PROPRIÈTES PHYSIQUES DES SOLS
proportion d'argile devient trop forte, la terre très peu perméable est en outre susceptible de subir les phénomènes de retrait. Ses molécules s’agglomèrent en fragments qui se séparent les uns des autres quand la proportion d’eau contenue vient à être diminuée par une sécheresse trop prolongée. Il se forme des crevasses nombreuses, la terre se fendille. Ceci offre de grands inconvénients au point de vue pratique. Les radicelles et le chevelu des racines, toutes les surfaces absorbantes, sont détériorées ou même détruites; la terre doit subir des arrosages prolongés avant de revenir à son état normal, car l'écoulement de l’eau se fait trop rapidement par toutes les cavités naturellement formées.
Les fines particules si plastiques dont l’ensemble forme les masses argileuses sont coagulées, immobilisées par une très faible quantité de calcaire qui joue, dans ce cas, un peu le rôle de ciment, en associant intimement les grains de sable aux particules d'argile ; le retrait est ainsi rendu beaucoup moins facile. Mais il faut bien remarquer que si le taux de calcaire est trop élevé, les propriétés générales sont de nouveau entièrement modifiées. Comme pour les terres siliceuses, la perméabilité est exagérée, l'influence de la sécheresse trop accentuée. “A
On conçoit déjà quelles différences les proportions variables d'association de ces trois éléments impriment aux sols. La présence de l’humus en corrige un peu les défauts. C’est l’'humus qui produit incessamment de l'acide carbonique. Celui-ci, soluble dans l'eau, attaque le caleaire ; il se forme des bicarbo- . nates qui coagulent l'argile, rendant ainsi les terres moins plastiques. Dans lés terres légèrés, l'humus peut, pour ainsi dire, remplacer l'argile ; il a alors
des propriétés plastiques, soude les unes aux autres les particules sableuses et retarde la pénétration et surtout l’évaporation de l’eau. Sa présence dans les terres argileuses, au contraire, produit un tout autre effet ; il les divise, leur enlève leur plasticité, y facilite le passage de l'eau et des instruments de culture. On exprimait autrefois ces qualités de l’humus en disant qu’il dompte et assouplit les terres fortes et donne du corps aux terres légères.
En résumé, la terre franche représente une association de sable, d'argile, de calcaire et d'humus en proportions telles que les qualités et les défauts de chacun des éléments sont pondérées par leurs influences réciproques. Il nous est impossible à ce sujet de donner une composition définie, expression de la terre franche parfaite. Ce type est variable suivant la composition même de l’humus, du calcaire et de l'argile.
Au point de vue chimique aussi, cette association ‘est des plus heureuses; le sable apporte la silice, élément inerte, et contient aussi un peu d'oxyde de fer. L’argile renferme de l'alumine {il est curieux de faire ici remarquer que ce corps, si abondamment répandu dans la nature, ne se retrouve pas dans les plantes), de l’oxyde de fer et de la potasse. Le cal-. caire est presque uniquement composé de carbonate de chaux, mais en général il contient de la magnésie et de l'acide phosphorique. L'humus, lui, au point de vue de sa composition, reflète la composition du sol sur lequel il a été produit, mais en tous cas c’est lui qui est la source de l'azote, l'élément le plus utile aux plantes.
Il se peut cependant qu'une terre ayant une composition physique heureuse soit infertile, ou inculti-