COHÉSION ET TÉNACITÉ DU SOL
La présence de l’eau règle en partie la cohésion
des terres. Souvent, leur ténacité dépend beaucoup -
plus de la quantité d'eau qu'elles contiennent que de la nature même de leurs éléments constitutifs. Cependant à saturation égale, l'argile est plus tenace que le calcaire, qui lui-même l’est plus que le sable. La cohésion exprime la résistance qu’offrent les molécules de terre à changer de position relative. Elle modifie les conditions dans lesquelles la culture s'exerce, c’est donc une propriété qui offre un intérêt considérable quand on s'occupe du travail du sol. Les expériences dynamométriques exécutées directement, peuvent seules donner uneidée approximative de cette propriété variable pour chaque terre. L'humus joue un rôle important à ce point de vue; par ses propriétés colloïdales, il donne aux terres légères une cohésion plus grande et, chose curieuse, les deux colloïdes semblant se contrarier, il diminue la ténacité des terres fortes.
La cohésion et la ténacité jouent un rôle des plus.
importants au point de vue du soutien des plantes par le sol. Les végétaux non ligneux ont des tissus élastiques qui résistent peu aux vents ; leurs tiges se courbent à la moindre brise et leur élasticité même est un gage de leur solidité. Mais les grands végélaux rigides, présentant une surface incompressible considérable ressentent la pression du vent sur toute leur surface. Cette pression exercée sur le tronc se transmet au sol par l'intermédiaire des racines. |
AE sf + :
Soit un arbre soumis sous l’action du vent à une pression P sur toute sa surface. Cette pression fait travailler les fibres ligneux à la flexion. On peut considérer deux cas. L'arbre est solidement fixé au sol en A par ses racines AR, AR’, AR’. Si le bois est suffisamment résistant, et le sol doué de peu de B ténacité, les racines com-
priment dans le sens R R'R. À un moment donné, la résistance du sol devient graduelle ment moindre, l'arbre est rapidement déraciné. Ce cas est rarement observé pour les arbres en place ; on ne peut l’observer que
Ave pour certaines espèces
à racines fasciculées, LA croissant sur des terrains peu profonds, généralement siliceux ou bien sur des arbres transplantés depuis peu.
Mais, si le système radiculaire est puissam- R" ment développé, que les Fig. 1. racines soient pivotantes, et le sol tenace, l'effort reporté sur toute leur surface est insuffisant pour permettre une compression du sol, si faible soit-elle. Les fibresligneuses cèdent à la pression et cela généralement un peu au-dessus du centre de gravité du tronc. Il faut un vent extrêmement violent pour briser ou déraciner un arbre. On admet en effet que le
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