est-à-dire enlever les rhizomes, puis on bat les fibres sur un table avec des baguettes, ce qui sépare l'humus fin qui est mis à part et utilisé pour les composts destinés à la culture de quelques plantes : très délicates. Les fibres nettoyées forment le soutien des Orchidées qui ne peuvent y puiser une nourriture bien abondante.

En Angleterre, on emploie aussi sous le nom d’Orchid peat; des terres de bruyère spéciales, très riches en humus et beaucoup mieux pourvues en matières minérales que les terres de fougères dont nous venons de parler.

Nous avons eu l’occasion d'analyser un Orchid

peat provenant de Hampsworthy (Dorsetshire, Angleterre), et qui est utilisé dans l'établissement de M. H. Veitch à Londres. Il contenait :

LEE EN ESS 23 COS SENIOR 44,00 Here nHOSpioriIqQue. #0) 100 UMUS RNA 953,00 CT Re en D

On voit que cette terre est extraordinairement riche en azote et en humus, elle n’est pauvre qu’en acide phosphorique.

La terre de Polypodium fournit aux plantes une certaine quantité d'éléments nutritifs; car, quand on essaye de cultiver des Cattleya, par exemple, sur des fibres non décomposées de Noix de Coco; on observe que les plantes ainsi traitées sont beaucoup plus jaunes que celles qui croissent sur la terre de polypodes.

Dans quelques cas, il peut être utile de donner des engrais aux végétaux croissant sur la terre de polypodes. En particulier, pour quelques Orchidées, il ne faudra jamais appliquer à ces sols que des solutions au 1/10000 maximum de nitrate de potasse ou d'’ammoniaque ou de phosphate d’ammoniaque.

Le terreau de feuilles est de plus en plus employé par les horticulteurs, et le choix de cette terre se justüifie par un ensemble de propriétés physiques et chimiques, qui le rendent propre au plus haut point à la culture d’un très grand nombre de plantes.

Le terreau de feuilles se forme dans les bois, et

résulte de la décomposition des feuilles des arbres et d’un mélange d’autres débris organiques avec la couche superficielle du sol. Nous avons déjà eu l'occasion de voir que la composition des feuilles des différentes essences était très variable. Suivant leur nature, les feuilles produisent donc des terreaux d’une composition chimique particulière. C'est ainsi que les terreaux de feuilles de Gand; qui sont constitués par l'accumulation des feuilles d’Aulnes et de Peupliers sont mieux pourvus en azote, en chaux eten acide phosphorique, que les terreaux de feuilles de Versailles qui proviennent de la désagrégation des feuilles des Chênes et des Châtaigners.

Quand les feuilles d'arbres tombent sur le sol à l’automne, elles s'étalent en couches régulières dans les parties planes et abritées ou le vent les accumule dans les creux, les fossés, les petits ruisseaux. Sur la terre, elles commencent à sécher; puis gèlent, dé- ‘gèlent et absorbent pendant toute la saison d'hiver une grande quantité d’eau. La décomposition des tissus s'opère largement au contact de l’air ; les fermentations successives qui détruisent les matières hydrocarbonées sont lentes et l'élévation de température n'est pas sensible. C'est le contraire de ce qui se passe

dans les feuilles mouillées et mises en tas. Le limbe

est détruit le premier et il n’est pas rare au mois de décembre de trouver sur la terre des feuilles représentées par un ensemble de nervures fines et anastomosées qui semblent de merveilleuses dentelles. Mais, peu à peu, la masse se tasse, l'air arrive moins facilement, les composés tanniques qui se sont oxydés commencent à prendre la couleur brune de l’humus. C'est à ce moment que les petits animaux et les végétaux inférieurs commencent leur œuvre de transfor-

mation de la matière végétale organisée en humus. Leur travail devient de plus en plus actif au printemps, et, si à cette époque on vient à examiner les lits de feuilles déposées, l'automne précédent on voit un curieux spectacle. Entre des fragments de limbes et des parcelles de tissus déjà en décomposition, serpentent les mycelium rameux de Cryptogames qui forment avec la matière organique de véritables feutrages. En regardant de plus près, au microscope surtout; on y reconnait de nombreux genres et espèces de d'Endomyxcées et aussi en particulier sur les aiguilles de Conifères, des Ceratium. Les Mucorinées abondent sur les enveloppes des fleurs et des fruits et les Saprolegniacées sur les tissus parenchymateux. Les parties ligneuses sont envahies par des variétés innombrables de Basidiomycètes surtout des Trémellacées et des Hyménomycètes. On voit souvent sur les légères brindilles de bois ou d’écorce et les pétioles des feuilles des Crucibules et des Nidulaires.

Les Ascomycètes concourent aussi à l'œuvre générale, on trouve dans le terreau des Penecillium, des Aspergillus et des Pezizes. Mais le travail le plus curieux est celui des Lichens que l’on trouve surtout sur les parties ligneuses. On peut dire que ce sont les véritables créateurs de la matière organique du sol et à ce sujet nous laisserons la parole à M. van Tieghem : « Sur un minéral, sur une roche ne présentant pas de traces de sol nutritif; ni de principes hydrocarbonés, ils sont les créateurs du sol fertile. En effet, vienne à y tomber une spore d’une algue inférieure qui ne demande pour vivre que de la lumière et de l'humidité comme des/Protocoques, des Nostocs, des Scytonèmes, elle se développe et offre

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