‹ Sols, terres et composts utilisés par l'horticultureChapitre 121 sur 173 · FAR · texte numérisé non relu

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un milieu convenable à la végétation de Champignons qui y enfoncent leurs racines et vivent à ses dépens. Le tout devenu un Lichen, désorganise la roche par ses filaments radiculaires et peut dès lors y puiser quelques éléments minéraux. A la mort du lichen, la matière organique et les fragments de roches constituent un milieu où peuvent déjà vivre des Muscinées et c’est ainsi que peu à peu se constitue le sol apte à nourrir des Cryptogames vasculaires puis des Phanérogames. »

Pour revenir au terreau de feuilles, on peut y constater aussi un nombre considérable de variétés de Bactériacées. C'est ainsi que se constituent ces terres qui forment une masse peu homogène où dominent de gros débris organiques et des feuilles non encore décomposées, avec un mélange d’une certaine quanlité de terre et d’humus très fin.

Les terreaux de feuilles les plus estimés ont une couleur brun rougeûtre; ils se forment sur des terrains sableux où l'écoulement des eaux est facile.

Dans les environs de Paris, nous trouvons beaucoup de terreaux de feuilles sur la formation des sables de Fontainebleau. À Maurepas, on en trouve d’excellent sous les bois taillis de Chênes-Rouvres avec réserves Chênes et Bouleaux; le meilleur se voit sous les cépées de quinze à dix-huit ans.

Les bois de Châtaigniers et de Charmes produisent des terreaux de feuilles riches en tanin et en général peu estimés.

Dans les environs de Gand, on rencontre un terreau de feuilles très estimé, doué de merveilleuses propriétés physiques; dans les bois taillis d'Aulnes, de Coudriers et de Peupliers qui s'étendent entre Gand et Bruges. L'exploitation de ces terres est devenue

en quelque sorte méthodique dans cette région.

On ne vient prendre du terreau de feuilles que sur un sol qui à été laissé intact depuis au moins douze ou quinze ans. Le commerce de ces terreaux en est fort actif, on a calculé que les horticulteurs de Gand en utilisent au moins 400,000 hectolitres par an. Le prix de ce terreau est relativement peu élevé, et les transports qui se font par bateaux sont aussi peu coûteux. Les ouvriers Belges qui ramassent le terreau en forment de petits tas prismatiques qui sont, de temps à autre, remués à la fourche.

En France et en particulier dans le département de Seine-et-Oise; on extrait le terreau en retirant d'abord la couche superficielle de feuilles non décomposées. Les ouvriers raclent ensuite le sol avec leurs larges houes à terre de bruyère et en enlèvent une épaisseur de 3 à centimètres qu'ils ramassent en pelotes et repoussent derrière eux. Le débardage se fait à la civière dans les endroits peu facilement accessibles, et au cas où le chargement sur voiture est facile, les ouvriers reçoivent un salaire de 1 fr.'70 à 2fr.25 par mètre cube de terreau de feuilles extrait et chargé.

La seule ligne de chemin de fer de Paris à Chartres, transporte annuellement 150 wagons de cette terre qui revient aux horticulteurs de 8 à 14 francs le mètre. Les marchands de terreau de feuilles le paient rarement plus de 2 fr. 50 aux propriétaires.

On avait anciennement essayé de remplacer le terreau de feuilles par des mélanges préparés artificiellement. Un des procédés les plus connus, était celui que préconisait feu M. Bertin, horticulteur versaillais. Par une forte gelée, on étalait des feuilles sur une aire et on les battait au fléau, en y incorpo-

rant du sable siliceux. Dans quelques autres systèmes, on accumulait les feuilles en tas et on y ajoutait des lits de sable, quelquefois aussi de la chaux et de l’engrais flamand. Dans ces conditions on favorisait de rapides fermentations oxydantes, puis une fermentation ultérieure entièrement anaérobie et le terreau de feuilles obtenu n'était en rien comparable à celui qui se forme naturellement sur le sol des forêts.

Au point de vue physique, cette terre a des propriétés toutes spéciales. Elle est extrêmement perméable, l’aération et la circulation de l’eau y sont des plus faciles. De plus, les nombreux débris organiques non encore décomposés forment dans ce sol de nombreuses petites cavités qui favorisent beaucoup le développement et le passage des racines. L'évaporation y est active; 1l est donc nécessaire d'y faire de fréquents arrosages. Cependant les phénomènes capillaires ne s’y exercent pas facilement à cause des nombreuses solutions de continuité qui s’y trouvent. Le terreau de feuilles est susceptible d'absorber et de retenir une grande quantité d’eau. Dans une de nos expériences, 100 grammes de terreau ont absorbé 190 grammes d’eau. Cette terre a une grande capacité calorifique et s'échauffe rapidement. A l’état normal, sa densité varie de 0,6 à 0,8. Au point de vue des propriétés absorbantes, nous avons déjà vu que les solutions de phosphates alcalins au millième, filtrent complètement et s’enrichissent à la suite de leur passage à travers le terreau de feuilles. Avec une solution de phosphate d'ammoniaque; nous avons vu que que 60 0/0 de ce sel se trouve absorbé par la terre, pour le carbonate

de potasse à 5 0/00, 50 0/0 sont retenus parle terreau et 93,6 0/0 au titre de 1 0/0.

Dans un essai fait avec le sulfate d'ammoniaque à 5 0/00, 11,38 0/0 ont été absorbés par cette terre, Tout comme pour la terre de bruyère, nous donnerons des analyses typiques de terreau de feuilles avant d'en étudier les propriétés chimiques. Le premier provenait de la forêt de Rambouillet (Seine-

et-Oise).

Densité apparente .

Terre fine et sèche.

TOP IOta les ue J87

Acide phosphorique

LA AR ENEDE VIRE EN Acide phosphorique

soluble C#H#0*. . 0,48 CHAUX Een a) 2,60

SIC era re is à Potasse totale Potasse soluble

TERREAU DE FEUILLES DE MAUREPAS (Seine-et-Oise).

Eau.

Densité apparente .

Terre fine .

Aaptertotal:2 ce ©: 4,70 Acide phosphorique VOA EME ONE 2:

Acide phosphorique soluble C*H*0*. .

Chaux. .

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